Les chasseurs le jour… les militaires la nuit...

mercredi 23 février 2011 par Arimi Choubadé

C’est bien dans une ville du Bénin, Parakou, précisément, qu’une horde d’individus enguenillés s’est offerte une parade de barbares armés de fusils modernes, dans les rues. Le 20 février 2011. En pleine campagne électorale. Ville dans laquelle séjournait pourtant le chef de l’Etat, et pour la réélection de qui les fusils ont été sortis des brousses. Des fusils bariolés de ses affiches, en effet. Curieusement, dès la nuit tombée, à plus de 400 km de là, à Cotonou, ce sont des soldats en uniforme de l’armée nationale, à bord de véhicules militaires officiels qui mettent en branle une vaste opération de destruction des affiches géantes du candidat Adrien Houngbédji. Faut-il rappeler que ce même jour, en der des ders, l’ancien candidat malheureux Fcbe aux législatives de 2007 devenu président de la Cour constitutionnelle, faisait admirer, sur le plateau de la télévision nationale son infinie puissance sur la démocratie béninoise ; lui, l’omnipotent et impérial président, à différencier de la Cour constitutionnelle, institution de la République.

Autre jour, autre décor. Cotonou, en plein jour, et une manifestation des opposants contre l’exclusion de plusieurs centaines d’électeurs de la liste électorale confectionnée dans le cadre de la présidentielle 2011, le 21 février. Instant choisi par le tonitruant commissaire central de Cotonou, Louis Phillipe Houndégnon pour délivrer son cours d’instruction civique sur les bonnes manières en période de campagne électorale. Il prétend avoir lu quelque part que les manifestations publiques seraient interdites au cours de la campagne électorale. Malheureusement, qu’en face, il n’y avait pas que des ignares, manchots, encaisseurs, incapables de la moindre réplique. Un député, Tidjani Serpos, en l’occurrence de lui rétorquer que les manifestations dont il s’agit dans la loi concernent celles qui ont un caractère culturel ou traditionnel susceptibles de troubler l’ordre public. La campagne électorale est la période par excellence des manifestations à caractère politique. Le très brillant commissaire aurait dû interpeller ses collègues de Parakou qui ont permis à des prétendus chasseurs traditionnels d’arborer des accoutrements de terreur dans les rues. L’événement aurait dû être rangé dans la catégorie des manifestations culturelles traditionnelles puisqu’il s’agirait de chasseurs traditionnels. Or les armes exhibées à la place Bio Guerra, ce jour-là, n’ont rien de traditionnels. Il s’agit bien d’armes à feu dont la sophistication ne souffre d’aucune contestation. Dans ce cas, leurs détenteurs devraient avoir obtenu au préalable des permis de port d’arme. Bien que cela ne leur donne pas l’autorisation de les exhiber à une réunion politique de soutien à une candidature.

Point n’est besoin de conjecturer trop longtemps sur la volonté du docteur-président et de ses amis de n’admettre aucune contradiction sur la place publique. Les miliciens en armes déployés dans tous les départements du septentrion, des militaires à l’assaut des affiches de campagne des adversaires, des policiers lancés aux trousses des manifestants soutenant les exclus du processus électoral, des gardes envoyées cogner des députés de l’opposition en plein hémicycle, le refus de s’assoir à la même table de négociation que les candidats de l’opposition... L’Etat-Fcbe entend s’accrocher à ses privilèges quoi que cela puisse coûter au Bénin et à sa démocratie chèrement acquise. Surtout dans un contexte où les extras de la Cour constitutionnelle ont fait voler en éclats la plupart des dispositions constitutionnelles et légales en matière électorale. Où les institutions se confondent à l’individu (la Cps/Lépi à Arifari Bako, la Cour constitutionnelle à Robert Dossou, l’Assemblée nationale à Maturin Nago, la police nationale à Louis-Phillipe Houndégnon…). Une course pour la réélection au bout du fusil, de la force, de la violation des textes républicains…de la dictature, tout simplement.

