Les machines agricoles et le Changement…

mardi 1er décembre 2009 par Arimi Choubadé

On les a fait danser, marcher, prier et avaler les poussières soulevées par les randonnées de l’hélicoptère présidentiel. Parce que le Changement a enfin daigné descendre dans leurs champs. Certains voyaient pour la première fois de leur éprouvante vie de cultivateur de la ferraille destinée à arracher les arbustes, à dessiner des sillons dans le sol, à enlever les mauvaises herbes. Des machines agricoles avaient-on dit. La fameuse révolution qui ferait déborder les champs de victuailles et de productions diverses destinées à inonder les marchés de la sous région et à alimenter les usines de l’émergence. S’ils pouvaient savoir, ces pauvres paysans, ce que cela coûte de se rappeler aux souvenirs des émergents. Les plus rapaces des courtisans ne se cachent pas d’avoir inventé la fameuse dîme sur tout ce que touche le pouvoir : micro-finance, véhicule d’occasion, Cen-Sad, véhicule à vitres teintées, césarienne gratuite, école gratuite. C’est fou ce que ces baratins peuvent servir à alimenter les caisses du rempilage.

Plutôt que de se mettre en génuflexion devant la vision dite progressiste du docteur-président par rapport à la mécanisation de l’agriculture, les paysans auraient dû afficher des motifs sérieux d’inquiétude. Ce n’était pas la première fois que leur misère sert de filon à cette nouvelle race de politicards que l’on croise dans les allées de la Marina depuis avril 2006. C’est au cours de cette même année que le chef de l’Etat s’est fait héliporter sur les champs de cotons avec dans ses bras près de 14 milliards f Cfa porteur de la promesse ferme de réhabiliter la filière en faisant passer le tonnage à 600 mille tonnes. De l’argent il n’en reste rien de même que de la promesse. Les intermédiaires émergents les ont transformé en instants défectueux, en spéculations douteuse et en programme de campagne agricole désastreuse. La dîme du rempilage est passée par là.

Avant les banderilles du « caurisant » Janvier Yahouédéhou, d’autres situaient la datation de la mise en service des dites machines agricoles à l’époque de Mathusalem. Mais la propagande a vite fait de les brandir la rengaine des « apatrides » aigris engagés contre le bonheur du peuple rural. Des opposants opposés à ce que les paysans ne puissent jamais bénéficier de la prospérité partagée. Voilà un élu Fcbe, patriotes convaincu qui ne se gêne pas pour éventrer le puzzle de l’escroquerie. C’est lui qui évoquait dans un célèbre ouvrage Les Vraies Couleurs du Caméléon l’affaire « des groupes électrogènes usagers passés pour neuf ». La référence était le régime Kérékou. Le même régime référencé par les inventeurs du « Changement », slogan fétiche des nouveaux maîtres. Seuls quelques acteurs ont changé ; la trame du vol de deniers publics est demeurée.

L’honorable Zoumarou jurait tous les dieux que l’achat des machines agricoles n’était mu que par la seule odeur du gré à gré. Et que les mobiles n’avaient rien d’agricole. On s’était étonné de la mutation du ministre de l’Agriculture au Commerce avant même que les machines qu’il a acquises à prix d’or ne soient déployées dans les champs. Dans la foulée d’un mystérieux incendie survenu à quelques heures de la passation de service entre le nouveau et l’ancien ministre. Mais le plus surréaliste est venu plus tard lorsque le gouvernement s’est ventilé aux quatre coins du pays à la recherche de terres cultivables. Une manière de ristourner quelques jetons du trésor public en frais de mission aux autres ministres qui n’ont pu s’impliquer directement aux centaines de millions de gré à gré lors de l’achat de la ferraille. La bouffe partagée n’aura épargné aucun secteur, pas même l’agriculture.

Les scrupules, ce n’est pas pour les percepteurs de dîme du Changement !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/622-les-machines-agricoles-et-le.html