Le tandem de UN enrhumé ???

lundi 31 mai 2010 par Arimi Choubadé

Une semaine de quasi drame national pour quelques petits pas de Houngbédji sans Léhady à côté. Branle bas depuis la visite du candidat unique désigné de Union fait la Nation aux chaînes de télévisions de Cotonou le 26 mai jusqu’à l’exercice de décompression générale de Léhady à l’occasion de sa déclaration du 29 mai 2010 en passant pas le déjeuner au château d’Adjina à Porto-Novo, les incursions de la coordination de UN à Adjarra et à Sèmè-Kpodji. A peine une semaine et le pays a manqué l’apoplexie, de justesse. Même à la Marina on ne savait pas s’il fallait se réjouir ou s’inquiéter du grand émoi autour des bisbilles entre les deux colistiers autrefois challengers dans la course à la désignation de ce candidat unique. Les concernés étaient loin de se douter qu’à travers ce consensus historique du 10 avril 2010, ils se faisaient siamois dans la tête de milliers de leurs compatriotes et qu’à partir de cet instant l’un n’allait plus sans l’autre. Les Béninois, prompts à se délecter des infidélités des députés de la mouvance présidentielle deviennent subitement insomniaques parce que le tandem de UN serait enrhumé.

Heureusement pour les hypertendus que Léhady a parlé le 29 mai. Sur les grands principes donc l’élan alternatif à Yayi « tient toujours ». Il existe néanmoins une réalité incontournable : Léhady, c’est Léhady ; Houngbédji, c’est Houngbédji. Les deux ne jouent plus dans la même catégorie depuis la désignation du candidat unique. L’un est devenu sprinteur et l’autre s’est fait coureur de fond. Houngbédji ne doit plus rien garder en dedans au sortir de la présidentielle de 2011. Une échéance qui ne constitue par contre qu’une étape pour Léhady. On comprend alors que le premier soit apparemment plus entreprenant que le second sans que les objectifs ne divergent vraiment ; étant entendu que le passage obligé demeure 2011. Un échec suppose une remise en cause de toute la suite. C’est cette interaction qui tient en laisse tous les protagonistes. La fragilisation d’un seul parmi eux entraîne immanquablement l’affaissement de toute la charpente.

D’un autre côté l’état du pays commande que l’essentiel soit préservé pour l’éventuel successeur au docteur-président. Le principal legs du Changement se résume à un mandat tout entier consacré à la campagne électorale. Le message d’alternance risque une sérieuse édulcoration si Amoussou, Fagbohoun, Sèhouéto, Idji et consorts oubliaient les responsabilités liées à leur mandat parlementaire pour se consacrer exclusivement à la réussite de leur champion en 2011. Léhady ou Nicéphore ne saurait abandonner les petits écoliers dans des mares infectes et ragoûtantes par les temps de pluie sur l’autel du départ de Yayi. Les déboires du locataire de la Marina viennent justement du fait que le mandat républicain a été dès la prestation de serment le 06 avril 2006 aux « querelles de privilégiés ». Avant de déterminer qui va être le prochain président de la République, les parents d’élèves attendent d’être rassurés sur la validation de l’année scolaire, tout comme les paysans sont préoccupés par le sort réservé à la campagne agricole du moment.

De la querelle supposée autour de l’absence de Léhady aux cotés de Houngbédji à Adjarra et à Sèmè-kpodji. Bruno Amoussou, Séfou Fagbohoun, Nicéphore Soglo ou Séverin Adjovi n’étaient pas non plus sur la photo de famille sans qu’on ne crie à la cassure imminente et irréversible. L’usage de la qualité de directeur de campagne à 8 mois du scrutin proprement dit n’est pas que précoce ; il est illégal et présage d’une compétition électorale sur fond de cafouillage. Il ne suffit pas que la clameur populaire exige que Léhady et Houngbédji partage le même lit pour que cela se fasse.

Le populisme ne se combat pas par le populisme mais par la raison…

Par Arimi Choubadé
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