Les ordinateurs qui font peur à la Marina…

jeudi 23 décembre 2010 par Arimi Choubadé

« Un ordinateur, un étudiant et un accès internet ». Le gourou en chef de la Marina semble avoir perdu le sommeil depuis l’énoncé de cette ambition contenue dans le discours d’investiture du candidat unique de l’Union fait la nation. Amos Elègbè ne décolère pas d’avoir manqué de le suggérer à son champion durant tout le mandat en fin de cycle. Lui, grand conseiller du chef de l’Etat, capable de prédire la guerre civile en 2011, n’a pas été en mesure de se rendre compte de l’importance d’un ordinateur et d’un accès internet pour un étudiant, à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication. C’est vrai qu’à la Marina, les ballets incessants des faux placeurs d’argents, des pasteurs affairistes, des chefs traditionnels corrompus, des femmes instrumentalisés ne laissent pas suffisamment de temps pour penser étudiants-ordinateurs-internet ; même pour un enseignant de profession reconverti en griot de tous les régimes, quels qu’ils soient.

Visiblement, le vœu de projet contre projet à l’occasion de la présidentielle de 2011, formulé par de nombreux Béninois, est raté. Le projet de l’Un est là, articulé et présenté par son capitaine, au sujet de l’arrimage des campus du Bénin à la modernité. Mais en face, le contre-projet rime avec les humeurs de courtisans hantés par la perspective d’une fin de mandat lamentable. Le camp Yayi, à défaut d’avoir imaginé un nouveau projet pour le monde estudiantin, pourrait commencer, au moins, par faire le bilan de leurs actions en la matière. En commençant, par exemple, par dire aux étudiants de ce qui en est du don de sang présidentiel dans la lutte contre la corruption. Le sommet de la Cen-Sad, le financement de la propagande du régime par l’argent des faux placeurs d’argent, l’achat des machines agricoles, la Sonapra et bien d’autres actes caractéristiques de corruption au sommet de l’Etat sont passés sans que le docteur-président ne perde la moindre goutte de son sang.

Amos est bien placé pour dire aux étudiants où en est le projet de 5.000 ordinateurs à déverser sur le campus dans la foulée de l’organisation du sommet de la Cen-Sad. Le guide Libyen, sensé être le généreux donateur de ces ordinateurs est effectivement venu à Cotonou pour ce sommet (qui n’a laissé que de mauvais souvenirs aux Béninois), et a eu droit à son show grand public au stade de l’amitié de Kouhounou, mais point d’ordinateur, plusieurs années plus tard. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un guide fantasque venu d’ailleurs mais d’un présidentiable national qui rêve de voir les étudiants entrer de plein droit dans la modernité. Surtout que l’ambition révélée de Houngbédji le 18 décembre 2010 exprime une forte volonté politique de voir chaque étudiant doté d’un accès internet et d’un ordinateur. « Nous le ferons méthodiquement et progressivement, à partir de la prochaine rentrée…. », a-t-il complété. Nulle part, il n’a été question de cargaisons de matériels informatiques prêtes à être déversées sur les campus, par une opération du saint esprit, dès la victoire de l’UN. Après le projet exprimé, la gouvernance effective prend le relais. Tout le contraire de la marque déposée du Bénin émergent qui pose les actes d’abord avant de réfléchir par la suite.

Tout le monde a remarqué l’aphonie des « yayistes » au lendemain du 18 décembre 2010. C’était facile pour eux de se plaindre du manque de propositions concrètes de la part des opposants. A présent que le capitaine UN en a déversé un torrent de propositions, le pouvoir fait carrément l’« opposant » en manque d’alternative crédible. Le ton de la campagne des émergents est a nouveau réaffirmé et se résume à un refus obstiné de préparer la présentation du bilan. Le projet politique du rempilage se limite finalement à la critique voire la raillerie de la vision de l’adversaire.

5 ans de plénitude du pouvoir d’Etat pour en arriver là…

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Par Arimi Choubadé
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