Qui menace la paix ???

jeudi 16 septembre 2010 par Arimi Choubadé

Si seulement les honorables émergents pouvaient transformer la canne de leur doyenne de l’hémicycle en une arme secrète de destruction massive – à la James Bond. Ou encore la faire interner dans un asile psychiatrique. De sorte qu’il ne puisse rien rester de crédible à ce qu’elle a révélé avec fracas au palais des gouverneurs, le 13 septembre 2010. L’éteignoir présidentiel ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour investir le domicile des Soglo, quelques heures après le rush de maman, selon la presse locale. C’était trop risqué pour le régime d’opter pour le style parole contre parole à voir le répertoire des témoins cités. Sans oublier que quelques jours seulement avant Rosine Soglo, l’ancien président de la République, Emile Derlin Zinsou annonçait déjà sur Rfi que le danger était aux portes de la maison Bénin. Sa crainte de voir un imbécile faire tout flamber s’est étalée à la Une de plusieurs gazettes.

Que dire de ces véritables laboratoires accompagnateurs du projet de « feu et de sang » dans les préfectures du pays. C’est sous la direction d’un préfet que des conseillers municipaux Rb se sont vus physiquement agressés par le chef de brigade de gendarmerie et le commissaire de police à l’hôtel de ville d’Abomey-Calavi en marge de l’installation du conseil municipal en 2008. Dans l’Atacora-Donga, le Borgou-Alibori, le Zou-Collines voire le Littoral-Atlantique, c’est à coup d’arrêtés préfectoraux que les libertés publiques sont mises entre parenthèses. Interdiction formelle de tenir des manifestations hostiles au gouvernement Yayi, assortie d’une tolérance zéro dans les quatre départements du septentrion, le « Yayi-land » autoproclamé. Les contrevenants ou présumés tel se sont tout simplement retrouvés internés à la prison civile de Natitingou sans autre forme de procès. Une simple visite à caractère familial du président de la Banque ouest africaine de développement, Abdoulaye Bio Tchané pourrait vite devenir un délit dès que cela draine des foules.

Le tout puissant Issa Salifou, député, président de groupe parlementaire n’a pu bénéficier d’un traitement de faveur lorsque l’envie lui a pris de tenir meeting à Bembèrèkè et à Kouandé sans l’onction de l’Etat-Fcbe. A Abomey, c’est au grand jour que se tiennent à la préfecture les réunions de la mouvance présidentielle ; et des repris de justice chargés de disperser les réunions d’opposants ne se gênent pas de se réclamer proches du préfet Armand Nouatin. Pour ce dernier, interdire de tournée l’ancien président de l’Assemblée nationale, ancien Premier ministre, député et candidat unique de l’Union fait la nation, est d’une banale routine. Pendant ce temps, son collègue de Porto-Novo s’illustre par son zèle à protéger le bras financier de la propagande du régime, à savoir les structures de faux placements d’argent. Tout en s’appliquant à maintenir la terreur et la psychose à Sèmè-Kpodji, à Adjarra, à Avrankou et partout où le péril tchoco-tchoco se fait sentir.

Un ministre des Transports inventeur de la thèse de séparation des territoires politiquement corrects de ceux considérés comme impurs. La complaisance des officiers de police et de gendarmerie face aux actes de provocation des partisans du pouvoir. Les contre-manifestations à consonances fascistes. Des éléments de la garde présidentielle surpris à plusieurs reprises en posture de distributeurs d’affiches de campagne électorale. L’impossibilité pour la majorité des victimes des faux placeurs de se faire rembourser avant la rentrée scolaire. Un conseiller du chef de l’Etat s’investi de la mission de préparer l’opinion à consommer la disparition d’un cadre de l’administration, militant d’un parti d’opposition. Les discours aux relents régionalistes en marge des descentes du chef de l’Etat dans le Bénin profond. Le passage en force institutionnel sur fond de fraude sur le fichier électoral, de dol dans les arbitrages constitutionnels.

C’est cela la paix, selon les émergents…

Par Arimi Choubadé
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