Le Changement vu à l’International…

vendredi 29 octobre 2010 par Arimi Choubadé

Cela sent la cabale internationale à l’encontre du bon Yayi. A travers cette insidieuse distillation des mauvais points, au compte goute, en quelques encablures de la fin de mandat. Alors que la machine de propagande s’active à trouver le meilleur tempo au discours de mobilisation des citoyens autour du nouveau contrat avec le peuple. Un air de complot à la lecture des rapports quasi concomitants au sujet de la gestion du pays. Rsf avec son appréciation sur la dégradation de l’environnement des médias – le Bénin autrefois leader de la liberté de presse en Afrique sous le Général Kérékou avec un classement flatteur de 23ème au monde pointe en 2010 à une dégradante 70ème place. Transparency en rajoute un pan au processus de diabolisation du messie autoproclamé en publiant dans la foulée son classement sur la perception de la corruption. Là encore, il n’y a pas de quoi pavoiser à la Marina lorsqu’on voit le pays chuter du déjà peu reluisant pointage au 96ème rang jusqu’au 110ème en moins de deux ans. Aux commentateurs de mettre une couche supplémentaire en affirmant que la gadoue des faux placements ne figurent pas encore dans la balance. Les profondeurs de l’abîme ne sont pas encore atteintes.

Comment empêcher les émergents de ne pas flairer la thèse du complot « international » à l’encontre de leur champion ? À peine si leurs esprits ne sont pas effleurés par la forte probabilité que ces genres de structures ne sont pas tout simplement parasitées par des réseaux favorables à la contestation. Des coupures de journaux n’ont-ils pas fait échos d’unionistes ou d’abtistes arpentant des chancelleries étrangères à la solde de l’anti-yayisme chronique. On se souvient du coup de gueule de Gbêgnonvi à la suite d’un de ces rapports au vitriole à l’encontre du régime du Changement à propos de l’état des droits de l’homme au Bénin. Lui, l’initiateur de l’avènement de la cellule nationale du Amnesty-International ne pouvait tolérer des reproches de l’organisme international sur les écueils aux droits de l’homme alors qu’il siégeait encore au gouvernement. Une irrévérence que les activistes locaux de AI ont payé cher lors de leur assemblée annuelle dispersée par un détachement des forces de l’ordre. Mais les temps, ont changé et il n’existe plus grand monde au sein de l’équipe à pouvoir apporter la contradiction à ces censeurs de conscience. Très cocasse pour la Marina d’apporter la réplique à la perception internationale de la corruption au Bénin pendant que des repris de justice participent aux conseils des ministres.

D’où la légitime interrogation sur les critères fondateurs de l’engagement des partenaires techniques et financiers (Ptf) à la marche forcée pour la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Aucune confusion n’est possible sur la polémique autour du projet. D’un côté, le régime Yayi persuadé de pouvoir poursuivre le processus malgré les monstrueux disfonctionnements enregistrés et le contexte d’inondation inédite, en contradiction avec l’autre côté (les adversaires) partisans d’une halte d’évaluation. Contre toute attente, le médiateur par excellence de cette affaire (les Ptf) opte pour la marche forcée incarnée pourtant par le pouvoir crédité des plus détestables statistiques en matière de gouvernance depuis l’avènement de la démocratie. On se demande ce qui séduit Besancenot, Nardos-Bekele et les autres chez Yayi ; le 70ème rang de Rsf, le 110ème de Ti, le 161ème du Pnud ou les alertes de Ai ? Une telle négation de la bonne gouvernance ne peut rimer qu’avec manipulation, triche, ruse et expédients capables de faire perdurer le plus longtemps possible le règne. Dire que le discours mondialisant n’a de cesse de rabâcher à tous les foras, depuis plusieurs années, que seuls les meilleurs élèves peuvent espérer des accompagnements inconditionnels.

Le Changement, meilleur en gouvernance publique ???

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/833-le-changement-vu-a-l-international.html