La tragi-comédie des « partenaires » du Bénin…

lundi 25 octobre 2010 par Arimi Choubadé

Adrian Edwards, porte-parole du HCR, pratiquement en larmes à Genève face au drame de l’inondation au sud Bénin, précisément dans la Vallée de l’Ouémé. A Cotonou, à 2 km des cases immergées, la représentante résidente de l’Union européenne porte le toast au nom de la rallonge accordée au processus dit de recensement électoral des sinistrés. Il s’agit bien de deux acteurs majeurs de l’internationalisme planétaire. Chacun avec sa priorité. Chose curieuse, pendant que l’autre de Génève lançait un appel à mobiliser 2 milliards en urgence pour les aquatiques de Hindé, Vossa, Akpakpa et tous ceux qui errent dans le pays à la recherche de providentiels gîtes et couverts, son homologue de Cotonou célébrait deux milliards déjà mobilisés pour le compte d’un instrument objet de vives polémiques. Tous, aussi bien le porte-parole du Hcr que la représentante résidente de la délégation de l’Union européenne, agiraient au nom de la paix, de la lutte contre la pauvreté, de la démocratie, bref des objectifs du millénaire pour le développement.

Deux milliards à une démocratie qui méprise sa majorité parlementaire ; prive une partie des citoyens du droit de vote ; conforte des arbitres du jeu politique eux-mêmes partisans ; soulage un régime obnubilé par l’espoir de gagner les élections par des manipulations électroniques. Deux milliards qui manquent par ailleurs à l’organisation du pont aérien vers des milliers de gens piégés par la crue exceptionnelle. C’est de Genève qu’on apprend d’ailleurs que 47 individus ont déjà trépassé, 55 communes atteintes, 680 mille sans abris, plus de 2 millions concernés d’une manière ou d’une autre. Et qu’il faut en priorité et en urgence envoyer 3 mille tentes, des moustiquaires, des vivres et surtout de la logistique et du personnel d’appui. Plaidoyer aux antipodes des priorités de l’heure de ceux que ces mêmes populations sinistrées ont élu pour les amener vers un autre monde, un monde de Changement. Les journalistes qui ont suivi la conférence de presse de Adrian Edwards à Genève le 22 octobre 2010 peuvent se rassurer. La présidence de la République du Bénin n’a rien d’un camp retranché d’où partent des camions-citernes, des convois de riz, des équipes de sauveteurs, ou des médicaments. Le docteur-président peut se permettre de survoler de temps en temps des coiffes de cases en errance sur les eaux en dérivation sur la route d’un meeting dédié à ses frères de Sèmèrè en vue des prochaines batailles électorales. Le chef suprême des armées n’a toujours pas décrété l’état d’urgence. Il est vain d’aller chercher les militaires dans les campagnes en train de distribuer les vivres, de dégager les routes obstruées par les dégâts des averses ou de ramener sur terre ferme des populations emprisonnées, au milieu de vastes étendues d’eaux. Le viseur du chef suprême des armées est tout braqué sur la bourse du travail d’où partent fréquemment les contestations et les remises en cause du projet de puissance, d’autorité absolue et surtout de rempilage en 2011.

A en croire, les parrains financiers des émergents, il y aurait plus urgent que ces centaines de milliers de citoyens aquatiques occasionnels livrés au paludisme, à l’épidémie de choléra, à la faim, à la psychose. Le pseudo archaïsme du processus électoral béninois serait une tare inadmissible. Un archaïsme qui a pourtant sauvé le pays des violences électorales comme au Togo, en Côte d’ivoire, au Congo, en Guinée etc… ; des boycotts d’élections par les opposants au Sénégal, au Mali, au Burkina Faso. Un petit mot sur les diatribes des opposants sur des prétendues relations incestueux entre le pouvoir Yayi et la France. Il est évident que les émergents aux abois et lâchés de partout sont devenus une proie facile au bras financier de la Françafrique (Orange, Bolloré, Bouygues et consorts). Ils ont perdu de leur arrogance et de leur suffisance du lendemain des 75% de 2006. La seule revendication des émergents se résout à un blanc seing pour une Liste électorale permanente informatisée (Lépi) excluant les zones d’influence des opposants ; rien que pour cela, ils sont prêts à liquider la légendaire paix du quartier latin.

Le Hcr crie pour les inondés, le Pnud et l’Ue s’enfoncent dans la Lépi…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/829-la-tragi-comedie-des-partenaires.html

Messages

  • Dommage. Mon cher Arimi, j’ai coulé des larmes quand j’ai vu le niveau des inondations et que mon président est allé jusqu’à adjarra pour mettre un disjoncteur à ON. Alors que à 500m de lui les gens sont dans l’eau. C’est le même président qui aurait fait envoyer près de 100 millions à nos amis d’à côté. Mais je ne sais pas faire la politique, sinon ce monsieur ne pourra plus jamais diriger même un village. Mais de là ou je suis je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’il ne revienne en 2011. Il est comme Mobutu. Basta.

    • Mr Arimi, je crois avoir lu dans l’une de vos chroniques que les organismes de l’ONU doivent leur existence aux guerres et autres crises dans les pays en voie de developpement. Comment voulez vous qu’ils laissent tomber l’occasion en or que leur offre notre Docteur Président pour ne pas créer un autre foyer en afrique ( Bénin) pour faire travailler leur émissaires, représentants du Secrétaire Général et autres casques bleus.
      Mais je crois que le peuple béninois est plus conscient plus alerte pour leur donner la torche pour mettre le feu à la poudre.

      Le combat du représentant du HCR est à saluer, mais il ne nous sortira pas de cette situation car tant que les béninois eux mêmes, à commencer par leur dirigeants ne prendront conscience de se prendre en charge et de faire face aux situations du genre on va toujours les revivre et souvent en pire. Le Bénin vit une situation d’urgence et et en de pareilles situations dans les pays qui se respectent, où les dirigeants sont au service de leur peuple, c’est l’armée qui, en tant que corps le plus organisé dans le pays va au secours des populations, les déplace, les installe et assure toute la logistique ( vivres, soins, etc.) Malheureusement, je constate au Bénin, qu’elle ( armée) passe son temps ou du moins on lui fait faire de la politique ramassage de matériel électoral , transport de kit de recensement et business( construction d’écolette, etc.
      le Docteur ne fait que faire la politique de l’autruche en essayant de détourner l’attention de la population et de la communauté internationale de cette tragédie.
      Mais jusqu’à quand ???????

      GOD !!!!!!HELP HELP AND SAVE OUR COUNTRY

      INGODNAME