Bonification pour Soglo…

mardi 30 novembre 2010 par Arimi Choubadé

De bonheur en bonheur pour Hercule national. Nicéphore Dieudonné Soglo, 76 ans bouclés ce 29 novembre 2010. Un an plus tôt, les Béninois apprennent par la bouche de son principal tombeur à l’occasion de la présidentielle de 1996 que ce fut la référence en matière de gestion des affaires de la citée depuis l’avènement du renouveau démocratique. L’époque des records : croissance économique, production de coton, apport de la communauté internationale. L’âge d’or du pluralisme démocratique d’après la conférence nationale. De l’aveu des principaux acteurs de la vie publique, toutes tendances confondues, personne n’a fait mieux, pas même le général malgré ses deux mandats cumulés. Le bilan de Soglo se bonifie au fil des conneries des émergents. visiblement, l’ancien protégé du maître n’a pas honoré les espoirs portés en lui. Le premier président de l’ère du retour à la démocratie ne compte plus les hommages en référence à son passage au pouvoir pendant que les récriminations pleuvent sur son ancien protégé.

En cette période d’agression tous azimuts sur les repères et les valeurs, on ne se limite plus seulement à des hommages convenus à un ancien président de la République. Désormais, dans un Bénin écartelé entre son Nord et son Sud, les pasteurs escrocs et leurs victimes, un Etat menteur et ses travailleurs en courroux, des jeunes instrumentalisés contre leurs ainés, il n’existe qu’un seul homme pour incarner cette réconciliation des esprits. Un grand cœur qui a accepté cautionner l’alignement de son parti sur la candidature de celui qui l’a fait éloigner définitivement du pouvoir alors qu’il venait de boucler un mandat d’espoir et de résurrection d’une nation en banqueroute. Lui ne se compromettrait pas à travers une marche de soutien à un régime englué dans la négation de l’état de droit, la violation des libertés de fondamentales, les velléités de manipulations des institutions de la République, les tentatives de caporalisation du processus électoral et le vol organisé des deniers publics.

Il demeure l’homme le plus vendable de la classe politique béninoise à l’extérieur. C’est sous son règne qu’un certain Jean Ziegler, député helvétique s’est extasié sur la liberté de ton sur la télévision nationale de l’époque, vraiment ouverte à toutes les tendances politiques même les plus acerbes contre le pouvoir en place. Le Bénin n’était pas déclaré destination à haut risque pour les opportunités d’affaires comme c’est le cas sous les émergents où le sommet de l’Etat s’invite dans toutes les combines, au port de Cotonou, dans les Gsm, dans les faux placements, dans les concours à la douane, à la police ou à la gendarmerie, dans les micro-finances. Pas un seul marché public sans qu’on ne se lèche les babines à la Marina. Ce Bénin de Hercule pouvait accueillir un sommet de la Francophonie, occuper la présidence en exercice de la Cedeao sur deux années consécutives, se targuer de capter l’essentiel de la prime à la démocratie déversée sur le continent dans la foulé des conférences nationales. Rien à voir avec le Bénin émergent qui cumule les mauvais classements de Reporters sans frontières sur la liberté de presse, de Transparency international sur la corruption, de Amnesty International sur les droits de l’homme.

En pleine période de chasse aux symboles après la pernicieuse attaque présidentielle contre la jarre de Guézo, la messe d’action de grâce du 29 novembre 2010 vient rappeler que tout n’est pas perdu dans le pays. Le Nonce Apostolique lui-même célébrant le service œcuménique dédié à Soglo. Une célébration de valeurs et de repères aux antipodes des profanations que charrient chaque jour les esbroufes du régime du Changement. Pas étonnant qu’on n’ait vu aucun des courtisans du docteur-président à l’église Bon Pasteur de Cotonou, ce jour-là.

Il n’y avait vraiment rien pour maculer la célébration des valeurs et des repères …

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/849-bonification-pour-soglo.html

Messages