Les forces négatives…

mardi 17 novembre 2009 par Arimi Choubadé

Une petite critique ou une adversité exprimée vis-à-vis du pouvoir du Changement et vous les aurez sur le perron de votre domicile. Des polémistes professionnels à l’affût de la vindicte. Grève à briser, personnalités politiques à provoquer, discours va-t-en guerre. Spécialité : basses besognes. On doit leur reconnaître une certaine franchise dès leur apparition ; ce qui lève très vite le voile sur les motivations. « Patriotes » qu’ils se dénomment eux-mêmes sur le modèle des tristement célèbres des empêcheurs de paix en Côte d’Ivoire. Révélés au grand jour en pleine crise à la douane en 2007. Des briseurs de grève envoyés à l’assaut de leurs camarades remontés contre la décision du docteur-président de placer un retraité à leur tête. Le spectacle des douaniers dits patriotes prenant instruction solennellement au palais de la Marina et jurant fidélité au chef de l’Etat rappelle bien une sorte de prise de fanion en prélude à un départ en guerre. Les canons ont effectivement manqué de tonner à peu de chose près.

Cet effroyable épisode se nourrit d’une petite anecdote qui ne ferait certainement pas plaisir au pépé le plus adulé du Changement à savoir le professeur Albert Tévoédjrè ; gratifié il y a peu d’un somptueux 80ème anniversaire en présence du docteur-président lui-même et des présidents des institutions de la République. N’est-il pas lui aussi le président d’une institution même si celle-ci ne tire pas sa légitimité de la constitution ? Coïncidence pour coïncidence, le porte-flambeau des douaniers patriotes se trouve être le colonel Julien Kpoviessi, président du Parti national ensemble (Pne) fondé par un certain Albert Tévoédjrè considéré comme le Béninois le plus imprégné de la croisade maléfique des patriotes pro-Gbagbo en Côte d’Ivoire. N’est-ce pas lui Tévoédjrè qui était chargé de réconcilier les frères ennemis ivoiriens en vain ? La réputation de la bande à Charles Blé Goudé a traversé les frontières et a d’ailleurs fait l’objet d’une résolution de l’Onu sanctionnant les tenants de ces forces négatives. Les gens sont fondés à se demander pourquoi justement le nom « patriote » d’inspiration ivoirienne de la part de Kpoviessi proche de l’ancien représentant de l’Onu en Côte d’Ivoire en guerre civile ? Parenthèse !!!

La version populiste de ce phénomène semble néanmoins avoir définitivement conquis les émergents à l’approche des échéances de 2011. L’activisme de Kpoviessi et compagnie se veut de plus en plus sporadique et ne se manifeste qu’à la vieille des mutations ou des positionnements à la douane. Tant pis pour les non patriotes. Cette version caricaturale est désormais incarnée par un certain Frédéric Béhanzin prompt à s’inviter dans tout et à propos de tout. La ligne fondatrice reste la même : polémique, provocation, invectives et radicalisme. Pour la basse besogne il fallait aller recruter au plus bas de la grille des valeurs. Un colonel à la douane a une carrière à entretenir, des réserves à observer dans le cadre de ces activités. Ce qui n’est pas le cas d’un électron libre sans profession, sans mandat et qui peut s’autoriser bien des écueils même les plus grossiers dans sa tenue de discours du fait de son niveau d’instruction. L’imposture ambiante permet de considérer le mouvement des jeunes patriotes comme un animateur de la vie publique. Sans être assujetti à la charte des partis encore moins à la réglementation sur les associations loi 1901, ce groupuscule s’obtient des temps d’antenne dans les médias, tient meeting sur la place publique, apostrophe des détenteurs de mandat constitutionnel et menace tous ceux qui osent mettre en doute la bonne foi du gouvernement et l’obligation d’une reconduction du docteur-président en 2011. Des forces négatives qui rendent impossible toute possibilité de resserrement des lignes ou d’un dialogue politique. Elles existent pour que la crise perdure.

Conformément à leur cahier de charges !!!

Par Arimi Choubadé
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