La polémique contre le bilan du mandat…

mercredi 24 novembre 2010 par Arimi Choubadé

Un buzz de plus, une polémique de moins ; tant que cela tient les esprits loin du parcours du docteur-président entre 2006 et 2011. Dusse-t-il passer par le pied de nez sur la symbolique du grand roi. Une accalmie sur le front de la Lépi dont les organisateurs sont de plus en plus convaincus de son enlisement. L’émoi provoqué par la disparition de Pierre Urbain Dangnivo qui s’estompe. La résignation grandissante auprès de la grande masse des spoliés des faux placeurs. Banalisation des décès en cascade dans les centres de santé du fait de la grève sauvage et récurrente des infirmiers et des paramédicaux ; indifférence générale des Béninois face au symposium du cinquantenaire annoncé comme l’événement de l’année ; essoufflements des promoteurs de marche de soutien à la poursuite de la Lépi. En clair, le tensiomètre de la Marina montrait une platitude très inquiétante. Faute de grain à moudre, ces impertinents de journaliste pourraient être amenés à s’intéresser enfin à la revue de règne du docteur-président. Une échéance très redoutée.

La raillerie sur le roi précurseur de la modernité du royaume de Danxomé ne pouvait pas ne pas manquer de relancer la machine à polémique un peu trop calme au goût des émergents en cette fin de novembre 2010. Précisément au moment où le grand rival Adrien Houngbédji se livrait à une immersion protectrice sur la terre de sa mère à Abomey justement, la capitale d’où partaient toutes les inspirations de grandeur du célèbre roi Guézo. On ne peut contester à la gourde présidentielle d’avoir réussi a provoqué une sorte d’effet éteignoir sur les échos de la mise en place progressive de l’appareil de l’Union fait la nation, cette fois-ci dans les départements du Zou et des Collines. L’actualité du début de semaine s’est logiquement focalisée sur la désacralisation de la jarre trouée que sur l’intronisation de Séraphin Adimou, l’enfant terrible de la Renaissance du Bénin à Abomey pour y prendre la tête de la coordination de l’Un.

De la provocation ? Certainement. On peut même y ajouter un brin de régionalisme si l’on tient compte de tout le passif du régime à travers son œuvre de partition du pays depuis l’investiture d’avril 2006. Mais la thèse du mépris pour l’illustre souverain parait moins évidente lorsqu’on sait que cette même jarre trouée sert de mascotte au bunker du docteur-président à Tchaourou. On voit bien que le discours déclencheur de l’hérésie n’avait rien de pensé, de réfléchi ou d’intelligent. Il n’y a qu’autour d’une poterie lézardée qu’on peut réunir des boucheurs de trou. Tout homme d’Etat digne de ce nom sait inventer des symboles et des valeurs fortes susceptibles de fédérer les citoyens. Peut-être que le docteur-président ne parvient pas à se consoler d’avoir perdu la bataille des symboles. Pendant que ses partisans et lui-même s’accrochent à un symbole mercantile, bassement matérialiste, c’est-à-dire le cauris (inspirateur des nombreux scandales du mandat), ses adversaires prêchent et font vraiment l’unité et le regroupement.

Ces expédients ne suffisent cependant pas à parvenir à une impasse sur le bilan du mandat. Sans le dire, les paysans volés par des faux placeurs, grands sponsors des actions de propagande du régime du Changement, sont conscients du malheur vécu sous ce règne là. Les hommes d’affaires traqués, pressurés, humiliés ; les travailleurs manipulés à travers des promesses démagogiques ; les milliers de chômeurs instrumentalisés ; tous connaissent par chœur ce bilan que l’on tente de camoufler. Il parait qu’il se résume à deux passages à niveaux et un échangeur en chantier. Pour camoufler cela, toutes les hérésies sont bonnes à prendre pour les émergents.

Les électeurs eux n’oublient pas ce bilan-là…

Par Arimi Choubadé
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