Le peuple sans députés de l’opposition et sans presse…

vendredi 6 août 2010 par Arimi Choubadé

Blâme à certains hommes politiques et à une certaine presse. La énième fatwa émergente rendue publique en conseil des ministres le 03 aout 2010 les exclu carrément de son peuple. Mention spéciale en revanche pour les forces de défense et de sécurité ainsi qu’aux majorettes pour le prétendu succès du défilé du 1er aout malgré l’indicible bourde de la chaotique chinoiserie du début et l’impressionnant retard dans le démarrage. Aucun signe de compassion, par contre, pour ces milliers d’anonyme qui n’ont pu assurer le défilé civil du fait de ce retard. Peut-être seraient-ils parrainés par la première dame à l’instar des majorettes qu’ils auraient eu le privilège de participer à la parade et de bénéficier des félicitations du conseil des ministres. Quant aux députés signataires de la demande de traduction du chef de l’Etat devant la Haute cour de justice ainsi qu’aux animateurs des organes de presse qui l’ont relayée seraient indignes de faire partie du peuple. Selon Yayi et son gouvernement, c’est une outrecuidance que d’actionner la Haute cour de justice contre le chef de l’Etat ou de faire publier la demande dans la presse.

Les ayatollahs de la morale émergente se sont malheureusement gardés d’indiquer la législation enfreinte par les bannis du peuple au vu de ce qui leur est reproché. La réunion du gouvernement excipe la proximité de la célébration de la fête nationale pour justifier l’apatridie des bannis accusés « de jeter le discrédit sur notre pays et sa démocratie, de déstabiliser le gouvernement et le président de la République en particulier ». Coupables d’avoir recouru à une disposition constitutionnelle sanctionnant le parjure et la forfaiture reprochées à un chef de l’Etat. La qualité de patriote en chef de Yayi ne s’est jamais vue écorner après qu’il ait donné le top de la crise politique sans précédent à l’avant-veille du 1er aout 2008 par les premières ordonnances présidentielles et le recours fantaisiste et abusif à l’article 68 de la constitution. Daddis Camara disait aussi qu’on ne devait pas manifester à la veille du 28 septembre, date de la fête nationale de Guinée. La suite on la connait

Le texte du conseil des ministres du 03 aout 2010 n’est pas que rhétorique stalinienne, va-t-en-guerre, que l’on croyait à jamais révolue depuis la fin de la révolution militaro-marxiste. Sa compréhension n’est pas chose très aisée pour les simples d’esprit. Passons l’auto-proclamation du succès de l’événement juste parce que la date du 1er aout n’a pas été déplacée sur le calendrier. Tant pis si durant près de 15 à 20 minutes les hôtes de marque ont pu apprécier le désarroi des membres du gouvernement courant entre les installations de la sonorisation et celle de l’alimentation d’électricité pendant que la musique du défilé était totalement inaudible transformant les majorettes désemparées en marionnettes humaines. La réécriture du scénario de ce défilé en conseil des ministres deux jours après l’événement lui-même ne saurait effacer des mémoires le spectacle retransmit et suivi en direct par des millions de téléspectateurs de part le monde.

Le gouvernement qui revendique le respect de l’autorité légitime accuse par la même occasion ses adversaires de ne pas s’opposer aux activités illégales de Icc-Services et consorts. Le conseil des ministres qui dispose de toute l’administration publique et de la force publique ne dit malheureusement pas par quels moyens un opposant pourrait mettre fin à une activité illégale. Surtout que cette activité est couverte par plusieurs représentants de l’« autorité légitime ». En clair, Yayi garde les attributs du pouvoir, bénéficie des avantages afférents et exécute le budget national à hauteur de plus de 1000 milliards l’an mais confie à ses opposants le soin de traquer les activités illégales des escrocs. Il n’y a pas que du parjure et de la forfaiture dans l’air.

Atmosphère de démission au sommet sur le Bénin du Changement…

Par Arimi Choubadé
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