Au nom de l’ADN de Dangnivo…

mardi 12 octobre 2010 par Arimi Choubadé

Toute l’artillerie de l’Etat-Fcbe contre la famille Dangnivo, coupable de chantage d’ADN. Exercice médiatique commun, quasi simultané de Eugène, le vigile solitaire de Fcbe et de Grégoire Akoffodji, le nouvel homme de main du docteur-président. A les entendre, n’eut été la bouderie des proches du porté disparu, l’enquête aurait été déjà bouclée, les coupables et leurs commanditaires connus. Leur faute également si le débarquement en fanfare de deux experts français et allemand a tourné au fiasco. Curieuse cette quête de collaboration du ministre de la justice qui a choisi les médias, en pleine procédure d’exhumation, par ses commentaires sur l’« excellente piste », le « principal accusé », les « félicitations aux forces de l’ordre ». Cette procureure générale qui a choisi également les médias pour présenter ses condoléances à la famille « éplorée ». Deux autorités en pointe dans la recherche de la vérité dont le mode de dialogue vis-à-vis de la famille du porté disparu reste la radio, la télévision et les journaux ; même l’appel à un prélèvement d’Adn se fait par médias interposés. Sauf qu’on ne prend pas une famille en proie à l’angoisse, à l’incertitude, à la psychose avec des excitations médiatiques sans risquer de la braquer.

Qu’a fait le pouvoir pour gagner la confiance des Dangnivo ? Lorsque des proches du chef de l’Etat se relaient sur les plateaux de télévision annonçant que c’est une tradition de disparaitre chez le porté disparu dont un frère, Joaquim, n’aurait plus donné des nouvelles depuis 15 ans. Qu’au cours d’un meeting de la mouvance présidentielle un tribun se fait applaudir à tout rompre en évoquant la possibilité d’un sacrifice humain rituel précédant chaque élection présidentielle. Qu’un député engagé dans la réélection de Yayi, en pleine conférence de presse, brandisse un CD, preuve d’aveu supposé des opposants auteurs de l’enlèvement et de l’assassinat du disparu. Akoffodji se garde jusque là de s’expliquer sur l’indécente proposition faite à la famille de récupérer et d’aller enterrer officiellement en catimini, le cadavre exhumé à Womè sans attendre une quelconque autopsie ou une éventuelle procédure d’identification fiable et crédible. N’importe qui réfléchirait pas quatre fois avant de confier, sans hésitations légitimes, du matériel génétique à des gens rompus à l’art de la manipulation de l’opinion.

La bulle autour de l’Adn fonctionne comme une belle justification de l’absence de résultat à propos de l’enquête. Il n’y a pas que l’intérêt d’Adn sur un cadavre déterré. On n’avait pas besoin de test génétique pour déterminer la période du décès, l’âge, le sexe, le poids, la taille, la ou les causes du décès, la nature de l’arme utilisée etc…L’identité n’est qu’une phase ultime qui nécessite une implication des proches biologiques rassurés et éclairés sur la nature des procédures suivies. Puisqu’au départ, ces proches du porté disparu n’avaient éprouvé aucune réticence à rencontrer le ministre de la Justice, le chef de l’Etat, les enquêteurs, les responsables syndicaux ou toute autre autorité intéressée par l’affaire. La méfiance n’est apparue que bien plus tard après les pitreries susmentionnées. Or autant que la famille, les amis et la société civile en générale ; le pouvoir a grand intérêt à débloquer l’impasse au plus tôt. La cristallisation sociale fragilise davantage un trésor public que l’on dit déjà très anémié et qui pâtirait forcément de l’agitation syndicale en proie à une radicalisation irréversible au fil des incartades des émergents. Sans oublier l’épisode des experts étrangers éconduits par la famille du disparu du fait de son refus de collaborer au prélèvement d’Adn. Très fâcheux surtout pour le président de la République en personne à travers l’impression qu’il donne aux partenaires allemand et français d’un chef totalement en rade des événements dans son propre pays. Parce qu’il n’aurait pas su être le président de tout le monde, celui de Akoffodji comme celui de la famille Dangnivo et surtout de l’otage de 13 mois emprisonné avec sa mère pour nécessité d’enquête, dit-on.

L’hérésie s’écrit avec « H »…

Par Arimi Choubadé
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