La diplomatie du scandale…

lundi 6 septembre 2010 par Arimi Choubadé

Le Bénin à l’extérieur, connaissez-vous ? Le Bénin qui intéresse la Stampa italienne, le New-York Times américain, l’Indépendant Burkinabé, Jeune Afrique l’Intelligent panafricain, le Point français etc…On peut rajouter Associated Press, AFP, RFI, BBC, La Lettre du Continent. Ne parlons pas des nombreux réseaux sociaux qui s’embrasent sur le net autour de la croustillance des affaires après 4 années de yayisme. C’est moins ce Bénin émergent scandé à toutes les tribunes internationales qui déclenche le rush des reporteurs et autres envoyés spéciaux à Cotonou en cette fin de mandat. De toutes les façons, à leur descente d’avion, à peine si les plus téméraires parviennent à supporter une demi-centaine de routes défoncées à la recherche d’introuvables nouvelles usines, nouveaux vastes champs issus de la révolution agricole, d’écoles, de maternités, de centres de loisirs, de pistes rurales praticables.

Par contre, il a suffit aux chasseurs d’info de faire un tour aux abords de la préfecture de Cotonou en plein recensements de victimes des faux placements d’argent pour s’offrir un bilan rapide des années émergentes. Au bout de quelques apartés avec les damnés du moment, les reporteurs ont pu repartir chacun dans son pays, dans son organe de presse avec des détails très sulfureux. Presqu’à l’unisson, la presse internationale a décidé d’accorder de larges colonnes à cette image d’un Président de la République qui accorde des audiences à des gens dont ses services ignorent les activités et qui par la suite se révèlent être des viles voleurs d’épargnes privées. Une mouvance au pouvoir dont la propagande se nourrit essentiellement de fonds récoltés auprès de miséreux par des escrocs. Un gouvernement qui a assisté condescendant à cette saignée innommable équivalant à près de 20% du budget national. Des ministres de la République qui réceptionnent des dons à des secteurs aussi sensibles comme l’armée, la santé, l’hydraulique villageoise sans se préoccuper de l’origine des ressources utilisées ; imaginez la Cia se faire fournir des équipements financés par des réseaux talibans.

Au bout de quatre ans de gestion de Yayi Boni, la présence du Bénin dans la presse internationale se confond à des références aux plus célèbres escrocs de la planète aux cours des dernières décennies à savoir Ponzi, Madoff, Kéviel. A la différence qu’on ne connaissait pas à ces sommités de l’escroquerie et de l’arnaque des entrées à la présidence de la République dans leurs pays respectifs ou du copinage avec des ministres. Les lecteurs étrangers se délectent de constater un tel niveau d’infiltration de l’Etat au point où l’écrasante majorité du parlement a réclamé que le chef de l’Etat lui-même soit entendu par les juges de la Haute cour de justice. Militaires, policiers, gendarmes, ministres, députés, descendants d’anciens rois, proches parents du chef de l’Etat, tous en parfaite communion avec les arnaqueurs. Proximité incestueuse, ou plutôt coalition malsaine ayant permis d’entretenir la crédibilité d’un système qui a fini par venir à bout de toutes les réticences.

Presque impossible pour un diplomate béninois en cette fin de mandat de Yayi d’ouvrir la bouche à un forum à l’étranger sans rougir pour sa légitimité lorsqu’on sait que le chef de l’Etat qui l’a nommé est passible des tribunaux pour complicité d’escroquerie. Ce diplomate devrait déjà commencé par se justifier sur l’origine des ressources de son fonctionnement puisqu’il a été prouvé que les faux placeurs sont intervenus dans le secteur de souveraineté nationale par excellence qu’est l’armée. La diplomatie n’es plus bien loin. Le ministre des Finances a cru devoir dénoncer sa signature sur les écrans de télévision en bas d’un document sensé être un contrat de prêt entre le gouvernement et un des barons des faux placements ; de l’argent du crime qui aurait servi à payer les fonctionnaires.

Comment en sont-ils arrivés là ???

Par Arimi Choubadé
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