Les Ivoiriens aussi avaient confiance en leurs sages !!!

lundi 6 décembre 2010 par Arimi Choubadé

Un Conseil constitutionnel ivoirien à l’image de la Cour constitutionnelle béninoise : 7 sages présumés, inamovibles, seul juge électoral pour les législatives et les présidentielles par excellence dont les décisions sont insusceptibles de recours. Autre similitude de grande importance, sur les bords de l’Ebrié, les 7 saints sont tous teintés Fpi, parti de Laurent Gbagbo tandis qu’au bord du Nokoué on les estampille Fcbe, regroupement politique de Yayi Boni. Un paysage politique non moins comparable avec une majorité présidentielle d’un côté face à une grande coalition de l’opposition. La méthode Gbagbo n’a pas manqué d’inspirer des émergents à travers l’exportation de quelques trucs du genre « jeunes patriotes », des contre-manifestants lancés à l’assaut des marches d’opposants. De nombreux collègues de ce fonctionnaire du ministère des Finances, Pierre Urbain Dangnivo, sont convaincus que leur mobilisation exceptionnelle autour de sa mystérieuse disparition depuis plusieurs mois est la parade idoine pour empêcher que prospèrent à Cotonou et partout au Bénin des « escadrons » de la mort à l’instar de ceux qui ont endeuillés beaucoup de familles ivoiriennes sous le règne d’un certain Gbagbo Laurent.

À chaque exploit de Robert Dossou et de ses collègues, la propagande répète inlassablement que tout bon démocrate devrait s’incliner face à des décisions des juges. Voilà que l’ensemble de la communauté internationale dans un élan unitaire rétorque aux Ivoiriens que leurs sages n’ont de sages que leur inféodation à un maître qui les a faits et nommés. Les adversaires du régime du Changement n’ont certainement pas tort de récuser les juges de la Cour constitutionnelle du Bénin tous désignés par Yayi. Il y a vraiment danger qu’on puisse compter parmi les juges de la constitution, chargé du contentieux électoral, d’anciens candidats à des législatives, d’anciens ministres, de militants et courtisans proches du chef de l’Etat candidat à sa propre succession. Exactement comme lors des présidentielles ivoiriennes de 2010. On connait la suite. Un président de la Cour constitutionnelle, Paul Yao N’Dré littéralement transfiguré à l’annonce de la défaite de son mentor. La Cour de Dossou a déjà averti dans une de ses décisions qu’elle n’accepterait jamais que la Commission électorale nationale autonome (Cena) se hasarde à projeter la moindre tendance sur le vote.

Il est question d’être légaliste. Soit ! Que dire de la prestation du super juge ivoirien sur la Radio télévision ivoirienne (Rti) quelques heures seulement après la proclamation des résultats provisoires par le président de la Commission électorale indépendante (Cei) ? On veut bien savoir la nature juridique du rejet systématique de la proclamation de la Cei en direct du journal parlé. A moins qu’on nous explique que le président à lui tout seul vaut toute la Cour et que le délibéré peut avoir lieu sur un plateau de télévision. Ce juge qui fait annuler près de 13% des suffrages exprimés pour déclarer un vainqueur qui gagne avec moins de 3% d’écart. Comment ne pas penser alors à la déclinaison programmée d’un dessein formulé depuis le choix de ces sages précisément par le mentor-président ? Cette confiance en leurs sages à conduit les Ivoiriens à être la risée du monde entier. Heureusement que le dol électoral n’a pu être totalement consommé parce qu’il existait fort justement un bémol à l’inamovibilité des « sages » ivoiriens à savoir la « certification » de chaque étape du processus par le Représentant de l’Onu en Côte d’Ivoire. Les Béninois ne disposent malheureusement pas d’une telle garantie de contreseing de la communauté internationale alors que s’annoncent des législatives et présidentielles mal engagées et arbitrées par des juges tous issus de la famille politique du chef de l’Etat, candidat à sa propre succession. Tout n’est peut-être pas perdu puisque la constitution a prévu la désobéissance à un ordre manifestement illégal et illégitime.

Il faut plus que des cierges pour conjurer le clash à venir…

Par Arimi Choubadé
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