Tout le monde sait ce qui va se passer en 2011…

mardi 7 décembre 2010 par Arimi Choubadé

De cette insidieuse communion entre la justice électorale et le pouvoir dit du Changement. Ou encore de cette faculté du pouvoir à anticiper sur le secret du délibéré des juges électoraux surtout de la Cour suprême et de la Cour constitutionnelle. Il ne s’agit pas d’un nouveau canular anti-Yayi mais de faits connus avec pour point de départ les municipales de 2008. A l’origine, le fameux arrêté ministériel interdisant l’installation de certains conseils municipaux en violation de la loi sur la décentralisation qui préconise cette procédure après la proclamation des résultats par la Commission électorale nationale autonome (Cena) sous réserve des contentieux dévolus à la Cour suprême. Arrêté finalement rapporté après une fronde parlementaire sur le sujet. L’Etat-Fcbe s’est ensuite chargé d’exécuté l’ordre illégal par le truchement d’une violence de rue tolérée et encadrée par gendarmes et policiers dans toutes les communes pré-identifiées à cet effet. Et comme dans un mauvais film, la Cour suprême vient angéliser tout cela par des délibérés à polémiques sur la base de procédures qui défient toutes les règles de droit. Plusieurs conseils municipaux continuent d’en trainer les séquelles plus de deux ans plus tard.

Les prévisions émergentes homologuées après coup par des juridictions arbitrales ne s’arrêtent pas aux municipales de 2008 et à la Cour suprême. On se souvient de cette forte proclamation de Yayi dès 2009 sur son refus préventif de faire organiser les élections de 2011 sans la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) alors que la loi n’avait pas encore été votée et que son camp se trouvait en ultra minorité à l’Assemblée nationale. Une vision que l’on retrouve étrangement partagée par les 7 sages de la Cour constitutionnelle dans une décision rendue en 2010 et qui réprouve toute perspective d’aller à ces scrutins de 2011 sans l’instrument chéri du chef de l’Etat bien que tous les spécialistes aient prédit et répété que cet fichier électoral ne saurait prospérer avant l’échéance. On sait désormais par la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale qu’il existe d’autres prédictions présidentielles beaucoup plus effroyables à savoir la volonté de cogner des députés et de faire couler du sang. Aux juges du contentieux électoraux de faire réaliser ses autres vœux si chers au docteur-président pour qu’il aille personnellement les porter à Rosine Soglo à domicile.

Le cap est bien là, fixé et artistiquement balisé par le docteur-président. Tout se met en place progressivement pour y parvenir. Obstructions au parlement grâce à la paire constituée du président Maturin et la présidente de la Commission des lois du parlement, Hélène Aholou Kèkè ; impasse sur les lois électorales malmenées par les rejets successifs de la Cour constitutionnelle ; corps électoral non convoqué à moins de trois mois des scrutins ; mystère autour du budget consacré aux élections ; absence de fichier électoral ; indisponibilité de la Cena… Le projet de déflagration générale semble suffisamment peaufiné et n’attend que d’être poursuivi. Les détraqués envoyés à l’assaut des manifestations publiques des militants Abt à Abomey, à Natitingou et ailleurs, de l’Union fait la nation, des syndicats et même des organisations de la société civile sans oublier ceux qui ont agressés impunément des élus locaux en 2008 n’ont certainement pas dit leurs derniers mots. Ce n’est donc plus un mystère qu’il ne reste au pouvoir que de l’adversité à vendre et à revendre. Les émergents sont conscients de devoir rendre compte des 100 milliards volés au petit peuple avec leur bénédiction. Ils doivent expliquer aux Béninois ce qu’il est advenu de l’argent du contribuable dilapidé et détourné à travers les nombreux scandales politico-financiers. Dans un contexte où tous leurs alliés des premières heures ont claqué la porte. L’unique salut pour eux, une pagaille à l’ivoirienne (un couvre-feu électoral, dualité institutionnelle, violence).

Le docteur-président peut rajouter son joker de prédilection, l’article 68 de la constitution…

Par Arimi Choubadé
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