Galiou, le fair-play…

mardi 21 septembre 2010 par Arimi Choubadé

Ce Galiou-là, on en redemande. Ni amer, ni déçu, ni revanchard. L’âme du sportif, conscient des conséquences de la transgression des règles du jeu. Avec quelques regrets néanmoins pour ne pas avoir bénéficié des circonstances atténuantes consécutives à son parcours de militant au sein du parti ; une revendication de la juste sanction – à l’intérieur de la Renaissance du Bénin – son engagement pour la vie. Le ministre Galiou Soglo, philosophe le jour même du prononcé de son exclusion du seul parti qu’il a connu. Sa prestation sur la télévision Canal 3 en soirée du 19 septembre 2010 laisse cependant paraître une pointe de gâchis puisque lui-même se savait être le meilleur parmi les successeurs potentiels au moment où commençait la longue période de bravade vis-à-vis de la direction du parti. Une période dont a certainement profité son (ses) concurrent pour gravir des échelons au sein de la hiérarchie. Lui-même a pu constater la défection de ses principaux lieutenants de l’époque où il jouait collectif au sein de l’équipe commune.

Beaucoup de jeunes Béninois retiennent de ce ministre, un passionné du galactique Real de Madrid de l’ère des Figo, Zidane, Bekam, Roberto Carlos, Raul, Casillas. En pleine tempête de la dissidence de la bande à Azannaï, il ne jurait que par les champions madrilènes, à condition que le collectif prime sur les talents individuels. Il n’avait pas été suivi par ses anciens camarades qu’il imitera plus tard. On a d’ailleurs remarqué ses esquives, sur le plateau de Canal 3, lors des rappels de ses odyssées médiatiques sulfureuses qui avaient dans le passé mis à mal ce précieux collectif à l’origine des mémorables tourments de la Rb : la candidature dissidente de 2006, le contre-feu du lendemain de la déclaration fondatrice du G4 le 12 mars 2008 au Hall des arts de Cotonou, le coup de gueule insidieuse après le cambriolage au siège de l’Ong Vidolé à Kouhounou, les passes d’armes à l’occasion de la désignation du maire d’Abomey-Calavi en 2008. On ne l’entendra finalement que sur son mea-culpa et sa main tendue n’auraient pas bénéficié de l’attention espérée, en temps réel.

Au moment du passage de témoin, il ne restait que très peu de compagnons de première heure, jamais hantés par le démon de la traitrise et de la défection. Des gens qui ont survécu au sevrage lié à la perte du pouvoir en 1996 et qui stoïquement ont accepté la traversée du désert. A Sun City à Abomey, les 18 et 19 septembre 2010, ce fut donc la consécration de la fidélité, de la loyauté, de la patience et de la détermination. Des qualités forgées dans une foi inébranlable. Léhady a courageusement attendu son heure sans jamais rien brusquer ; ni traitrise, ni parricide, ni caprice. C’est le temple lui-même qui s’est choisi son dépositaire. En cela, Galiou, se fait d’ailleurs beau joueur en se refusant toute contestation nauséabonde comme l’aurait souhaité une certaine mouvance émergente. Face à nos confrères Houssou et Winner, Galiou a rappelé vouloir être lui-même. Sur le dossier Rb précisément, il n’a été ni Fcbe ni opposant. Il y a des limites à tout.

Il ne suffit donc pas d’une résolution des congressistes de Sun City pour solder définitivement les comptes entre Galiou et la Rb. On le sent, aussi bien dans le speech final du nouveau président du parti, dans les déclarations du ministre prodige, que d’autres pages restent à écrire sur le sujet. Encore une mauvaise nouvelle pour les émergents qui peuvent enfin se rendre à l’évidence qu’une de leur recrue de luxe ne vibre pas forcément aux mêmes diapasons qu’eux. Dès que les circonstances l’exigeraient, la raison du cœur reprendrait certainement le dessus. A voir le faible écho accordé par la propagande émergente à l’entretien de Galiou sur Canal 3, on comprend que la Marina ne s’y est pas trop retrouvée.

Parce que Galiou voulait être lui-même, avant tout, et non manipulé...

Par Arimi Choubadé
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