Archa trouée…

jeudi 2 décembre 2010 par Arimi Choubadé

Des doigts manquants à la réussite de la mission de l’Agence de réhabilitation de la cité historique d’Abomey (Archa). Auraient fait défection au projet le ministère des Finances, l’Agence d’exécution des travaux à haute intensité de main d’œuvre (Agetur) et la mairie d’Abomey selon le Dg/Archa, Maxime Houédjissin. Se plaint-il au passage de l’absence d’engouement de la part de ses autres frères très peu emballés par cette extraordinaire opportunité offerte par le docteur-président considéré comme l’un des mieux disant au sujet de l’urbanisation de la ville historique depuis les indépendances après l’ancien président de la République, Justin Tometin Ahomandégbé. L’ancien questeur a donc préféré le coup de semonce médiatique destiné, parait-il, à rassembler tout le monde autour de son ambition de transformer la cité de ses ancêtres. Conférence de presse, débat télévisé, grogneurs professionnels, encartages dans les journaux, interviews, marches de soutien à la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Tous les moyens sont bons pour s’offrir l’étoffe du meilleur défenseur des intérêts du régime du Changement sur cette terre outrageusement dominée par le clan Soglo depuis deux décennies.

Le pauvre ! Tout descendant de Ghézo dont-il se prévaut, Houédjissin dispose pourtant d’une formule très efficace héritée de son illustre ancêtre qui lui permettait de lancer son appel à l’union de tous les fils d’Abomey : la jarre trouée tout simplement. Évidemment, après avoir publiquement renié cet extraordinaire héritage au profit des lubies de son nouveau mentor, l’ancien questeur ne pouvait plus revendiquer le symbole du rassemblement par excellence. Il lui suffisait d’inviter tous ses frères à venir boucher chacun de ses doigts les trous de la jarre commune. Mais le néo-émergent a préféré le rôle de marchepied pour la nouvelle fable de la jarre neuve proposée par le docteur-président ; la jarre sans trou de Yayi désormais adaptée par Houédjissin n’a logiquement besoin de personne puisqu’il n’y a rien à venir « boucher » collectivement. Grande est la surprise de nombreux Aboméens d’entendre que l’Archa est loin d’être à l’image de la nouvelle jarre de Yayi, refondée, neuve, remplie d’émergence, de croissance à deux chiffres, de révolution agricole ; et qu’à l’instar de celle de Ghézo, elle (l’Archa) comporte de gros trous : lenteur dans les décaissements, chantiers bloqués, querelles de légitimité, suspicions de détournements, accusations mutuelles.

Que l’Archa soit trouée ou neuve, c’est presque mission impossible pour son Dg de réaliser l’entente sacrée des Aboméens autour de lui. Comment faire oublier cette fameuse délégation de princes d’Abomey partie faire allégeance au chef de l’Etat, contestant à leur propre frère, l’ancien ministre de l’Intérieur, Armand Zinzindohoué son droit à la défense condamné à l’avance, en violation du principe de présomption d’innocence ? C’est encore lui, Dg/Archa, authentique descendant de Guézo qui a cautionné la remise en cause de l’héritage de son ancêtre. Lui également qui a guerroyé de toute son énergie avec l’objectif principal de dépouiller le conseil municipal issu de la volonté des Aboméens de tous ses attributs, un conseil municipal dont-il est pourtant membre. On l’a vu en compagnie de repris de justice ayant mis à mal la tranquillité des citoyens à plusieurs reprises lors d’une marche de soutien au chef de l’Etat. Pas facile de concilier l’image de celui qui est prêt à tout aliéner y compris les intérêts de ses frères pour son nouveau patron politique avec celle du rassembleur autoproclamé de ces mêmes frères « trahis » autour de travaux de réhabilitation qui a tout l’air d’une propagande d’avant-présidentielle.

Ces trous révélés de Archa, peut-être la manifestation de la colère de l’ancêtre…

Par Arimi Choubadé
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