Qu’est-ce que les Béninois lui ont fait ???

mardi 8 mars 2011 par Arimi Choubadé

Le malheur d’avoir plébiscité un homme à hauteur de 75% de l’électorat. A l’heure du bilan, le modèle a perdu jusqu’à son âme, jusqu’à sa constitution. En lieu et place du texte fondamental et des lois, c’est désormais la voix d’anciens courtisans du régime qui compte. Le destin national évolue suivant leurs humeurs et leurs états d’âme exactement comme à l’époque du roi mage. La vérité des sages de la Cour constitutionnelle contre celle de la constitution elle-même. Tant pis si des gens qui votaient depuis 50 ans perdent subitement leur droit de vote ; si pour la première fois de l’histoire du renouveau démocratique, le premier tour d’une présidentielle subi plusieurs reports ; si tous les délais constitutionnels ont été pulvérisés ; si le cas Bénin s’inscrit dorénavant dans les rangs des régimes malades de l’Afrique. Juste parce que les citoyens ont commis la bêtise de croire aux boniments du banquier venu de Lomé en 2006 avec pour tout argument, la promesse d’émergence économique, de croissance à deux chiffres, de lutte contre la corruption, de respect des institutions, d’industrialisation et de mécanisation agricole.

Qu’est-ce que les Béninois ont fait à Yayi pour mériter que leurs champs de coton connaissent des profondeurs jamais atteintes depuis près de deux décennies ? Pour que la prévenance exceptionnelle du chef de l’Etat envers des faux placeurs (audiences à la présidence de la République accordées aux escrocs, visites au siège même de l’activité de faux placements d’argent) ait amené de pauvres incrédules à se faire déposséder de leurs épargnes ? Pour que des collaborateurs à lui parmi les plus fidèles soient envoyés cultiver la fibre régionaliste dans les départements du nord du pays auprès des populations ? Pour que son gouvernement ferme les yeux sur plusieurs mois de grève dans les hôpitaux suivis de dizaines de mort ? Pour que son équipe ait été autant secouée par des scandales politico-financiers ? Pour que le Bénin soit passé du 23ème rang au 72ème du classement de Reporters sans frontières ? Pour que le pays s’enfonce, chaque année davantage, dans d’autres classements d’organismes internationaux comme Transparency international pour la lutte contre la corruption, Amnesty-International pour le respect des libertés fondamentales ? Pour qu’il autorise l’envoie des chars d’assaut contre des manifestants ? Ils ont cherché, ils ont trouvé !

Comble du cynisme, c’est le docteur-président qui se plaint d’avoir perdu du poids durant la campagne électorale. Ces soi-disant 45 kg de perdu seraient beaucoup plus important que la privation du droit de vote à des centaines de milliers de citoyens au point d’être inscrit au débat national. Plus important que la disparition d’un haut fonctionnaire du ministère des Finances, Urbain Dangnivo. Il lui fallait choisir entre la sauvegarde de sa ligne pour sa douce épouse et le rempilage. Peut-être est-il en quête d’un nouveau mandat par amour pour son peuple comme on l’entend dire lors de ces meetings itinérants. Un amour si fort qu’il a préféré jeter toutes ses forces dans le soutien à la réalisation de la maudite Liste électorale permanente informatisée ayant permis d’exclure plus d’un million de Béninois du processus électoral sur près de 10 ans. Le clou de l’auto victimisation est survenu au détour d’un de ses lyrismes endiablés implorant la pitié sur sa personne. La pitié ? Lui ? Pour quelqu’un qui gagne en un mois les salaires cumulés de près de 400 enseignants de lycée ? Son gouvernement n’avait éprouvé aucune pitié vis-à-vis des patients en souffrance dans les centres de santé pendant les grèves sauvages sans service minimum du personnel de santé. On peut se demander à quel moment précis, le locataire de la Marina a eu pitié de ses compatriotes. Un brin de contrition l’aurait empêché de faire emprisonner Fagbohoun, Clément Gnonlonfoun, Adovèlandé et les militants Abt ; les parents des tués de Djidagba de décembre 2008 auraient obtenu justice depuis lors.

