Croyez-là si vous voulez, mais elle l’a dit…

mercredi 15 septembre 2010 par Arimi Choubadé

Témoignage du feu et du sang au cœur de l’antre parlementaire. Rosine Soglo se sait aveugle mais pas sourde. La vieille refuse d’emporter dans la tombe ce qu’elle a entendu de la bouche de celui qui préside aux destinés de tous les Béninois ; hantée par une promesse d’apocalypse formulée la veille de la grande messe du cinquantenaire. En présence de témoins de prestige, deux à trois ministres du gouvernement, son époux, ancien président de la République et ses deux fils, l’un ministre en fonction, l’autre N°2 de la ville de Cotonou. On n’a jamais entendu même ses adversaires les plus résolus lui reprocher un quelconque penchant pour le mensonge et les commérages. Au risque d’exposer les siens c’est-à-dire son époux, ses enfants, des ministres de la République voire le chef de l’Etat. Qu’on ne compte surtout pas sur celle-là pour cultiver le secret et les sous-entendus sur des sujets aussi dangereux pour l’équilibre et la tranquillité d’un pays pour lequel elle a mis jusqu’à ses dernières énergies.

Les Béninois ont entendu que le dessein de mettre le pays à feu et à sang existe bel et bien au sommet de l’Etat. Une confirmation de ce que le professeur Gbêgnonvi, ancien adulateur du docteur-président, croyait être des rumeurs. De toutes les façons, le feu et le sang font déjà parties du quotidien de milliers de compatriotes. Ceux retrouvés morts à Kétou en pleine campagne électorale parce que candidats en 2008 sur une liste concurrente de celle de l’Etat-Fcbe. Ceux dont le sang a coulé à la même période à Avrankou, Tanguiéta, Lalo, Abomey-Calavi et partout où les émergents ne supportaient plus d’admettre des voix discordances. Le feu et le sang, les milliers de Béninois spoliés par les escrocs du pouvoir les connaissent chaque jour ; certains en sont morts. Il se pourrait que cela soit déjà le feu et le sang pour le disparu du ministère des Finances. La dictature de la minorité par le truchement d’un arbitrage constitutionnel biaisé est certainement une autre manifestation du feu et du sang.

L’aveu d’incompétence ne saurait être un prétexte pour prendre tout le pays en otage. Le numéro du prince capricieux prêt à tout faire sauter s’il n’obtenait pas tout ce qu’il désire était, à l’avance, voué à l’échec avec des gens de la trempe de Rosine Soglo. La vieille avait certainement pris le rush présidentiel pour un moment passager d’égarement jusqu’au jour de la prose indigeste des sages au sujet des lois électorales. Le véritable excitant absolu, le détonateur qui a troublé le silence relatif observé par l’ex-première entre le 31 juillet et le 13 septembre 2010 est venu de la Cour constitutionnelle. Peut-être que le magma incandescent n’aurait pas débordé avec autant de vigueur si Robert Dossou et ses anciens camarades Fcbe n’avaient pas été aussi loin dans le redressement de tort en faveur des émergents. Dans un contexte où l’autorité de la chose votée perd toute légitimité face à l’autorité de la chose jugée. La voix des juges (politiques) au dessus de la voix du peuple.

Personne ne peut faire à Rosine un procès en harcèlement du régime pour son rôle qui a permis à Yayi d’obtenir son budget 2009 sans coup férir avec dans la foulée les lois sur la Lépi, sur le médiateur de la République et le blocage de la réforme sur la Haac. Une sorte de compensation à la sollicitude du gouvernement pendant sa maladie nonobstant le devoir d’assistance et de prise en charge de l’Etat vis-à-vis de tout député. Cela ne lui a pas évité de se voir narguer et défier jusqu’à son domicile et devant son époux et ses enfants. A la paranoïa d’Etat, la doyenne oppose l’intransigeance. Tous les Béninois ont désormais entendu que le feu et le sang ne sont plus tellement loin des portes de la Marina. Il ne sera pas dit plus tard que personne n’était au courant comme dans le cadre de l’arnaque des faux placements.

Cela vaut un avertissement !!!

Par Arimi Choubadé
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