Le 27 février 2011 de tous les désordres…

jeudi 3 février 2011 par Arimi Choubadé

Admirez le cocktail en préparation pour le 27 février 2011, estampillé Cour constitutionnelle-Bako-Yayi. Un tour dans les centres d’affichages des fichiers provisoires pour avoir un aperçu de ce jour promis de premier tour de présidentielle 2011. Le méli-mélo artistiquement mis en place étale toute sa splendeur. Il suffit de voir le désarroi sur les visages de pétitionnaires ayant régulièrement subi toutes les étapes du processus de réalisation de la Liste électorale permanente informatisée mais qui ne retrouvent aucune trace de leurs noms. Aucune autorité mandatée pour indiquer clairement comment mettre de l’ordre dans ce capharnaüm ; que les abondantes déclarations soporifiques du coordonnateur de la Commission politique de supervision de la Lépi, Arifari Bako pour animer le paysage médiatique. Selon lui, tout va bien, même si grâce à quelques tours de prestidigitation des sages de la Cour constitutionnelle, il n’existe plus de lois électorales, pire, plus de constitution. La personne de Bako est la seule et unique garantie pour l’organisation des élections au Bénin.

De sorte que la Cena peut fixer la date du dépôt de candidature au 05 février en violation de l’article 44 de la constitution qui stipule clairement que « nul ne peut être candidat s’il :…ne jouit de tous ces droits civiques et politiques… ». L’un des éléments fondamentaux de ce droit susmentionné est l’inscription sur une liste électorale. Or, à cette date du 05 février, Bako ne sait pas encore à qui il daignera accorder le droit de vote. Le 31 décembre 2010, comme il l’avait annoncé dans un premier temps ? Le 15 février ? Ou le 21 février ? C’est-à-dire 6 jours avant la date des élections. Au coordonnateur Cps/Lépi de trancher. Pour l’heure, il se délecte de la psychose des milliers de ces compatriotes sous la menace d’une privation du droit de vote. Il ne se cache d’ailleurs pas pour dire à certains d’entre eux que la messe est dite et qu’il faut attendre une hypothétique dialogue politique pour les voir revenir dans le jeu après le scrutin de 2011. Bako a dit !!! Tant pis si ces exclus doivent payer pour les dysfonctionnements liés aux grèves des agents recenseurs et opérateurs de kits, aux aléas climatiques, à la défectuosité des appareils affectés aux opérations, aux difficultés d’accès de certaines zones du pays, etc…

Au vu de ce qui se profile, il y a certainement pire que les centaines de milliers d’électeurs privés de vote. On connait à peu près le déroulement de la journée du 27 février 2011, pour avoir vu comment les éminents experts de la Mirena et de la Cps ont procédé aux précédentes étapes du processus à savoir la cartographie censitaire, le recensement porte-à-porte et l’enregistrement biométrique. Pas besoin d’être un devin pour s’attendre à ce que des électeurs, bien que nantis de leurs cartes d’électeur, ne puissent pas retrouver leurs bureaux de vote ; que le matériel électoral soit acheminé dans un désordre indescriptible surtout dans des zones particulièrement ciblée ; que des régions entières ne puissent pas participer au scrutin du fait d’une logistique désastreuse. En clair, cela relèverait du miracle que tout se passe bien le jour-là, dans un contexte où les innombrables décisions de la Cour constitutionnelle ont réussi à vider les lois électorales de toute leur substance.

Aux états-majors d’imaginer ce jour de vote, ce spectre d’une journée-cauchemar, où des gens en furie doivent parcourir plusieurs bureaux de vote sans parvenir à accomplir leur devoir citoyen à la fermeture des lieux, au nom d’un fichier électoral inconnu de tous, y compris de ses réalisateurs. C’est cela le 27 février 2011. Inutile de rajouter une semaine, deux semaines, un mois ou même un an supplémentaire. Tout est faux et concourt vers le scénario catastrophe destiné à plonger le pays vers l’aventure et l’incertitude.

Rendez-vous le 27 février donc !!!

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Yayi s’est préparé à cela. Il suffit de lire la lettre du continent du mois passé. Il a commandé beaucoup de matériels pour les gendarmes et la police pour mater la population en cas de marche de protestation.. Ils ont préparé leur machin depuis le début. S’ils continuent ils marcheront sur des cadavres pour aller prêter serment. Car personne, je dis bien personne ne m’empêchera de voter. Que leur lepi soit près ou pas que mon nom sorte de leur kit ou pas je dois voter ou personne ne le fera dans mon quartier. C’est un droit et je vais l’arracher si on refuse de me le donner. Basta.