Le prédateur n’était pas Zinzindohoué…

mardi 10 août 2010 par Arimi Choubadé

Aucun répit pour les interdictions et atteintes aux libertés. La « haute autorité » était déjà embastillée lorsque le conseil des ministres a mis en garde la presse le 03 aout 2010 ; lorsque les installations de Rfi ont subi des actes de pirateries d’Etat ; lorsque Houngbédji a failli se faire cueillir comme un vulgaire voleur de poulet après sa déclaration du 16 juillet 2010 ; lorsqu’une délégation de l’Union fait la nation a échappé à un piège militaire à Zogbodomey ; lorsqu’une meute gouvernementale à pris en filature Abdoulaye Bio Tchané en tournée dans les départements du nord. Même privés de Zinzindohoué et son zèle servile vis-à-vis du docteur-président, les émergents n’ont rien perdu de leurs élans totalitaristes. Au contraire, la marre infeste des faux placements en a rajouté à l’hystérie déjà à fleur de peau à la Marina. Les diktats préfectoraux à l’encontre d’adversaires politiques étendent chaque jour davantage leur champ d’action. Les arrêtés interdisant des activités politiques ne se limitent plus au « yayiland » établi entre Malanville et la hauteur de Dassa-Zoumé sur décision d’un ministre survolté. La frontière est descendue encore plus au sud jusqu’à Zogbodomey alors que Zinzindohoué n’était plus ministre de l’Intérieur.

Pauvre Zinzin ! Militant passionné voire exalté sans doute, mais despote calculateur et insensible, cela reste à prouver. Il n’était déjà pas dans le gouvernement de départ comme l’autre gourou inamovible, témoin et acteur de tous les coups du régime, ministre de la Défense nationale, Issifou Kogui N’douro. Le train de l’émergence au sommet ne s’était offert à lui qu’au bout d’un an avec sa nomination aux Transports. Ce n’était pas un poste à partir duquel on pouvait persécuter des adversaires politiques ou définir les contours de l’Etat-Fcbe. Sur ce plan, son successeur à ce même poste, Nicaise Fagnon s’était montré plus va-t-en guerre que lui suite à son célébrissime « plus jamais ça » qui a fallu une interpellation du chef de l’Etat par l’Assemblée nationale. Zinzindohoué est venu à l’Intérieur bien après les insurrections brouillonnes ayant abouti au blocage par voies de faits des installations de certains conseils municipaux en 2008. Les compromissions collectives des préfets, des chefs de brigade de gendarmerie et des commissaires de police lui ont certainement été contées après son arrivée à son nouveau poste.

Il faut rappeler que Zinzindohoué avait assisté à son premier conseil des ministres en tant que ministre de l’Intérieur pour s’entendre dire dans le communiqué final que c’est lui qui avait proposé à nomination les nouveaux préfets. Une manière de lui coller la paternité de la machine de propagande répressive alors même que tout était ficelé avant sa nouvelle cooptation. A l’exercice, il s’était d’ailleurs beaucoup plus distingué dans les paroisses et les lieux de prêche en général, en quête de félicité céleste sur les actions gouvernementales, que dans des bureaux de préfets qui en réalité ne lui devaient pas leurs nominations respectives et donc se sentaient affranchis de cette apparente autorité de tutelle.

Et de Icc alors ! Comme on le voit, sur les quatre années de collecte de fonds, de financement des activités de propagande du régime, de passe-droit au sommet et d’idylles malsaines entre l’entourage immédiat du grand chef et les escrocs, Zinzindohoué n’en a connu que 20 mois ; pas même la moitié. Quelque part, ses déboires ressemblent à un traquenard irrésistible dressé sur le chemin d’une proie identifiée longtemps à l’avance. Le fusible avait donc été repéré, conditionné, positionné avant d’être livré à la vindicte populaire dès que les émergents ne parvenaient plus à cacher l’imposture à la pauvre population violée jusque dans l’intimité de ses derniers deniers.

Ce n’était pas un prédateur ; à la limite une proie facile et naïve…

Par Arimi Choubadé
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