Icc est mon parti…

lundi 13 septembre 2010 par Arimi Choubadé

A l’appel de l’Union fait la nation à ses militants pour une marche contre l’insécurité, le camp Yayi répond par une invitation médiatique aux déposants de Icc-Services et consorts. Les pauvres ; une souscription au mirage des faux placeurs et les voilà devenus, à leur corps défendant, de nouveaux adhérents Fcbe. Le pouvoir émergent ne se gêne même plus à leur adresser directement les avis de réunion par voie de presse pour des meetings voire des marches de soutien au docteur-président. Illustration le 08 septembre 2010 où des centaines de victimes des faux placeurs ont été conviés à une curieuse réunion au palais des sports. Des spoliés, incrédules, harangués par des complices supposés de leurs bourreaux. Comble du cynisme de ce pouvoir, il est tout bonnement demandé à ces souffreteux d’applaudir et d’aduler celui que la grande majorité des représentants du peuple considère comme le principal complice de l’arnaque et passible de la Haute cour de justice. Parmi les orateurs de la séance ubuesque figurent également des bénéficiaires de la vaste escroquerie.

La trouvaille des boucliers humains en guise de sourdine bruyante et provocatrice aux activités des adversaires politiques a besoin de plus de recrues motivées et appâtées. A l’instar de la bande de gueux envoyée à l’assaut des sympathisants de Abdoulaye Bio Tchané à Abomey le 1er septembre 2010. À la gigantesque marée humaine que les unionistes s’apprêtaient à déverser dans les rues de Cotonou, ce 08 septembre là, le régime n’avait rien de mieux que d’exploiter la psychose autour des faux placements d’argent. Très peu de victimes des faux placeurs pouvaient résister à une invitation de la mouvance présidentielle en pleine impasse sur les remboursements. Dans un contexte où l’ancien ministre de l’Intérieur soutient mordicus que l’argent du crime a servi à la propagande de cette même mouvance. Peut-être que, pris de remord, le régime avait décidé de rétrocéder une partie de l’argent volé au ménage en cette veille de rentrée scolaire et de célébration de la fête de Ramadan.

En lieu et place du repentir, c’est arrogance et désinvolture qui ont été servies aux spoliés, réduites à l’humiliante posture de militants par défaut d’un pouvoir aux abois. Rien sur le remboursement, le retour à une procédure judiciaire garantissant le droit des victimes, la justification de faveurs accordées aux escrocs et le sort réservé aux trous où serait caché l’argent des pauvres. Les harangueurs ont fait diversion avec des sujets totalement décalés par rapport à l’enjeu des faux placements : lois électorales, Liste électorale permanente informatisée, le disparu Dagnivo prétendument immolé lors d’un rituel sacrificiel et d’autres inepties qui n’avaient aucun rapport avec les invités. Mais la représentation des émergents au palais des sports, en marge de la marche de l’UN, a permis de se rendre à l’évidence de ce que Icc et ses victimes représentent pour le pouvoir Fcbe. Une véritable toile politique qui a rapportée plus que beaucoup d’argent.

Le machin Icc a été visiblement conçu sous forme d’un véritable parti politique avec des cotisations des adeptes déguisées en faux placements. Les victimes après avoir été utilisées comme des contributeurs actifs servent enfin de bétail électoraliste. On peut y puiser soit pour un meeting, soit pour une marche, soit pour perturber des regroupements d’opposant. On voit poindre le thème de campagne consécutif à travers l’argumentaire propagandiste volontairement dithyrambique sur les prétendus efforts du chef de l’Etat en vue du remboursement des victimes ; de quoi subordonner l’apurement définitif des dépôts à une éventuelle réélection du docteur-président.

En plus de l’épargne, le docteur-président réclame les suffrages, au nom du parti Icc…

Par Arimi Choubadé
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