Émergence recherche promesses pour 2011…

mercredi 3 février 2010 par Arimi Choubadé

Les bébêtes de radio Planète l’appelle « le magicien », en référence à la manière dont le docteur-président a emballé les Béninois en 2006. Le rêve de l’avènement d’un Changement radical dans la gouvernance publique qui devrait aboutir à une émergence économique prodigieuse a sonné le glas de la classe politique traditionnelle. A peine si cette dernière a pu sauver quelque chose du naufrage collectif. Le tsunami venu de Lomé a emporté 3 Béninois sur 4. Soutenu par une foultitude de promesse dans la besace à miracle : mobilisation de 5.000 milliards en un an, taux de croissance à deux chiffres, des unités industrielles dans chaque commune, le coton à 600 mille tonnes, la prospérité partagée. Sous un feu de promesse aussi nourri, les suffrages sont tombés sous le charme cauris en 2006. Il fallait mettre une couche supplémentaire dès 2007 à l’occasion des législatives avec l’exonération de frais d’écolage dans le primaire et la maternelle, les micro-finances aux plus pauvres. Le tour de 2008 et les municipales : la gratuité de la césarienne, exonération des frais de scolarité à l’université, aide aux sinistrés des inondations, construction virtuelle de l’école de base de Yagbé.

La besace s’est considérablement allégée à l’orée des échéances présidentielles et législatives cumulées de 2011. À moins d’un an de la fin de mandat tout le monde sait à commencer par les émergents eux-mêmes que le taux de croissance ne franchira pas la barre des 4% c’est-à-dire le niveau où le Caméléon l’avait laissé lorsqu’il déménageait de la Marina. Aucune usine supplémentaire n’a ouvert ses portes sous le règne Yayi. Au contraire, les quelques-unes qui existaient avant la déferlante cauris peinent à garder leurs portes ouvertes au bout de quatre ans de Changement. Le bilan en la matière se décline à l’aune de l’agonie programmée des usines d’engrenage de coton et de fabrication d’huile végétale, le lamentable épilogue de l’usine de fabrication de cigarette de Ouidah et l’absence d’inspiration en ce qui concerne la relance de la zone franche économique de Sèmè-kpodji.

Le ton de la pré campagne démontre à souhait que le débat sur un quelconque bilan est totalement proscrit. Le grand maître ne saurait se prêter à un malsain jeu de justification. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est refusé à toute espèce de contrat avec le peuple. Le grand public n’a jamais eu accès à un programme de gouvernement clairement décliné pouvant servir de base à d’éventuelles évaluations. Un avant-goût de sa défense a été dévoilé sur le petit écran au sujet des explications présidentielles consécutives aux malversations autour de l’organisation du sommet de la Cen-Sad à Cotonou : « Responsable mais pas coupable ». La même parade vaut pour tout ce qui n’a pas marché sous le mandat. Et Dieu seul sait si quelque chose a réellement marché pour les non rentiers majoritairement exclus de la mangeoire commune.

Avec la réputation de paroles manquées et de signatures non honorées qui lui colle à la prunelle, le docteur-président sait que l’exploit des promesses à tout vent ne peut plus être renouvelé aussi facilement qu’auparavant. Aux cotonculteurs floués, aux consommateurs de des sociétés d’énergie électrique et d’eau quotidiennement escroquées, aux sinistrés des inondations abandonnés, il faut ajouter les fonctionnaires qui ont vu plusieurs de leurs acquis sociaux remis en cause alors qu’il leur a été promis la prospérité partagée. Ce qui suppose que si le nombre et le salaire des ministres augmentent eux aussi devraient espérer une valorisation de leurs revenus. On voit bien au démarrage de la pré campagne que l’option promesse cède progressivement la place à la bondieuserie. Les Béninois seraient très sensibles au gain facile (promesses mirifiques) et à Dieu.

Priez et louez Dieu, messieurs ! qui sait ?

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Bonjour Arimi.