Il veut conserver le pouvoir, sinon…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/896-les-chasseurs-le-jour-les.html

Messages

  • Ce n’est jamais sans une petite pointe de jalousie que je lis les papiers comme celui-ci-dessus. En me disant : « Avoues !, toto, toi tu n’aurais pas trouvé cet angle d’aborder le sujet… Tu n’aurais sûrement pas fait ces parallèles saisissants, ces comparaisons aveuglantes… »
    Mais je me régale, heureux que dans mon pays, malgré l’abêtissement ambiant, il subsiste encore des gens pour écrire ce qui est juste et bon, avec une écriture juste et belle. Ma conviction est d’ailleurs faite depuis longtemps sur la question : le talent ne devrait se mettre au service que de ce qui est juste et bon. Quand ce n’est pas le cas, on voit toujours qu’il y a quelque chose qui cloche. Voyez Robert Dossou, président de la Cour constitutionnelle, qui pour d’obscures raisons quand même faciles à deviner, s’est englué dans des contradictions, des incohérences et – horreur suprême !!! – dans le viol à répétition de la Constitution, dont il est pourtant censé être le gardien. Quand il a cru devoir s’expliquer – horreur inédite !!! pour un président de la Cour constitutionnelle – sur les critiques sans ménagements dont il est l’objet de toutes parts, on a bien vu que tout son talent de brillant avocat, ne lui ont servi à rien.
    Même le moins averti de ses compatriotes a estimé qu’il n’avait rien dit de convenable. La preuve est donc faite : le talent, pour être lumineux comme le vôtre, mon cher ami, ne peut être au service que de ce qui est bon et juste.
    Bon courage. Et à l’occasion, va sur mon site : « Signetlf.com ». J’y essaie d’apporter ma pierre à l’édifice.
    Merci.

    • Bonjour à Arimi et à TLF,
      Lorsque deux esprits se rencontrent, la lumière illumine l’horizon. J’admire la beauté de vos plumes.
      Continuez de tenir la lumière pour ceux qui veulent continuer d’avancer vers le progrès. Je suis d’accord avec TLF, "Le talent ne devrait se mettre au service que de ce qui est juste et bon"
      MERCI

    • Merci Arimi de nous régaler une fois encore de tes chefs d’œuvre. Ton angle d’analyse est pertinent. Malgré les pressions et intimidations de tout genre, il y en a qui comme toi, ne veulent pas sacrifier le génie pour tout l’or du monde, surtout lorsqu’il vient polluer l’inspiration et on peut s’en orgueillir.

      Tout le monde est coupable de ce qui nous arrive :

      1) Les journalistes de Golfe TV, de l’ORTB et de bon nombre de journaux qui ont signé un pacte inique avec le pouvoir pour endoctriner le peuple, foulant au pied le precepte selon lequel le journaliste n’est pas seulement un informateur, mais un éducateur et un formateur.

      2) Les pseudo intellectuels, ceux-là mêmes qui croient prendre leur revanche sur l’histoire en s’arrogeant le droit d’appauvrir le peuple en se sucrant sur son dos ; ils sont légions dans le système et ne pense qu’à défendre ce que leurs salaires d’universitaires, de petits fonctionnaires ou même de chômeurs ne leur ont jamais permis d’avoir.

      3) La Haute autorité de l’audio-visuel et de la communication pour avoir délibérément fermé les yeux sur les dérives d’un média public financé par les contribuables pour les endoctriner. Lorsque je vois Théophile Nata apparaître à la télévision, plusieurs questions me taraudent l’esprit. Voilà un monsieur qui fut successivement professeur à la Faculté des Lettres, ambassadeur du Bénin en Algérie, ministre de affaires étrangères, ministres du développement rural, député (Assemblée nationale et vice président du Parlement Panafricain). Partant de l’hypothèse selon laquelle pour se faire embobiner ou manipuler il faut obtenir ce dont on est dans le besoin et que le statut social ne permet pas. De quoi manque-t-il aujourd’hui que ces différent postes ne lui ont pas donné ? l’argent, la gloire ou les deux ? Lorsque je regarde l’ORTB, j’ai honte d’être béninois, d’avoir parcouru toutes ces années pour retomber dans un endoctrinement béat et bête, digne d’un autre pays, d’une autre époque (époque stalinienne). Sur cinq éléments présentés quatre nous parlent des sorties du timonier national, du père de la nation, de celui sans qui le Bénin ne serait pas. Les membres de la HAAC ne regardent-ils pas la télévision nationale et Golfe TV ou l’histoire serait-elle entrain de begayer au Bénin ?

