Le bilan était donc « faux » ???

vendredi 21 janvier 2011 par Arimi Choubadé

Sacré Montcho ! La sentence de l’ancien ministre de Yayi est sans appel : le prétendu bilan du régime serait une grotesque imposture. Un concert de proclamations aussi prétentieuses les unes que les autres. Ainsi, les émergents auraient réalisé plus que tous les autres régents du pays en 50 années cumulées. Yayi meilleur donc à Maga, Soglo, Kérékou et tous les autres réunis. Vérités célébrées en boucle sur les chaînes de médias sous contrat mais malheureusement incomestibles pour les contradicteurs du système qui réclament des preuves de ces exploits présumés. Montcho, lui, dit ouvertement n’avoir rien compris à l’exercice du devoir de compte rendu du gouvernement au palais des congrès de Cotonou. Une messe interne exclusivement réservée aux courtisans dans un exceptionnel numéro d’autosatisfaction. Le citoyen non rentier de l’émergence ne connait de ce bilan que les extraits médiatiques, reprenant, tous en chœur, les exposés lénifiants de ministres s’auto-évaluant. Sans aucune possibilité de vérification indépendante.

Quelques questionnements audibles de l’ami Montcho permettent néanmoins de relancer le débat. Comme par exemple le mutisme du pouvoir sur les raisons du déménagement sur Lomé au Togo voisin de la représentation locale du Fonds monétaire international ; de l’obligation faite au chef de l’Etat de se déplacer lui-même au siège des institutions financières internationales à Washington aux Etats-Unis d’Amérique pour négocier, chaque année l’approbation d’une lettre de confort pour le budget général de l’Etat ; du gel du Programme d’investissements publics au titre de 2010. Le taux réel du taux de croissance autour de 2%, la contradiction entre l’autosatisfaction et les rapports très peu flatteurs sur l’exécution des différents budgets exécutés par le pouvoir depuis son avènement. Et puis, ce récurrent problème sur l’absence de document fondateur de l’action gouvernementale pouvant faciliter le bilan en fin de mandat. A ce sujet, l’ancien ministre Montcho est catégorique : il soutient ne pas connaitre le programme de départ du gouvernement, pire, ne disposer d’aucun document sur le pseudo bilan.

Dans les détails, on voit bien que la mission des ministres exposants lors de la kermesse-bilan est de proclamer l’« exceptionnel » parcours (sans le prouver) de leur champion, le plus-que-Dieu, pour certains. Pour les besoins de la campagne, il fallait incruster dans l’imaginaire collective qu’il est le meilleur de tous les temps, meilleur même que son mentor naturel, Dieudonné Soglo. Ainsi, sur le rayonnement international du Bénin par exemple, Yayi avec son sommet de la Cen-Sad à fort relent de détournement, de surfacturation, de scandales, aurait fait mieux que Soglo et sa présidence en exercice de la Cedeao sur deux années consécutives à l’issue d’un sommet à Cotonou , la visite du Pape Jean Paul II au Bénin et le prestigieux sommet de la Francophonie. Même en faisant dégringoler les tonnages de la production de coton, Yayi serait toujours meilleur que Soglo qui a pourtant fait du Bénin le deuxième producteur en Afrique avec des productions record. Il parait que le docteur-président aurait acheté plus de machines agricoles que ces prédécesseurs ; surtout que l’achat de ces engins a enrichi plusieurs de ses compagnons et que leur impact sur le terrain se limite à leur entassement désordonné dans des casernes de gendarmerie ou des places publiques à la merci des intempéries. Pauvre de l’argent du contribuable.

De la crédibilité de ce bilan royalement boudé par le principal concerné à savoir le chef de l’Etat. Une brève apparition à l’ouverture du jamborée quelques heures seulement avant de prendre un avion. Le bilan de Yayi s’est fait presque sans Yayi lui-même, naturellement parce qu’il savait qu’aucun des intervenants n’oserait faire entorse au scénario convenu.

L’inconvénient est que Montcho et ses amis unionistes ne sont pas convaincus…

Par Arimi Choubadé
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