Le surdoué ou l’usurpateur ???

mardi 5 octobre 2010 par Arimi Choubadé

L’« entrée » en politique de Pascal Irénée Koukpaki. Il y était depuis des décennies tout en paraissant ne pas y être. La mise en scène du Palais des congrès du 03 octobre 2010 confirme que l’homme est un redoutable manœuvrier et maitrise l’art de cacher son jeu. L’Opa sur le machin, clé en main, est trop bien menée pour être du hasard. Soit il le tenait en laisse, son Pdbn depuis la création, soit il se l’est fait offert pour service rendu et contre service à rendre, soit ceux qui ont flairé une manipulation électoraliste ont vu juste, soit…Rien de bien glorieux de toutes ces hypothèses puisque le génie a décidé de faire finalement comme les autres : de la politicaillerie. En venir à être l’hériter politique d’une dame qui incarne la caricature par excellence en politique ; elle-même se désigne à l’état civil comme la cousine d’un ancien chef d’Etat et raffole de simagrées et d’esbroufes. Une sorte de majorette au gouvernement. Ses échecs personnels aux législatives puis aux municipales dans l’intervalle d’un an renseigne davantage sur ce qu’elle inspire à l’électorat.

Mais ce n’est pas de la façade qu’il s’agit dans cette chronique mais de Koukpaki lui-même. Sa surprenante mue chamboule manifestement tous les repères d’analyse utilisés jusque là. Puisque que le technocrate présumé n’en était pas un dans la réalité, on est obligé de reconsidérer tous les postulats qui ont prévalu sur sa personne par le passé. C’est donc tout naturellement que plusieurs de mes confrères sont revenus sur la bonne foi du technocrate pendant qu’il gérait certains dossiers sensibles de la République. Ils se sont tous mis sur la piste du « racketteur officiel » de ce qui reste du patrimoine d’Etat à travers la privatisation de la Sonacop et la construction d’un port sec à Parakou. D’autres y ont ajouté les véhicules d’occasions, l’abus des ordres de paiement, le classement sans suite des audits du début de mandat et toutes ces autres dérives que le docteur-président attribue très régulièrement à son suppléant désigné pour la présidence des conseils des ministres.

Maintenant, il est avéré qu’il n’est pas plus technocrate que tous ces autres collègues chefs de parti diplômés qui font et défont le Bénin depuis les indépendances. Le moment est alors propice pour se poser les bonnes questions. Personnellement, il y a un sujet qui me taraude l’esprit, et qui aurait pu paraitre un acharnement sur l’un des plus dévoués serviteurs de la République si je l’avais posé avant le 03octobre 2010. C’était de savoir tout simplement la marge de manipulation politique à travers le laxisme coupable à l’avènement des faux placeurs d’argent pendant qu’un certain Pascal Irénée Koukpaki était ministre des Finances. Curieusement, cette période coïncide avec une croisade sans merci à l’encontre des grosses fortunes du pays. Fagbohoun, Adjovi, Lawal, Salé, Rodriguez et consorts devraient broyer du noir au moment où Icc-Services installait sa machine de captation illicite de l’argent des Béninois. Avec l’avènement de ces nouveaux riches, receleurs d’épargnes des pauvres, et surtout aptes à dépenser sans compter pour la propagande et la gloire du docteur-président, on pouvait se passer des anciens mécènes jugés trop exigeants et moins malléables. Les autres poches de puissances financières potentielles ont été littéralement décimées à travers la vindicte médiatique sans précédent contre les entreprises supposées débitrices du trésor public, toujours sous ce ministre des Finances. Pendant une bonne partie du mandat, seuls les faux placeurs étaient capables de financer des marches de soutien, des meetings, des campagnes électorales pour les mouvanciers. Ironie du sort, c’est ce même ministre qui prend la charge de la salubrité au sein des faux placeurs qu’il a vu venir et qui ont rendu de grand service au régime dont il demeure le N°2. La suite se passe de commentaires.

Koukpaki sait qu’il n’y a aucune gloire à échoir dans la rubrique infeste de ministre-chef-de-parti sous le Changement. Mais, lui-même en son fort intérieur est convaincu que là est sa place, au grand dam de tous ceux qui le défiaient et souhaiteraient en garder le souvenir éternel du technocrate de génie. Eux ne le connaissent pas ; mais, lui, se connait. Il ne s’imagine pas autrement que dans la marre des combinards à part entière et non entièrement à part.

Ce n’est pas un génie immaculé, c’est un politicien « béninois » du Changement…

Par Arimi Choubadé
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