Koukpaki en panne sèche ?

vendredi 3 décembre 2010 par Arimi Choubadé

La magie du surdoué a vécu. L’époque où le super ministre inamovible transforme en or tout ce qu’il touche. Le redresseur des bévues émergentes voire présidentielles semble désormais renvoyé dans ses petits souliers. Koukpaki peine à aligner d’autres exploits à son palmarès depuis sa fameuse prise de pouvoir à la tête d’un machin dont les Béninois ne se souviennent même plus de la dénomination. La dernière prouesse remonte à la maestria avec laquelle il a su remettre les enseignants dans le sens des salles de classe après les grèves de mars 2010 alors que son patron avait littéralement craqué face à la détermination des grévistes. Le gouvernement Yayi venait ainsi de confirmer son démineur en chef capable de désamorcer toute sorte de tension. Quel ne fut le bonheur de ces milliers de victimes des faux placeurs dès qu’il a été annoncé que c’est désormais Pascal Irénée Koukpaki, vice-président en puissance, qui se chargerait de la liquidation du dossier. À peine si certains n’avaient pas grillé des dizaines de cierges en son honneur après sa promesse de procéder aux remboursements dès octobre, en prélude à la rentrée scolaire.

Des faux placements justement. Aussi curieux que cela puisse paraitre, le déclin voire la panne du grand Pik se révèle au grand jour concomitamment avec l’émoi provoqué par la proximité du sommet de pouvoir et les escrocs acquis à la propagande du régime. 100 milliards de pris auprès des ménages parmi les plus miséreux du pays sur près 4 ans sans que le coordonnateur de l’action gouvernementale, technocrate typique, banquier hors pair n’y trouve que du feu. Surtout lorsqu’on sait que le gourou de toute l’arnaque est analphabète au premier degré, incapable de lire une écriture comptable, et qui propose à ces concitoyens de taux de placement d’argent avoisinant les 200%, et se fait recevoir à la présidence de la République, se paie régulièrement la compagnie de ministre, de proches parents du chef de l’Etat, de députés, des marcheurs et d’organisateurs de meetings en l’honneur du docteur-président. Toute cette pagaille pendant que Koukpaki était là.

Si seulement on pouvait connaitre la part de Icc-Services et consorts dans le virage du ministre d’Etat au point de le convaincre à prendre les commandes d’un micro parti dont la légitimité politique reste à prouver puisque ne disposant d’aucun élu pratiquement. On le croyait pourtant bien parti pour mettre de l’ordre dans ce grand bordel d’Etat des faux placements. Il prend la tête des opérations, lance un vaste recensement des victimes sur toute l’étendue du territoire national, multiplie les séances explicatives à la télévision, promet le remboursement des victimes. C’est vrai que sa thèse sur la complicité des déposants et la prétendue responsabilité de leur entourage respectif dénotait déjà d’un mélange complexe et inaudible. Puis plus rien. Octobre est passé, la rentrée avec sans que Koukpaki ne retrouve sa superbe. Pire, le grand Pik traverse toute la tempête de la disparition de Pierre Urbain Dangnivo sans chigner. Se sent-il désormais à l’image de tous les autres émergents, compromis, en manque de confiance, préoccupés par la fin de règne ou carrément en perte de repère ? État de disgrâce confirmé par l’enlisement de la grève des paramédicaux malgré la reprise de service du spécialiste gouvernemental en matière de déminage des tensions sociales. Il ne lui reste qu’à s’investir dorénavant dans l’activisme qui sied à son nouveau statut de président de parti : meetings, marches, prières.

Place au Koukpaki nouveau…

Par Arimi Choubadé
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