La Lépi-plus-que-Dieu…

lundi 24 janvier 2011 par Arimi Choubadé

Quand la Lépi passe, constitution, lois électorales, majorité parlementaire trépassent. Etrange, la saga électorale dessinée par la Cour constitutionnelle de Robert Dossou pour 2011. La sulfureuse Liste électorale permanente informatisée ou ce qui tient lieu est prévue pour être dévoilée en pleine campagne électorale. Pour une toute première fois, au Bénin, depuis 1990, le pays entre en campagne sans qu’on ne connaisse ni les électeurs encore moins les candidats. Tous les délais constitutionnels et légaux ont volé en éclat parce que les 7 membres de la Cour constitutionnelle veulent de cette liste, en échos à une exigence du chef de l’Etat. Plus donc de délais pour l’installation de la Commission électorale nationale autonome (Cena), le dépôt des candidatures, la disponibilité du répertoire des électeurs et les autres étapes du processus électoral. Aux sages, tous désignés par Yayi, de dire si l’extensibilité des délais s’étend jusqu’au délai de fin mandat du chef de l’Etat et la sacralité de la prestation de serment du 06 avril 2011, au nom toujours de cette Lépi.

Dans les faits, il n’existe plus de loi qui gouverne l’organisation de deux scrutins de 2011 en dehors de la prodigieuse intelligence des sages et surtout des fantasmes du président de la Cps/Lépi, Arifari Bako. Ce dernier à lui tout seul est plus que la loi. Comme il lui est permis de différer la portée légale de la disposition exigeant un délai de 120 jours avant la date du scrutin pour l’achèvement du fichier « ultramoderne » promis en se proposant de ne livrer cet instrument que le 15 février 2011 pour une élection convoquée pour le 27 février soit 12 jours avant, au lieu des 120. Plus aucun autre délai constitutionnel ne tient d’ailleurs face à la Lépi. La constitution prévoit une déclaration de candidature à la présidentielle un mois avant le jour du vote, or 12 jours avant (15 février 2011), Bako n’aurait attribué la qualité d’électeur à aucun Béninois, condition pourtant exigée pour être candidat. Avant d’être présidentiable, il faut jouir de son droit de vote c’est-à-dire être inscrit sur la liste électorale. Mais Bako peut en décider autrement. N’est-ce pas lui qui préside à la confection de l’instrument à qui les sages de la Cour ont désormais conféré tout pouvoir même celui d’inverser les règles légales et constitutionnelles ?

Si la Lépi est plus que tout (la constitution, les lois, le parlement), son métronome plane sur la République, soumise à ses humeurs. Ainsi, sa précieuse Lépi, il avait décidé la rendre opérationnelle le 31 décembre 2010 avant de proroger, lui-même, ce délai jusqu’au 15 février 2011, presque unilatéralement, sans l’avis des autres acteurs du jeu politique national. Rien ne l’empêche de décaler l’achèvement de sa mission « divine » de salut national pour avril, mai, décembre 2011 ; pourquoi pas en 2012 ou en 2013 ? On est jamais à l’abri d’un coup de vent. Et puisque les sages ont juré que jamais on ne ferait des élections dans le pays sans cette Lépi, autant allumer des cierges et implorer Bako pour qu’il daigne rendre enfin sa copie dont il est, d’ailleurs, le seul à apprécier la fiabilité et la crédibilité. Une hérésie démocratique dont l’architecte demeure la Cour constitutionnelle qui est grossièrement passée de la posture de garant du droit existant à celle d’inventeur de droit. Ses membres sont les détenteurs exclusifs de la science et du droit. Leur infaillible expertise leur a permis de canoniser un fichier électoral dont eux-mêmes ignorent tout. C’est cet illustre inconnu qui est sensé corriger tous les dysfonctionnements de la vie électorale que le pays a connu depuis l’avènement du renouveau démocratique. Il n’y a que des sages de l’émergence qui soient capables d’ériger leur absolue ignorance sur une Lépi en une incontournable vertu.

Tant pis si Roger Ahoyo et Nourou Dine Saka Saley n’y comprennent rien…

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Bako se moque du peuple. Il pense que nous ne savons pas qu’il travaille pour yayi. En faite la stratégie est simple. Moins d’électeurs dans les zones favorables à l’opposition= moins de voix pour Houngbedji et ABT. Mais bako se trompe. Tout calcul fait au moins l’un des deux sera second tour . Yayi aura des problèmes au second tour car il se fait du mal en excluant beaucoup d’électeurs dans la DONGA favorable à abt. Il se laisse baiser par bako et tchabi. Ils sont en train de tricher. Mais leur docteur-plus-que-dieu-président, Complice des escro des épargner du peuple . Les bannis de la république, ne pourra rien contre la volonté de DIEU LE TOUT PUISSANT . BASTA.