      4) ceux qui ont envoyé ou soutenu la candidature de Robert Dossou à la Cour constutitionnel. Voilà un monsieur qui se complait dans un passé n’ayant pas prise sur la réalité. Il n’a jamais rien fait pour le Bénin. Il s’était tout le temps employé à malmener les étudiants dont le seul crime était de s’engager dans l’activisme du PCD (Thérèse Waounwa, cette jeune brave dame qui, mue par une conviction, a contribué à l’avènement du renouveau démocratique a essuyé sa hargne). Ce faisant, Robert Dossou a trahit son activisme au sein de la FEANF. Deuxième épisode : pendant la Conférence nationale, alors que les participants s’étaient levés pour chanter l’Hymne national ( pour imposer la souveraineté de la Conférence), Robert Dossou était resté assis, manquant d’égard pour l’un des symboles de la République. Troisième épisode : sur une émision interactive qui passait à la radio (ORTB), Robert Dossou s’attribuait la paternité de la conférence nationale, le Président Kérékou avait promptement réagi. Il avait demandé à Robert DOSSOU ce qui suit : "si vous mourez, irez-vous au paradis ou en enfer ?" Bien evidemment la question du Président Kérékou était restée sans réponse. Robert Dossou était certes un avocat brillant, peut-être un professeur doué. Aujourd’hui rien ne prouve qu’il l’est et qu’il le reste. Nous payons le prix de l’avoir choisi comme président d’une institution clé de l’arsenal institutionnel démocratique béninois. Ce faisant nous lui avons offert une tribune pour se venger de tous ceux qui l’avaient empêché de faire sa volonté. Les questions que j’ai adressées à Théophile Nata valent aussi pour Robert Dossou. Est-on sage lorsqu’on ne cherche qu’à se venger ?

      5) Celai fait au moins dix ans que la Haute Cour de justice est installée. Quel est son bilan ? pourtant ce ne sont pas des scandales qui manquent. C’est encore une preuve que l’argent du contribuable sert à engraisser les retraités. N’est-ce pas là un asile de rêve créé pour assurer la retraite du Professeur Holo qui en retour renvoie bien l’ascenseur à Yayi en aidant Dossou Robert à dire la politique au lieu du Droit ?

      6) Que cherche encore Tévoèdjrè en politique ? ancien fonctionnaire international, ancien rapporteur de la conférence nationale, lui qui a diné avec le Pape et serré la main à Kennedy n’a plus besoin de rien. Pourquoi ne part-il pas ?

      6) Lorsque vous prenez les présidents d’institutions au Bénin, en dehors de l’exécutif et du législatif, elles sont présidées par des gens qui s’auréolent d’un passé qui n’a rien à voir avec les réalités d’aujourd’hui. Est-ce à dire qu’il n’y pas de jeunes aussi brillants et doués que ceux-là capables de faire le travail ? A mon avis ils ne sont pas les seuls habitants du quartier latin de l’Afrique. N’est-il pas temps de renouveler cette génération ?

      En somme, il y a un prix à payer pour tout y compris pour la liberté. Les tunisiens et les égyptiens l’ont montré, les libyiens ne sont pas du reste. Ce prix ne serait pas de trop pour les béninois qui ont toujours innové. S’ils arrivaient à résister au terrorisme intellectuel de la pseudo élite et à démanteler la dictature du pouvoir de Yayi Boni, les béninois seraient les premiers à montrer à leurs frères de l’Afrique subsaharienne que la démocratie est une conquête permanente et jamais un acquis. Bon courage à mes Frères, sœurs et parents et que la démocratie soit une quête perpétuelle au pays de Toffa, de Gbêhanzi, Bio Guerra, Kaba, Séro Kpéra pour que se bonifie notre patrie commune !

