Il fait les routes mais voyage en hélicoptère !!!

mardi 25 janvier 2011 par Arimi Choubadé

A s’interroger sur pourquoi le docteur-président ne quitte presque jamais son hélico, et que les somptueux carrosses affectés à son escorte ne servent qu’à le transborder des points de chute de son appareil volant vers les lieux de jamborée, généralement à quelques mètres de distance. Lui dont on dit qu’il a réalisé plus de route que tous ces prédécesseurs depuis 50 ans et est réputé pour être très attaché à ce souci de tout suivre par lui-même sur le terrain préfère finalement les voltiges incommodantes pour les populations survolées en permanence. Renonçant aux délices de rouler confortablement sur les nouveaux milliers de bitume émergents prétendument posés. On pensait qu’il allait se donner le temps et l’opportunité de les tester un peu sur le modèle de cet insolite gestuel du président de la République, dans un exercice de torsion de buste, très acrobatique, afin de toucher de ces doigts l’asphalte surchauffé sur le tronçon Pokè-Kétou avec pour impresario de circonstance, sa très belle ministre du commerce, native du coin, la pimpante Christine Ouinsavi.

Pour sa part, le maire de Ouidah a d’ores et déjà exonéré le docteur-président de la corvée d’une virée par la route dans sa localité. D’abord parce que l’accès est un véritable parcours du combattant. Moins de 40 km de Cotonou parsemé de nids de poule et de crevasse de toute dimension. En 5 années, le maire Séverin Adjovi jure la main sur le cœur n’avoir pas eu le privilège de recevoir, sur son territoire, le moindre mètre linéaire bitumé ou pavé. Ville d’origine de la première dame, elle-même issue d’une prestigieuse famille Chacha de Souza dont les clôtures de la maison ancestrale, très visitée par les touristes, n’a pas reçu la moindre couche de badigeon depuis l’avènement du régime dit du Changement incarné par son époux adoré. Même ostracisme pour toutes les communes situées le long de la dorsale en dégradation chronique, Akassato-Bohicon (Allada, Tori, Toffo, Zogbodomey et Bohicon). On peut multiplier les exclus à l’instar de ceux desservis par Parakou-Djougou, Porto-Novo-Igolo, Porto-Novo-Pobè, Parakou-Bembèrèkè, Ouidah-Lokossa, Banikoara-Kèrou-Natitingou etc…

Où diantre se trouvent donc alors les innombrables ouvrages qui méritent cette campagne à la limite de l’humiliation des anciens présidents qui n’auraient rien fait pratiquement en 50 ans contrairement au messie de Tchaourou qui en 5 ans aurait pulvérisé tous les recors de réalisations ? Deux passages à niveau et un échangeur valent-il la négation des trois splendides ponts sur la lagune de Cotonou, le Palais des congrès, le Centre international des conférences, le Novotel, les monuments du festival culturel Ouidah 92, le stade de l’amitié, la traversée Carrefour Béninoise-Carrefour Godomey, Cotonou-Porto-Novo, Cotonou-Parakou, Cotonou-Porga etc…Ne parlons pas des Pgud qui a permis la réalisation de milliers de kilomètres de pavé dans les villes à statut particulier, et les autres projets d’assainissement des villes secondaires que sont Ouidah, Bohicon, Natitingou ou Lokossa. Des réalisations chiffrées et quantifiées contrairement aux proclamations purement propagandistes enregistrées à la foire-bilan des émergents. Rien que le besoin d’évasion aérienne du docteur-président est un aveu de ce qu’il y a trop de misère, de souffrance, bref de mal vivre dans nos contrées. Il lui faut être toujours plus haut en traversant les localités du pays afin de ne pas se faire rattraper par les complaintes des victimes des faux placeurs amis du régime, la détresse des femmes réduites en insolvabilité après l’octroi des micro-finances clientélistes et démagogiques, la misère des inondées, le calvaire des jeunes chômeurs. Si seulement le docteur-président pouvait entendre tous les jurons qui fusent à chaque passage de son oiseau de fer lorsque ce dernier porte atteinte à l’intimité, à la quiétude des populations voire à la sacralité de certains sanctuaires ancestraux.

