Houédjissin veut être tête de liste à Abomey…

vendredi 26 novembre 2010 par Arimi Choubadé

Un impératif qui vaut quelques sacrifices de la part du présumé descendant de Ghézo. A commencer par une bienveillante condescendance vis-à-vis de l’attaque présidentielle à l’encontre du sacro-saint jarre trouée du célébrissime roi de Danxomè. Du moment où le président Yayi demeure dans la prédisposition de positionner Maxime Houédjissin, en tant que tête de liste dans la 24ème circonscription électorale dont Abomey à l’occasion des législatives de 2011, on peut tout avaler. Y compris une raillerie du symbole à valeur républicaine qu’est le désir d’unité de tous les fils du pays autour de la jarre commune. Si les géniteurs de l’ancien questeur avaient accepté le bradage de ce symbole séculaire pour des accommodements ou avantages du moment, il ne resterait plus rien de Ghézo. Mais lui, il est prêt à ce qu’on fasse disparaitre cette jarre pour la nouvelle de Yayi pourvu qu’au bout du processus, lui se retrouve en posture de siéger à nouveau à l’hémicycle, au poste de questeur, si possible.

C’est sûr que l’agenda de l’ancien premier questeur de l’Assemblée nationale n’a rien à voir avec celui des autres descendants de 9ème roi d’Abomey dont l’œuvre est raillée par le docteur-président en mal d’argument et de crédibilité. Lui, Maxime cherche à renouer avec la cour des grands. Déjà grâce à Yayi il lui est permis de manipuler plusieurs milliards de Cfa dans le cadre des travaux dits de réhabilitation de la ville d’Abomey. De quoi en mettre suffisamment de côté pour aborder la campagne législative sans souci de financement. On voit déjà sur le terrain des choses bizarres à travers l’abyssal décalage entre le taux de décaissement et celui de réalisation. 60% de décaissement contre 18% de réalisation effective sur le terrain. Une technique bien connue dans la localité où les attributions de marché s’accélèrent dès l’approche des élections. On se souvient de comment la précédente tête de liste pour le compte de Fcbe dans cette même circonscription à savoir l’honorable Eloi Aho avait pu bénéficier d’un marché tout aussi consistant à l’approche de la campagne législative de 2007.

La trajectoire personnelle de Maxime n’a été que reconnaissance et dévouement pour le bienfaiteur de l’instant présent. Il n’y a pas si longtemps, il jurait allégeance et contrition éternelle à Houngbédji. Celui-là même qui lui a tendu une main secourable alors qu’il avait été viré de la liste de la Renaissance du Bénin à quelques heures de la clôture des dépôts de candidature à l’occasion des législatives de 2003. Une dette payée au prix d’un zèle compromettant lors de la présidentielle de 2006 où le directeur de campagne de Houngbédji, un certain Maxime Houédjissin a définitivement compromis toute chance de ralliement des houézèhouè à son champion en faisant enfermer le maire d’Abomey, Blaise Ahanhanzo Glèlè alors directeur de campagne du candidat Léhady Soglo dans la région. Cette fois-ci, l’allégeance inconditionnelle est dédiée à Yayi qui a fait de lui conseiller municipal à la suite d’un contentieux abracadabrant. Il a fait également de lui gestionnaire d’un projet de près de 5 milliards pour la réhabilitation d’Abomey.

Houédjissin ne s’est jamais départi de sa légendaire posture d’éternel obligé, déjà avec Nicéphore Soglo lorsque ce dernier l’avait imposé comme porte-flambeau de la Rb à Abomey en 1995 contre toute attente. Une confiance qui lui a procuré 8 années à la première questure de l’Assemblée nationale et une notoriété indéniable. Avant cela, le prétendu descendant de Guézo était tout soumis à ses parrains du Rap qui l’avaient introduit dans le cercle intime de Soglo juste au lendemain de l’après conférence nationale.

Yayi en attendant le prochain bienfaiteur ?

Par Arimi Choubadé
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