La conscience de Dossou…

mardi 22 février 2011 par Arimi Choubadé

Il rend la justice, interprète la constitution, est garant du bon fonctionnement des institutions, veille à la régularité des élections, fait faire des constatations et proclame les résultats, tout cela selon sa conscience. Edifiant, le magistral cours de droit constitutionnel de papy Robert Dossou, sur la télévision nationale, le 20 février 2011. Il lui fallait faire quelques réglages nécessaires en prévision de la vague anti-cour constitutionnelle qui se prépare après l’exclusion de plus d’un million de Béninois des fichiers électoraux. Leçon N°1 : qu’on n’aille pas troubler sa majesté dans sa quiétude par de « bruyantes audiences ». Cela peut valoir de fâcheuses déconvenues policières à tout contrevenant, qu’il soit doyenne d’âge de l’Assemblée, députés, ancien président de la République voire exclus du processus électoral. En résumé, la nouvelle République du Bénin émergent est assise sur deux concepts cardinaux : la conscience de Robert Dossou et sa quiétude. Deux principes à valeur plus que constitutionnelle. Constitution, lois, électeurs exclus des listes, majorité parlementaire, présidentiables, aux citoyens de s’y adapter. Ce n’est pas donné à tout le monde d’incarner la légitimité, l’autorité, la crédibilité, le visage même de la démocratie.

Cette sacrée conscience du juge suprême qui décrète qu’il y a urgence de désigner les démembrements de la Commission électorale nationale autonome (Cena), même s’il faut faire cogner des députés au sein de l’hémicycle par des gardes surexcitées. La tenue du premier tour de la présidentielle le 06 mars 2011 serait d’une exigence quasi biblique. La conscience de Dossou s’accommode parfaitement de la violation du délai d’installation de la Cena et de ses démembrements, de celui de la mise à disposition de la liste électorale, de celui du dépôt des candidatures. La campagne électorale est lancée sans que la liste des électeurs ne soit connue ; il a été permis d’enregistrer les actes de candidature sans que les intéressés ne puissent prouver leur qualité d’électeur comme exigé par la loi dont sa majesté, le juge suprême prétend être le garant. Il a oublié d’énumérer, au cours de son exposé subliminal, les lois susceptibles d’être violées. Tout ce qu’on sait, c’est l’infranchissable mur du 06 mars pour le premier tour de la présidentielle en l’absence de fichier électoral, de démembrements de la Cena, de cartes d’électeur disponibles et surtout d’un climat politique apaisé.

La conscience de Dossou est sauve lorsqu’il refuse de recevoir une délégation des représentants du peuple. Il ne souhaite pas être perturbé par une descente, en ses lieux de travail, de la doyenne d’âge de l’Assemblée nationale. De la même manière qu’il a horreur des revendications de milliers d’exclus du processus électoral par la faute de la sélectivité de sa cour par rapport aux violations des lois et de la constitution. Les Béninois devraient s’en tenir à ce que font les juges et non aux délais contenus dans les lois et la constitution. Et surtout se garder d’importuner le président des sages par des commentaires désobligeants. A la seule différence que la réalité n’a que faire des états d’âme du métronome autoproclamé de la démocratie béninoise. Cette réalité-là est celle à l’origine de l’imbroglio autour du répertoire des électeurs. Les sages selon leur conscience ont exigé la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) tout en ignorant tout de ce que Bako a officiellement remis au président de la Cena le 20 février 2011. Que dire de ce spectacle ubuesque des candidats aux trousses de citoyens dont on ne sait pas s’ils obtiendraient leurs cartes d’électeurs ou pas, au 21ème anniversaire du renouveau démocratique ? Passons sur l’oubli de la Cour constitutionnelle de faire former ses propres délégués sur le terrain avant le démarrage de la campagne électorale. Selon sa conscience.

Une conscience « au pied du mur ou dans le mur »…

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Il y a une semaine, Maître Robert DOSSOU, grandissime Président de la Cour Suprême et prestidigitateur en chef de notre Pays, répondant au journaliste André DOSSA de Canal qui demandait son avis par rapport à la floraison des TEE-shirts malgré leur interdiction par la loi électorale, affirmait qu’il ne lui était pas possible de situer la période à laquelle les habits-là étaient fabriqués. Don acte. Pour moi, c’est simple. Voir la facture et la quittance de règlement de la TVA ; vous voyez bien que ce n’est pas sorcier, ce n’est pas compliqué, et cela ne devrait pas l’être pour quelqu’un de si expérimenté et si brillant.
    Mais, lorsque les mêmes tee-shirts portent le n° 10, il ne me semble pas compliqué de savoir, à moins que nos amis aient réussi depuis un an ou plus à connaître la position du plus-que -Dieu Boni YAYI, Docteur et plus grand professeur- je veux bien savoir où il a enseigné -sur le bulletin unique, à quelle période précise les caquettes et tee-shirts ont été confectionnés.

    DOSSOU est vraisemblablement le Paul YAO NDRE dont nous n’avons pas besoin ici au Bénin.
    Dieu, le Créateur du ciel et de la terre et non-plus-que Dieu qui avant le début de la campagne a déjà dépassé toutes les limites des dépenses permises dans le cadre d’une élection et circule à plein régime en hélicoptère. On dirait qu’il détient un appareil à faire du fric. Quel banquier atypique.

    • C’est l’argent de ICC Services. Zinzindohoué, Lawani, Amoussou ne sont pas des déséquilibrés revanchards comme on veut nous le faire croire. Topanou devrait à son tour prendre la parole. Les déboires que Yayi fait traverser au Bénin doivent s’arrêter ici. En tout cas, il est candidat au nom du ciel et c’est au nom du ciel qu’il échouera car Dieu aime le Bénin, d’un amour sincère, pas propagandiste.

  • C’est pitoyable que des gens qu’on a pris l’habitude d’aduler en viennent à tomber si bas. J’en ai le moral dans les talons. Yayi Boni aura au moins réussi sur ce régistre : abrutir ceux que nous avons encore d’intello dans le pays, je devrais dire nos intello qui se sont laissés apâter. Pouah...De toute façon, à quoi cela sert-il d’être intello quand on a la cervelle si maléable ?