    • Honnêtement, mon pays regorge toujours et il faut s’en féliciter de gens de valeur, valeur intellectuelle, valeur morale et j’en passe. Je commençais, en toute sincérité, à avoir honte de mon pays, le Bénin. Est-ce la démocratie ? Non. Une vraie machine de fraude où la LEPI pourrie serait supérieure à la Constitution qui dispose que le vote est un droit inaliénable.
      BAKO est un apprenti sorcier que j’ai connu à l’Université. Il était un indicateur du Parti de la Révolution Populaire du Bénin. Par exemple, il a dit que la LEPI n’était pas encadrée pour une échéance électorale ; la suite, sans commentaire. En fait de ratissage pour son dernier acte, il n’y a rien eu. Moi, je suis allé, à plusieurs reprises au point indiqué. Il n’y avait personne. Lorsque, pour finir, des journaux crédibles nous informent que c’est autre chose qui a été remise au vieux Gnonlonfoun, à la place de la LEPI et que, depuis le dimanche, il y a eu des substitutions successives, il est facile de faire l’amer constat d’une mise en scène moyenâgeuse que notre Peuple qui a tant souffert ne mérite pas.
      Du courage.

    • Merci pour les fleurs, Pacha
      Pour ce qui me concerne, je reste convaincu que le jour viendra où l’honnêteté, l’intégrité, la compétence redeviendront des valeurs cardinales chez nous. Les jours des médiocres, fanfarons, prévaricateurs, lâches et autres incompétents sont donc pour moi comptés.
      Mais veuillez ne pas compter sur moi, mon cher Pacha, pour les plaindre. Je le ferai quand j’en aurai le temps. C’est-à-dire peut être jamais. Parce que durant tout le temps où l’anormal a été la norme, ce n’était nullement agréable pour les gens convenables de raser les murs, alors que les bandits et les médiocres tenaient le haut du pavé. Ca va être bien leur tour de raser les murs.
      Et pas parce qu’on les y contraindrait, mais tout simplement parce qu’ils ne mériteraient vraiment pas autre chose.
      A bientôt.
      TLF

    • MERCI Wolou

      Vous apportez de l’eau à mon moulin BAKO ! Je n’arrivais pas à faire le lien avec Kérékou.
      JE VAIS CRIER HAUT et FORT >> ATTENTION le Vieux BRISCARD de Kérékou est dans l’OMBRE de THOMAS YAYI BONI. Qui l’aurait cru ? J’avais occulté ce lien de ma mémoire >Université> BAKO> PRPB ! = BALANCE. Pour une Histoire de Régionalisme : NORD contre le SUD. ARIMI ? Je viens de recevoir un Doc Qui met à nu ce Mécanisme Régionaliste qui date de 1972. Et voilà pourquoi Yayi ne s’en cache plus. Une fois encore Merci Wolou. Voici mon Mail, pour recevoir une copie de ce Doc. Ventilez-le comme vous pouvez. Je n’ai plus rien à PERDRE. Quand j’avais fini l’Université en 1977 avec Diplômes en Poche, je n’ai JAMAIS pu Intégrer LA FONCTION P UBLIQUE pour servir humblement mon Pays. >Cause= Sudiste. J’ai fait mes armes Universitaires sans aucune aide de l’Etat. « Je ne savais ni ne connaissais la Couleur d’une Bourse d’Etudes ». J’ai quitté Cotonou, le 28
      Novembre 1971 pour n’y retourner après 18 ans, en Juillet 1989. Kérékou m’avait donné RDV plusieurs fois au palais sans me recevoir. Toujours un empêchement de dernière minute.
      Le reste, je ne peux même pas lui en tenir rigueur. C’était un pauvre type que j’ai fini par découvrir, et il en était conscient que je SAIS… Chaque rares fois que mes pas me conduisent vers le Bénin, c’était mon tour de l’EVITER. Ilé ni KOU woua= C’est de chez toi que ta propre Mort est programmée (Tu es vendu en premier par tes proches) TRISTE réalité. Je le SAIS. J’en aurais à dire un jour.

      Merci à TOUS
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      azizaman41 chez gmail.com

      Philosis