Yayi au Fmi…

mardi 8 décembre 2009 par Arimi Choubadé

Les yayistes en fête. Hystérie à tout rompre parce que Dominique Strauss Khan a serré les pinces au prince du Changement. Plus que tout, c’est l’excitation particulière des membres de la délégation béninoise à travers les quelques coupures de presse sur l’événement qui laisse beaucoup de gens sans voix vu de Cotonou. On se demandait pourquoi c’était si important pour la Marina de communiquer avec autant de ferveur autour d’une entrevue Yayi et Dsk. Ne nous avait-on pas dit qu’il existait une alliance sacrée entre collègues banquiers et qu’il suffisait d’une tape dans le dos pour que le directeur général du Fmi ouvre grandement les vannes de son institution à son ancien collègue de la Banque ouest africaine de développement ? Tout le contraire de la quarantaine de milliards en « lettre de confirmation » exhibée à bout de bras comme un trophée. Les experts en la matière diront un jour la portée d’une confirmation portant sur 42 milliards de la part du Fmi sur un budget général de l’Etat qui avoisine les 1300 milliards. On retient de l’épisode de cette rencontre Yayi-Dsk que les deux hommes sont loin d’être des copains.

C’est tout l’échafaudage de la légende ayant conduit le banquier-président à la tête du Bénin qui s’effondre totalement. De sérieux doutes planaient sur les aptitudes de l’homme du Changement depuis que hercule national considéré comme la référence en matière de bonne gouvernance sous le Bénin du renouveau démocratique a décidé de lui retirer sa confiance. Des envoyés du Fmi à Cotonou ont renforcé ce qu’on peut appeler la disgrâce par les paires à travers leurs commentaires acerbes en août 2009 sur les orientations économiques et financières du gouvernement du Changement. Le diagnostic semble plus conforme à un Etat au bord de la banqueroute qu’à une politique de développement axé sur l’émergence économique. En résumé, les « collègues » du banquier sont venus chez lui pour lui dire que le pays est mal géré.

Quelques contorsions médiatiques ont permis d’édulcorer le désaveu en rejetant le tort sur les syndicalistes qui auraient obtenu plus de prime qu’il n’en faut. Je n’ai pas souvenance d’une modification du régime politique au Bénin et que le régime présidentiel fort aurait été remplacé par un régime des travailleurs. La constitution encore en vigueur donne au chef de l’Etat le droit absolu de déterminer et de conduire la politique de la nation. À ce titre, il élabore le budget et commande à son exécution. La procédure budgétaire constitutionnellement reconnue n’accorde aucune parcelle de pouvoir à des prétendus syndicalistes capables de s’octroyer des primes et des avantages incontrôlés. Un banquier, docteur en économie de développement devrait reconnaître jusqu’où ne pas aller dans le partage de la prospérité afin de préserver les grands équilibres.

Tout le loisir aux émergents de dire ce qui les enchante dans la visite à Dsk. Echaudé par de nombreux déboires diplomatiques en l’occurrence le coup de l’audience au stade de France à l’occasion de la coupe de France de football 2008, le docteur-président se garde désormais de fixer des objectifs avant son départ du territoire national. Des départs qui se font presque en catimini. Contrairement à l’euphorique début de mandat où des bandes annoncent sur la télévision nationale conviaient tous les citoyens à se rendre massivement à l’aéroport international de Cadjèhoun pour assister au décollage de l’avion présidentiel. Puisque personne ne sait pourquoi Yayi et sa suite s’est rendu à Washington puis à Paris, on ne peut que se contenter de ce qu’en dit la propagande. Qui veut faire croire qu’une immersion de quelques heures au cœur de Bretton woods suffit à effacer la gabegie de l’inflation des portefeuilles ministériels, des scandales de la Cen-Sad, de la multiplication des gré à gré. On attend la prochaine visite de la délégation du Fmi à Cotonou.

Pour un autre désaveu ?

Par Arimi Choubadé
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