Le docteur-président en fête…

vendredi 19 novembre 2010 par Arimi Choubadé

Un jour de bonus à l’Ascension, un autre à Pentecôte, encore un autre à l’Indépendance-day et enfin un à Tabaski. En attendant les prolongations à Noel, au jour de l’an et peut-être au vodou-day le 10 janvier 2011. Que ne ferait pas le docteur-président pour convier ses compatriotes au repos ? Rien que pour le mois de Novembre 2011, les Béninois ont gardé la maison durant trois jours. Le 1er jour du mois en mémoire de tous les morts puis les fameux deux jours de la fête du mouton. On aurait pu ajouter la pratique de la journée continue la veille de la Tabaski au cours de laquelle, les travailleurs ont observé une demi-journée de travail. Encore une de ces décisions au pied levé, le décret surprise accordant des congés payés à tous les travailleurs. Une logique de fête et de bombance alors que les émergents savent mieux que quiconque que les bénéficiaires n’en avaient pas les moyens pour avoir été spoliés par des charlatans du placement d’argent ; Allah seul sait combien de moutons a manqué au sacrifice d’Abraham le 16 novembre 2011 par la faute de Icc-Services et consorts.

Des faux placeurs d’argent dont la philosophie cadre bien avec la propension au repos forcé du peuple laborieux à qui il était demandé de déposer son épargne et d’attendre une ristourne chaque fin de mois ou fin de trimestre. Beaucoup de Béninois auraient été réduits au vain espoir d’une rente viagère auprès des escrocs si l’arnaque n’avait explosé avant l’échéance projetée par ses initiateurs. A l’instar de tous ces naïfs qui se sont donnés de longs congés après avoir vendu tous leurs biens et déposé l’argent auprès des charlatans en placement d’argent. Cela donnait aux spoliés suffisamment de temps pour répondre aux appels à des marches de soutien au chef de l’Etat sur financement des escrocs adulés et célébrés dans les allées de la Présidence de la République en compagnie du docteur-président ou de ses proches parents et collaborateurs. La République de la fête, de l’insouciance. Dire que la Marina prépare des rallonges pour des fêtes pendant qu’on meurt dans les hôpitaux faute d’infirmiers, en grève de réclamation de primes et autres commodités liées à l’exercice du métier de soigneur.

Un calcul rapide permet de faire les 1.000 milliards présumés du budget national par les 250 jours de travail effectif dans l’année et on se retrouve à près de 4 milliards de manque à gagner pour chaque journée chômée et payée. En compilant les bonus pour fête dans l’année, l’Etat béninois est largement en mesure d’éteindre de nombreux foyers de tension au sein de l’administration publique notamment dans les centres de santé publics. De la France, on retient la fameuse journée de solidarité destinée à financer un programme palliatif après la terrible canicule de 2003 (une centaine de morts) sous forme de renoncement à une journée de repos pour les travailleurs. Seule l’émergence verbale est capable d’expliquer pourquoi les Béninois devraient se reposer plus que ceux vers qui leur pays tend la main pour boucler son budget national. Il s’est déjà produit que le gouvernement ordonne la fermeture des bureaux de l’administration parce que le chef de l’Etat a organisé un concert gratuit à l’occasion des fêtes de fin d’année. Toutes ces bandes annonces défilées en bas d’écran des chaines de télévision conviant les citoyens à venir massivement accompagner le chef de l’Etat à un lancement de travaux d’infrastructure, à une visite de chantier ou à un match de gala sont autant d’invite à une désertion des lieux de travail adressée à l’ensemble des fonctionnaires. Le mandat promis à induire une croissance à deux chiffres, à moderniser l’agriculture, à multiplier les industries et mettre les Béninois au travail se mue frénétiquement en un mandat de fête, de mondanité, de bals télévisés pour l’épouse du chef de l’Etat, d’escroquerie et de scandales.

Spécialité : dépenser l’argent qu’on n’a pas gagné à la sueur de son front …

Par Arimi Choubadé
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