Le lavage de crime ???

mercredi 8 septembre 2010 par Arimi Choubadé

Plus de crime de faux placements, plus de criminels et donc plus de victimes dès le 13 septembre 2010. Le docteur-président lance enfin à partir de cette date le processus de décriminalisation de la vaste escroquerie fatale à l’épargne des ménages. À terme, le pouvoir espère en finir au plus tôt avec l’insoutenable clameur autour de ce scandale. Une sorte d’absolution totale avant que ne commence la périlleuse période de campagne électorale en vue du rempilage en 2011. Comité de suivi, comité de crise, commission judiciaire et autres gadgets d’exception ont permis de détruire le maximum de poches de compromissions pour le régime et ses suppôts. Avec pour leitmotiv : retarder autant que possible une inquisition judiciaire indépendante et incontrôlable. Une justice qui n’aurait finalement rien à se mettre sous la dent une fois que sous la houlette du gouvernement, victimes et escrocs seraient parvenus à une paix des braves. De quoi réduire considérablement la taille d’une éventuelle partie civile et limiter l’ampleur des déballages le jour où surviendrait des procès en bonne et due forme ; surtout que la Haute cour de justice plane avec insistance sur le locataire de la Marina.

Le conseil des ministres du 03 septembre 2010 précise la posture d’entremetteur du gouvernement Yayi dans une affaire pénale. Malgré la mise en évidence de l’intention délictueuse des agences dites de placement d’argent. Ces faux placeurs sont conscients de l’impossibilité de fructifier le moindre kopeck dans des circuits financiers locaux marqués par la déliquescence du tissu économique béninois après 4 années de scandales, de destruction de tous les secteurs économiques porteurs, de détournements massifs de deniers publics. Jusque là, la pléthore de structures d’investigation ne parvient toujours pas à définir les probables destinations extérieures des fonds dits placés. Avec tous les mécanismes internationaux de contrôle et de surveillance des flux financiers à travers toute la planète, il est impossible de faire sortir autant d’argent d’une zone monétaire à une autre sans laisser des traces. Une prouesse hors de portée des demi-analphabètes utilisés dans la chaîne d’escroquerie à la Icc. L’argent est donc resté au Bénin et a servi à corrompre les gourous du régime, à financer leurs activités de propagande, à frimer de manifestations mondaines en meetings politiques émergents. Du crime grandeur nature contre lequel un gouvernement d’un Etat de droit propose de rembourser des victimes sans passer par un jugement.

Le crime est constitué dès lors que des individus entreprennent de voler leurs compatriotes sur la base d’offres de services dolosives. Le fait d’envoyer les ministres sur le terrain menacer les victimes de poursuite ne dédouane pas les escrocs de leur intention de nuire puisque l’argent n’a jamais servi à la cause pour laquelle il a été collecté auprès des déposants. L’Etat garant de l’ordre public a donc le devoir de les poursuivre en offrant par la même occasion la possibilité pour les victimes de se constituer en partie civile. Mais le conseil des ministres préfère prendre le raccourci le moins risqué pour lui. Sauf que la justice ne se laisse pas aussi facilement dupé même par des pouvoirs aussi fourbes que celui des émergents. Ce raccourci n’est pas d’une aussi parfaite garantie contre la prescription trentenaire des crimes ni pour les auteurs, ni pour leurs protecteurs du régime. Toute victime, même remboursée en catimini comme l’instigue le gouvernement, dispose de trente ans pour actionner la justice pour escroquerie sans oublier la panoplie des autres entorses à loi que sont collecte illégale d’épargne, corruption sur fonctionnaire, associations de malfaiteurs, fraudes à la loi, faux et usage de faux ...Reste à savoir si la muraille de la Marina autour de Icc peut tenir 30 ans.

Le crime ne se lave pas ; cela se prescrit sur un trentenaire !!!

Par Arimi Choubadé
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