    Oui,le résultat est préoccupant pour ne pas dire désastreux.Le bilan est sans équivoque.C’est la faillite de cette technocratie tant vantée et qu’était censé incarner le président actuel Yayi Boni de par sa réussite éclatante à la BOAD.Mais hélas ! un pays, çà n’est pas une banque.Ma formule peut paraître lapidaire et simpliste mais c’est la triste réalité.Je pousse ma réflexion néanmoins un peu plus loin.Cette faillite devrait nous faire saisir une réalité fondamentale de gestion de la chose publique et ce au degré le plus sensible de la pyramide:la Présidence de la République.On ne peut pas diriger un pays sans un zeste d’intelligence et de pratique politique.C’est simplement irréaliste.C’est ce qui a essentiellement fait défaut à notre chantre du changement.Cette habileté qu’on n’apprend pas forcément à science po (exemple de kerekou) est indispensable si on tient à mener sans accroc son prgramme de gouvernement.Aujourd’hui, on peut sans mal constater que Yayi Boni passe le clair de son temps à satisfaire ses principaux supporters dont il est devenu à force l’otage qu’à gouverner réellement.Cette situation devrait faire jurisprudence ! 2011 est plus proche que jamais.Et on prête à un autre banquier de la même institution des envies de candidature.Au delà de toutes les qualités qu’on pourrait attribuer à Bio Tchané, il n’en demeure pas moins qu’il a le même profil de compétence que le président en place.Son passage( brillant au demeurant) au ministère des finances sous Kérékou lui confère t-il une plus grande maîtrise politique ? Permettez- moi d’en douter ! Je reste persuadé qu’en dépit de la qualité intrinsèque de l’homme, notre pays a besoin d’une plus grande lisibilité de sa structure politique et seul un homme rompu aux entourloupes partisanes pourrait faire l’affaire.Ce qui me renvoie à la vieille garde:la cliquaille des HOUNGBEDJI et compagnie.Hélas ! Mais il faudra compter avec eux si on tient à un Etat plus conforme à ce qu’on est en droit d’attendre.Ils ont pour eux une grande et longue pratique politique ! De toute façon, le choix n’est pas illimité.Soit on redonne la clé du pays à un autre banquier et on croise les doigts, soit on refait l’histoire avec les éléphants de notre passé récent.Qui prend les paris ?

    Cordialement.

  • A Xavier
    Je ne pense pas qu’il faille dire que le passage de Bio au ministere des finances etait brillant sans vraiment nous expliquer ce que vous entendez par brillant. Qu’on se comprenne on ne reste pas directeur Afrique au FMI si on n’est pas bon dans son domaine. Donc je ne remets pas en cause les qualites d’economiste de Bio mais a la tete de ce ministere qu’a t il fait d’unique. Secondo le discours comme quoi Kerekou a fait je ne sais quel bien ou bonheur au Benin a mon avis releve soit d’une naivete sincere ou d’un aveuglement redoutable. Il faut remonter aussi loin que le debut des annees 70 pour savoir que Kerekou s’il en avait l’opportunite aurait fait du Benin un Togo bis ou un Nigeria ou ce sont uniquement les nordistes qui controlent surtout l’armee et par ce biais le pays.
    Ramenons la balle a terre. Le cadre banquier n’est pas forcement le seul a pouvoir changer cette nation.

  • Bonsoir John,

    Il faut dire qu’on partage à priori le même avis sur le fond.Si j’en suis arrivé à qualifier de brillant le passage de Mr Tchané aux finances, je dois avouer que c’est peut être le souvenir que j’en ai gardé( car étant très jeune à l’époque)plus qu’une réelle analyse de son bilan.Donc je dois reconnaître que mon opinion de son travail de l’époque part d’un bon à priori ou d’un bon sentiment qui m’est resté depuis.Cela dit, je vous rejoins sur le reste ! Mais cela ne résout pas mon dilemme ! qui pourra incarner d’après vous un meilleur avenir pour notre nation ?