Yayi ne se cache même plus…

lundi 7 mars 2011 par Arimi Choubadé

Le démenti sur la bêtise de Bassila n’interviendrait peut-être jamais. De ce show clanique et régionaliste de ministres, députés et hauts commis de l’Etat, tous originaires du nord, prétendument en mission de mobilisation communautaire contre les « autres ». Envoyés, disent-ils, pas le chef de l’Etat enrayer le péril des « gens » de là-bas (du sud) qui ambitionnent de confisquer la Marina pour 50 années. Confirmation magistrale de Yayi lui-même, sur la chaine internationale, Rfi. Le chef de l’Etat affirme, se référant à l’Union fait nation, que c’est un regroupement de « gens » qui prêchent que, pour être président de la République, il faut être originaire du sud. Le mépris vis-à-vis de ces fameux « gens » rythme bien la rhétorique, aussi bien présidentielle que celle de la mystérieuse mission Saka Lafia dans le nord. Le ministre disait à Bassila que les prétentions de confiscation du pouvoir par le sud sont consignées par un document écrit « noir sur blanc » sans autre forme de précisions sur la nature du texte. Le projet de société de l’Un ou le discours de candidature de son candidat unique ? La prestation du docteur-président lui-même sur Rfi en rajoute à la manipulation à travers des accusations graves, avec des références à des pogroms postélectoraux à l’instar de celui du Kenya, sans en apporter les preuves. Au moins, le docteur-président-candidat ne pourra plus prétexter de ne pas être au courant, comme à son habitude, de ce activisme dégoutant aux relents régionalistes dont lui-même en a fait les échos dans les médias internationaux.

Icc-Services alors ? On a vu cette fougue emphatique du docteur-président-candidat à développer la thèse du délit de proximité. Son challenger, candidat unique de l’Un, serait coupable d’être originaire du même village que l’un des principaux responsables du scandale des faux placements d’argent. Adrien Houngbédji, plus coupable (par son origine) que la première dame, marraine ou représentée à l’occasion des activités de propagande au profit du régime, financées par les escrocs. Encore plus coupable que le président de la République qui a reçu les arnaqueurs en audience officielle et qui s’est rendu au siège même de leur sale entreprise – ne parlons pas du mémorandum non démenti de l’ancien ministre de l’Intérieur, Armand Zinzindohoué soutenant avoir rencontré le N°1 de la machine malfaisante au domicile de son chef d’alors. Plus coupable également que le ministre de la Défense qui a réceptionné pour le compte du gouvernement du matériel roulant au profit de la gendarmerie nationale. Plus coupable que tous les autres proches du chef de l’Etat qui s’exhibent à toutes les manifestations payées avec l’argent des pauvres spoliés.

Yayi a fait plus fort que relayer dans la presse internationale ce qu’on croyait être des radotages de petits garnements en position de rentiers obligés. Chef de gouvernement d’un Etat de droit avec séparation nette du pouvoir qui se vante, aux yeux du monde, d’avoir enfermé des citoyens après être informé d’une situation. Le chef de l’Etat fait procéder à des arrestations, des perquisitions, des interrogatoires en dehors de toute procédure judiciaire et en réclame des dividendes électoralistes dans les médias internationaux. En quelques minutes, tout est ainsi dit sur les dérives autocratiques sous le Changement. Affirmations sans preuve, amplifications de rumeur, violation du principe de la séparation des pouvoirs. Bref, l’option du sommet de l’Etat de privilégier la polémique et l’exacerbation des clivages ethniques ne souffre d’aucun doute. Et lorsque Yayi tonne sur Rfi : « je ne permettrai pas cela », on voudrait bien en savoir davantage. Est-ce une obstruction préméditée de la prise de pouvoir selon le vœu malicieusement imputé à l’Un c’est-à-dire d’un président originaire du sud ?

Question au docteur-président-candidat ???

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/904-yayi-ne-se-cache-meme-plus.html

Messages