Ils ont osé agresser le Q.G des travailleurs !!!

mercredi 13 octobre 2010 par Arimi Choubadé

De la bêtise émergente ; une immonde tâche sur un pays qui 20 ans plus tôt indiquait la voie à suivre à l’ensemble du continent africain. Des travailleurs opprimés par des agents, des uniformes, des matraques, des armes payées avec la richesse créée à partir du labeur de ces mêmes travailleurs. Parce que le prince ne supporte plus l’exceptionnelle clameur d’indignation autour des bizarreries consécutives à la disparition d’un cadre de l’administration publique. Il fallait sortir l’éteignoir sur des libertés fondamentales par caprice de prince. Le pouvoir a fait son choix entre satisfaire les humeurs du chef ou préserver l’intérêt du collectif des citoyens. Tant pis pour l’inutile désastre. En effet, Cotonou n’aurait jamais connu l’agitation gratuite du 12 octobre 2010 si le ministre de l’Intérieur n’avait pas signé ce malheureux communiqué de presse, signe supplémentaire de la dégénérescence à la Marina. Le front social ne se serait pas embrassé de la sorte avec grèves et débrayages massifs. Le gouvernement Yayi, par cette opération, n’a donc préservé ni la paix, ni l’économie nationale. Juste qu’on a rajouté un épisode honteux au drame Dangnivo.

Que dire alors de l’état d’esprit d’une machine répressive (police, gendarmerie, armée) aux ordres non de la République mais d’une propagande rétrograde ? Cette armée de métier adoubée, redemandée à l’international pour des missions d’ordre, dans un grotesque numéro de guignols terrifiants aux abords de la bourse du travail. Expédition dégradante sans mérite, sans gloire. On attend de l’officier ayant conduit les opérations de la honte du 12 octobre d’exhiber le fondement républicain de l’assaut sur la bourse du travail. La police et la gendarmerie ont agi sur quelle base légale ? Sur la base d’un communiqué de presse signé d’un ministre ? Texte juridiquement indéfendable puisque n’étant ni un décret, ni un arrêté, encore moins une note circulaire. La force publique s’est laissée manipuler par des politiciens à la petite semaine. Le pouvoir Yayi s’est bien gardé de prendre un acte juridique en bonne et due forme, préférant un vague texte jeté dans la presse, administrativement nul et non avenu. Cela donne au détachement de police déversé aux abords du Q.G des travailleurs à Cotonou des allures d’un gang affecté à la protection d’une caste de corrompus réfractaires à toute contradiction d’où qu’elle vienne.

L’évocation même de questions sécuritaires pour justifier l’interdiction de la marche constitue une autre patate chaude toujours dans le jardin de la hiérarchie policière. Le ministre de l’Intérieur ne pouvait agir qu’après avoir été édifié par des rapports de police à propos des prétendues menaces liées aux manifestations interdites. Interdictions au parfum d’incompétence d’une flicaille incapable d’encadrer des travailleurs en colère dans les rues. Malgré la menace d’attentats et la rhétorique guerrière des réseaux de fondamentalistes, la police française parvient à sécuriser d’impressionnantes processions dans les rues de Paris contre la réforme des retraites proposée par Sarkozy. Quant à l’argument lié à l’indépendance de la justice, il est à rappeler que le secret de l’instruction ne s’applique qu’au juge enquêteur et non aux travailleurs qui réclament la lumière sur la disparition de leur camarade. A moins que Martial Souton n’ait envie d’infantiliser les magistrats béninois. À croire qu’un juge ne pourrait rendre une décision sans regarder par sa fenêtre ceux qui marchent dans la rue. La faute donc aux marcheurs réprimés si au bout de plusieurs mois d’enquête, tous les policiers, gendarmes et autres forces de l’ordre du pays sous l’autorité éclairée du gouvernement ne parviennent pas à retrouver les traces du porté disparu.

Ils répriment une marche et obtiennent une grève générale…

Arimi choubadé

Par Arimi Choubadé
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