L’incendie politique ???

mardi 8 juin 2010 par Arimi Choubadé

L’autodafé à la villa 105 de l’hôtel Alédjo du 06 juin 2010 serait-il apolitique ? À l’attelage Cps-Mirena de convaincre les Béninois. A commencer par tous les sceptiques des conditions de réalisation du fichier électoral dit révolutionnaire et avant-gardiste. Du beau monde en perspective ; des grandes gueules de la coalition Abt aux organisations de la société civile en passant par les activistes de l’Union fait la nation, le groupe de travail sur la Lépi, les grogneurs professionnels et les analystes critiques. Expliquer à tous ceux-là que les documents brûlés sont insignifiants et que le court-circuit est survenu à l’improviste, accidentellement. C’est loin d’être une partie de plaisir après toutes agitations connues au sein de la classe politique au nom de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi).

La ligne de défense brouillonne et incohérente des artisans de la Lépi à la hussarde complique singulièrement les choses. De la minoration des dégâts supposés on est passé rapidement à une contre-attaque en règle à l’endroit de la lenteur des sapeurs-pompiers. Si le matériel sensible et les données importantes avaient tous été transportés dans des locaux plus sécurisés au Palais des congrès ou au Centre international des conférences comme avancé aux premières heures du drame, le procès fait aux soldats du feu ne se justifie pas. Ce n’est pas à la Cps/Lépi de se préoccuper de la consumation du mobilier. Une prérogative qui revient logiquement au gérant de l’hôtel Alédjo, placé pour apprécier l’intervention des sapeurs-pompiers. La destruction de fauteuils ou de sommeliers aussi douillets soient-ils ne saurait déclencher l’agacement du superviseur général de la Cps/Lépi. Tous les autres que la propagande du régime a tenté de diaboliser et de présenter à l’opinion comme étant des as de la fraude électorale, des obstacles au progrès, des empêcheurs de réaliser un fichier électoral infaillible attendent plus d’être fixé sur la suite à donner au cafouillage observé lors des deux premières phases du processus que du sort d’une suite d’hôtel en flamme.

Dans un pays où les veilles de remaniement, les fins de régime ou les changements de statuts riment très souvent avec des incendies de bureaux, les suspicions ont la vie dure. Or les suspicions en matière électorale, la toute puissante Léa Hounkpè, N°1 du Secrétariat administratif permanent (Sap), membre d’office de toutes les Commissions électorales nationales autonomes (Cena) et Sg de la Cps/Lépi par surcroît en sait beaucoup depuis qu’elle a pris la relève de la Cena 2008 dans la gestion des contentieux issus des municipales de 2008. Elle qui parcourt le pays depuis lors pour faire élire des conseils municipaux convenables à la violente clameur de l’Etat-Fcbe de l’époque. L’architecte principale de la prolongation indéfinie du scrutin municipal de mai 2008. Elle qui avait l’exaltante mission de satisfaire les supplétifs de l’Etat Fcbe partout où ces derniers ont empêché l’installation de conseillers élus non émergents.

Dans cette affaire, les Béninois croiront ce qu’ils veulent bien croire, la Cps/Lépi dira ce qu’elle a envie de dire à qui veut l’entendre. L’histoire politique du Bénin du renouveau est parsemée de ces incendies qui donnent rarement lieu à des investigations indépendantes. Les courts-circuits dans les officines politico-administratifs sont légion : les ministères, la Loterie nationale, les entrepôts de coton, le port de Cotonou et même la Cour constitutionnelle. L’enjeu autour de la Lépi était devenu trop important pour qu’on puisse faire économie des astuces de manipulation, de dissimulation et de confusion. Quoi qu’on dise, cet incendie du 07 juin 2010 à l’hôtel Alédjo s’est déjà invité dans le débat politique sur fond de pré campagne.

Au prochain épisode…peut-être un cambriolage, une inondation ou une décharge de foudre…

Par Arimi Choubadé
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