Yayi, descends !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/877-il-fait-les-routes-mais-voyage-en.html

Messages

  • RAS. Tu es le meilleurs et ce qui me fascine chez toi c’est que tu es resté égal à toi même pendant les 60 mois du yayisme. Tu n’a pas bouger d’un iota de ta ligne éditoriale. Very good.

  • Arimi,

    J’ai toujours admiré la chute de tes éditoriaux. Mais aujourd’hui tu as frappé fort : YAYI Descends ! C’est tout un programme. J’ai aimé.

    • J’ai toujours savouré tes écrits. J’ai déja une fois formulé le souhait que tu puisses configurer ton blog de sorte à nous permettre de partager tes chroniques avec nos amis. Merci d’y réfléchir.
      Je te suggère de réaliser une compilation de ces éditoriaux, de les produire en un document afin de le mettre à la disposition de tout le public béninois.Tu pourrais l’intituler "YAYI, du trimphe à la chute" car je crois et j’espère vivement que nous allons tourner sa page dans les prochains jours.

    • Arimi, Merci de nous régaler de tes éditoriaux. On se délecte et on peut même affirmer que ta plume est d’or. Je reprends à mon compte, les suggestions de mes deux prédécesseurs à savoir formater ton blog de façon à nous permettre de partager tes écrits avec des amis et compiler le tout dans un opus. Sois vigilant s’il te plaìt. J’ai séjourné au pays pendant un mois. Les nouvelles ne sont pas bonnes. Il paraîtrait que la garde du Docteur-président regorge de togolais rompu aux techniques d’assassinat et d’enlèvement et que Dangnivo aurait trépassé suite à leur zèle. Fais attention à toi et que Dieu te protège.

    • Merci Arimi,
      Je prends a mon compte la proposition de mes predecesseurs. Pense surtout a compiler tes editoriaux de l’ere Yayi et trouve une titraille qui accroche veritablement : "Yayi, du sacre a la chutte" comme l’a suggere l’autre compatriote n’est pas mal. Je sais que tu sauras trouve quelque chose qui comble l’attente.
      Pour en revenir a Yayi et son pouvoir, j’ai crainte pour le pays. La fete en l’honneur des forces armees par exemple me parait une demonstration de force pour prevenir toute initiative tendant a contester les resultats au cas ou il usurperait. La facon dont cela est projete, concu et annonce sans le moindre concours de la representation nationale me laisse croire qu’il voudrait tenir ce corps de notre societe comme sa chose privee. Mais tenons ferme. La dessus, je voudrais en appeler a toutes les forces progressites et democratiques de notre pays pour barrer la route a tout predateur de cette trempe. Et donc je crois que d’ici a la, la hierarchie militaire beninoise elle meme, avec toute la lucidite qu’on lui connait, prendrait sur elle l’initiative d’une declaration publique pour repreciser sa position, son role, sa neutralite en se desolidarisant de tout acte tendant a l’instrumentaliser. Pourquoi ne pas craindre en effet ?
      A consulter le registre de l’humanite, on se rend compte que c’est souvent par de tels actes anodins que commence la legitimation de la dictature et autres pouvoirs liberticides. Rien, mais alors rien ne justifie une telle decision a l’heure actuelle. Meme la date n’est pas une coincidence heureuse. Il faut donc craindre, rester vigilant et tenir ferme.
      Certains de nos compatriotes de la diaspora avec qui j’ai souvent le plaisir d’echanger ont craint au depart, vu les agissements de notre "Messie koi Bare Koule", que les elections presidentielles ne s’organisent chez nous cette fois-ci. D’autres ensuite ont pense qu’elles ne se feraient pas a bonne date. Pour ma part, je continue de me laisser convaincre de ce que Yayi veuille s’imposer comme President de la Republique. Mais comme je l’ai dit, tenons ferme pour qu’au soir des elections celui des candidats qui ne sera pas elu ne nous dirige.
      Une fois encore merci a toi Arimi. Dieu te protege.