Yayi et sa fausse Lépi…

jeudi 20 janvier 2011 par Arimi Choubadé

Il croyait tenir le graal, la potion magique capable de lui assurer le maintenir à la Marina pour un second mandat ; il se retrouve, en définitive, avec un instrument dont les vertus restent à prouver. La célébrissime Liste électorale permanente informatisée (Lépi) ? Juste un document comportant quelques informations personnelles sur des citoyens. Des noms saisis dans un ordinateur servant de base à la délivrance des cartes d’électeur. Rien de bien révolutionnaire, tout cela. De tous les temps, à l’occasion des élections précédentes, la Commission électorale nationale autonome a toujours commis des dizaines d’opératrices de saisies pour archiver ses données. A Arifari Bako et les siens de nous démontrer en quoi ces listes saisies par le passé par la structure en charge de l’organisation des scrutins diffèrent du gris-gris que sa Cps traficote depuis bientôt deux ans. Peut-être une vaste opération destinée à berner proprement le docteur-président. Puisqu’il la voulait sa Lépi et rien d’autre, on lui en a fabriqué une, même si cela ne servirait pas au dessein pour lequel il était destiné, en tout cas, dans l’entendement des émergents.

Impossible d’obtenir la révolution présumée au 27 février 2011 dans les bureaux de vote. Matériellement, les données biométriques enregistrées à grand renfort de gesticulations médiatiques sont pratiquement invérifiables lors du scrutin de la présidentielle et législatives 2011. Il est clair que lors du vote de février-mars-avril aucun bureau de vote ne pourrait être théoriquement équipé d’un quelconque matériel de vérification d’empreintes digitales. Tout devrait se dérouler comme auparavant, de cette époque que Yayi, Cps et autres partenaires techniques et financiers ne voudraient plus revivre. Malheureusement, ils s’étaient donnés tout ce mal, parfois au péril de la paix sociale, pour aboutir que l’on compte les bulletins de vote de façon manuelle, archaïque. Exactement comme cela se faisait au moment où on déplorait les bourrages d’urne, les votes multiples, les déplacements frauduleux des urnes et autres manipulations des résultats. Personne ne verrait les traces des ordinateurs de la Cps et de la Mirena aux abords des bureaux de vote au cours de ce processus. Parce que, malheureusement pour les émergents, Robert Dossou et ses amis ont oublié d’exiger le comptage électronique des suffrages exprimés. Finalement, Yayi se verrait livrer une Lépi vidée de sa principale substance à savoir l’informatisation de tout le processus c’est-à-dire le mécanisme sensé favoriser des trucages d’experts au profit du régime.

Comme consolation, les rentiers n’avaient plus qu’a déposé au pied du docteur-président (lui aussi floué) le somptueux trophée des centaines de milliers d’électeurs potentiels, malicieusement, laissés en rade au bout du processus. A défaut de lui offrir l’ingénieuse manipulation électronique créditée de la faculté de le déclarer vainqueur de la présidentielle dès le premier tour, au besoin, le docteur-président devrait se contenter des otages exclus du processus électoral. Un raccourci trop tiré par les cheveux, et qui semble ne pas satisfaire les prétentions de la Marina. D’où l’apparition du joker le plus effroyable qu’on pouvait imaginer à savoir l’éventualité d’un report des élections. Tout dépend finalement de l’appréciation que feraient les gourous du pouvoir sur l’ampleur des exclusions d’électeurs. Son évaluation serait déterminante dans la stratégie visant à provoquer ou pas une prorogation du mandat présidentiel au-delà du 06 avril 2011. Avoir menacé de provoquer la guerre civile, de ne pas faire organiser les élections, ou avoir ouvertement appelé à un report des élections, le tout au nom de la Lépi, pour en arriver à une telle impasse devrait constituer une infamante frustration pour l’équipe au pouvoir.

Il voulait la Lépi ou rien, il l’a eu sa Lépi, pour rien…

Par Arimi Choubadé
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