Pourquoi il faut marcher contre la Lépi Yayi-Bako…

vendredi 12 novembre 2010 par Arimi Choubadé

Ils n’ont pas assez piétiné le macadam, tous ces fâchés de l’attelage Yayi-Bako. On devrait avoir davantage de gens dans les rues. au nom de tous ces sinistrés des inondations ignorés par les recenseurs, des milliers d’exclus du processus à Porto-Novo, à Cotonou et ailleurs ; des risques de manipulation des informations biométriques illégalement prélevées sur les bénéficiaires du programme de micro-crédits aux plus pauvres en marge de celle recueillies dans le cadre de la réalisation de la Lépi ; de l’indigence dans laquelle sont maintenus les agents recenseurs et autres opérateurs de kits biométriques pendant que le coordonnateur du processus engloutis des millions pour sa propre communication ; des décisions de la Cour constitutionnelle à l’origine de l’impasse autour du processus électoral pour 2011. Au nom de tout cela, aucun démocrate ou ami du Bénin ne devrait rester en marge des processions anti-Lépi Yayi-Bako.

Sur un tout autre plan, il était temps que le combat politique sorte des lambris dorés, des salons feutrés pour se mener là où il devrait l’être, c’est-à-dire au sein du peuple. L’embourgeoisement de l’élite politique très portée sur les compromissions et les arrangements de coulisse n’avait que trop duré. On en vient presque à oublier que la République est née parce que le peuple de Paris, révolté contre l’asservissement, a décidé de marcher sur la Bastille. Le militantisme ne se conçoit pas sans manifestation de rue pour ceux qui ne détiennent pas de pouvoir. Or, la boulimique émergente n’a laissé aucun espace aux non Fcbe au sein des organes d’Etat : perchoir du parlement, Cour constitutionnelle, Haute autorité de l’audiovisuelle et de la communication, Haute cour de justice, Commission politique de supervision de la Liste électorale permanente informatisée. Aucun forum où on peut entendre un anti-Yayi. C’est encore eux, les émergents qui parlent aux fameux amis extérieurs du Bénin à travers le gouvernement Yayi. Que reste-t-il enfin à la grande majorité des députés à l’Assemblée nationale, aux associations spécialisées dans la gouvernance publique, aux centrales syndicales ? La rue. Et cela, le docteur-président dit ne pas comprendre.

Il comprend par contre que des gens marchent pour soutenir un système au pouvoir. Les puriste parleraient de totalitarisme ou de fascisme, en voyant un gouvernement, qui bien que minoritaire, contrôle toutes les institutions de la République et cherche également à s’emparer de la rue. En plus de détenir le monopole sur les médias publics et de tenir une grande partie de la presse privée par des contrats et autres artifices. L’expression de rue est destinée à permettre au peuple d’extérioriser sa colère et son désaccord face à un pouvoir établi. Il s’agit d’un dédoublement de légitimité populaire en cas de conflit entre les mandants et leurs représentants. A quoi sert la rue à Yayi élu à 75% des suffrages exprimés pour un mandat de 5 ans non encore échu ? À quelques mois de la fin de ce mandat, le prince du Changement ne semble nullement préoccupé par la rédaction de son bilan. Même ses partisans s’y hasardent sur la pointe des pieds à l’instar de l’esquive de ce liseur de motion qui prétend que les réalisations sont si nombreuses qu’on ne saurait les énumérer. Mais il a eu bien du mal à enchainer d’autres choses après la mention des deux passages à niveau et de l’échangeur. Ainsi va l’émergence !

Yayi à la télé, à la radio, au gouvernement, sur les chantiers abandonnés, dans les airs à bord de l’hélico présidentiel, partout. Par contre dès que ses adversaires pointent le nez dehors, ils reçoivent l’accueil des chars de l’armée ou c’est carrément le docteur-président lui-même qui se plaint auprès des conducteurs de taxi-moto de ce que toutes les marches à travers le pays ne soient pas dédiées à sa gloire. Houngbédji fossoyeur de la paix pour avoir défendu les exclus de la Lépi ? Cette paix aurait déjà été troublée et sérieusement en 2006 si ce dernier, légaliste, n’avait pas reconnu sa défaite dès le lendemain du second tour de la présidentielle.

Légaliste hier, légaliste aujourd’hui !!!

Par Arimi Choubadé
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