Ils l’ont cherché à 75%, il les a eus à 100% !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/905-qu-est-ce-que-les-beninois-lui-ont.html

Messages

  • Seigneur, pardonnez-nous, pauvres pécheurs maintenant et à l’heure de notre mort. AMEN !

  • IL NE FAUT PLUS SE VOILER LA FACE pour dire, prétendre sauver la Paix.
    Toutes les analyses en fonctions de mes données, recoupées à celles de diverses sources tant du Bénin que de l’extérieur, me conduisent à la même conclusion d’IMPASSE sans RETOUR. (J’y reviendrai dans une lettre ouverte).
    Le brave peuple Béninois, dans son élan profond de changement, n’a pas su discerner, la Vile IMPOSTURE qui l’engloutirait. Je plaide non-coupable pour le PEUPLE.
    Cordialement,
    Philosis

    • ah ! tout est si bien dit que je ne sais quoi ajouter.... l’analyse étant on ne peut plus claire et pertinente, n’en déplaise au thuriféraires du régime (pour la plupart opportunistes et néophytes- à l’exception de quelques vieux briscards (Amos) que l’opinioin ne prend plus au sérieux, avec ses réguliers changements de vestes)..... Mais ma conviction est que le Peuple qui s’était trompé ne manquera pas de sanctionner le "pape du changement" qui a cru abuser de leur confiance en un réel changement, voulu et désiré par les populations. Ils en sont tellement conscients qu’ils ont échaffaudé ce "satanique" plan de réalisation d’une LEPI sur mesure qui n’a de sens que pour ses géniteurs. mais la voix du peuple est la voix de DIEU. La sentence sera sans appel au soir du 13 mars, si les "faucons" d’en face n’inventent de nouveaux scénarii pour noyer leur défaite annoncée. QUE DIEU NOUS EN PRESERVE... Shangodele

  • Nos frères béninois ont tout simplement commis l’erreur d’oublier en 2006 le viel adage qui dit ceci : "l’excès en toute chose nuit". En effet, depuis mars 1991, les béninois ont toujours élu leur président de la république avec un score en deça de 60%. Je ne sais quelle mouche les a piqués en 2006 pour ainsi plébisciter un illustre inconnu des joutes électorales au bénin. Etait-ce tant l’antipathie pour Adrien Houngbedji ou la bêtise collective de tout le reste de la classe politique qui s’est simplement et rapidement rangée derrière cet intrus qui ne connaissait pas les règles de la maison. Mal leur en a pris. Le chatiment subi par les béninois est tout simplement à la mesure de leur naïveté pour ne pas dire à la mesure de l’inconséquence de leur classe politique. Souvenons nous de la réaction de la classe politique française lorsque le Pen est arrivé au second tour de l’élection présidentielle française face à Chirac. Ici, nous avons tout simplement oublié que lorsqu’on ne sait pas ou l’on va, il faut se souvenir d’où l’on vient.

  • C’est la Xénophobie de certains Individus du Nord, qui leur a fait perdre la Dignité en EUX.
    Ceci date depuis les années 1972. Thomas Yayi Boni, a fait TOUT EXPLOSER au grand JOUR

    Ce sont des malades en PUISSANCE. Mentalement déréglés. Des Complexés.

    Je vais me coucher. Repos bien mérité pour la Journée.

    Philosis

  • Bonjour
    je pense que c’est un bon article qui nous reconforte, nous qui ne savons en ce moment où donner de la tête. Et comme vous l’avez dit, il a promis (le docteur-président), il apromis disait-je mettre le pays à feu et à sang et son rêve est entrain d’être réalisé, mais nous autres Béninois savons bien ce que le peuple veut et donc s’il pense que la lépi lui permet de rempiler, alors il a menti et il s’est déjà trompé car n’a t-il pas déclaré qu’il est le candidat du ciel ?, mais il ne s’est pas que pour qu’il soit réélu, il faut que le ciel soit électeur le jour du vote or il n’a pas pris le temps de vérifier si le ciel sur lequel il compte pour briguer un second mandat, a été enrolé et par conséquent détient sa carte d’électeur.

    Décidément en mon humble avis, ce président a été nul partout et mérite une sanction sévère de la part du peuple béninois.