Le Bénin n’a pas pris feu ???

mercredi 16 mars 2011 par Arimi Choubadé

Ban Ki-Moon de féliciter les Béninois de ne pas avoir mis le feu à la maison. Surpris de ne pas avoir vu dans les reportages, des rixes sanglantes au sortir des bureaux de vote. La preuve qu’ils étaient conscients depuis leurs tours d’ivoire de New-York, au siège de l’Onu, que le scrutin était très mal engagé et que la maudite Lépi à marche forcée, sous le parrainage suspect de la représentation locale du programme des nations unies, pourrait provoquer des étincelles. Peut-être même que des simulations de corridors humanitaires ou des projets d’opérations de largage de vivres sur des populations déplacées circulent déjà dans les couloirs du conseil de sécurité. C’est vrai que le 13 mars 2011, des centaines de milliers d’électeurs ont consommé leur exclusion ; il n’y a pas eu de liste électorale ; la détresse des femmes a été cyniquement monnayée grâce à l’impressionnante rapinerie émergente ; des urnes ont été pré-bourrées ; des bureaux de vote sont sortis de nulle part ; des pénuries inexplicables de bulletins de vote ont servi à décourager des électeurs ; mais il n’y a pas eu de sang coulé.

On veut même comprendre pourquoi ce concert de félicitation de la part de ces rentiers de l’industrie de la paix (ou de la guerre) juste parce qu’un pays de paix refuse de flamber sous les coups de boutoirs d’aventuriers, de faux placeurs d’argent, de champions de marchés publics fantaisistes et de surfacturations à grande échelle. Comme si une élection pacifique même non transparente est un exploit au Bénin. Eh oui ! Le fameux génie béninois qui a surpris toute la communauté internationale n’est pas un leurre. On aurait pu demander à Ban Ki-Moon et compagnie ce qu’ils ont fait pour contribuer à ce calme du 13 mars ; ce que son machin que l’on dit œuvrer pour la prévention des conflits a fait pour éviter ces élections catastrophiques. Au contraire, Pnud, Ue et autres partenaires techniques et financiers ont plutôt excellés à servir de porteurs de fiel d’alimentation à l’embrasement qui couvait. Il parait que voter sans liste électorale, sans lois électorales, sans constitution, sans organe en charge de l’organisation du scrutin serait un remarquable progrès pour la démocratie.

Que le Sg/Onu veille se réjouir de la préservation de la paix au Bénin est tout à son honneur. Mais ces félicitations auraient pu être plus honnêtes et plus conséquentes si elles étaient directement destinées aux vrais artisans de la paix. D’abord les présidents Emile Derlin Zinsou et Nicéphore Dieudonné Soglo qui ont réussi à faire assoir le camp à une table de négociation après plusieurs tentatives infructueuses du clergé catholique. Grâce à eux, pour la première fois, la Cour constitutionnelle de Robert Dossou n’a pas cassé une proposition de loi émanant des députés en rapport avec le processus électoral. Les milliers d’électeurs repêchés doivent à ces deux anciens chefs de l’Etat leur participation au scrutin. Et puis on n’oublie souvent que la tension était palpable dans le pays au dernier jour de la campagne électorale. Chaque centre de repêchage était un potentiel foyer incandescent ; les centrales syndicales supportées par des organisations de la société civile s’étaient mises sur pied de guerre ; Yayi avait fait déployer des blindés devant sa résidence ; le siège de la Cour constitutionnelle avait des allures d’un camp retranché ; 9 candidats avaient clairement appelé à un report de la date du scrutin. C’est alors que Bio Tchané et Houngbédji, dans un ultime sursaut, ont appelé, le 11 mars, 48 heures avant le vote, tous les Béninois à se rendre aux urnes au jour retenu par la machine émergente. Ban Ki-Moon et les autres lanceurs de lauriers auraient dû congratuler, particulièrement, ces actes constitutifs du génie béninois. Tout le contraire des attitudes va-t-en guerre du beauf de service désireux de faire admettre, par tous les moyens, que le mari de sa sœur est le gagnant dès le premier tour, au risque de mettre en péril la fragile quiétude nationale. Évidemment, il ne connait du pouvoir que les délices des privilégiés. Rien à voir avec les témoins et acteurs vivant de la conférence nationale.

Le calme du 13 mars a des auteurs qui ne sont pas Yayi et ses faucons…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/908-le-benin-n-a-pas-pris-feu.html

Messages

  • Et il ne prendra pas feu.
    Oui ils ont préparé tout ce qu’il faut pour nous administrer , nous construire des camps de refugiés, nous vendre des armes et justifier leur existence, leur salaires et tous les privilèges de fonctionnaires de l’ONU.
    Mais à l’arrivée, un peuple calme, dans l’allégresse près à bouter dehors les imposteurs !
    Mais ils n’ont pas fini le travail car, par un communiqué dont la teneur laisse à désirer, on demande aux candidats d’accepter les résultats issus des urnes. De quels résultats parlent ils donc ? alors même que ce qu’ils ont financé à cout de miliards, n’existe pas !!!!! et cela ne les émeut point ???????
    Peuple béninois ! Prends toi en charge car ces soit-disant partenaires ne t’aiment pas. Tu as toujours constitué pour eux jusqu’en 2006 le "mauvais exemple" dans un océan de mal gouvernace, de confiscation du pouvoir, de constitution tripatouillée etc.

  • Peuple beninois yako ! je suis beninoise residant à l’etranger, j’ai honte de mon pays, j’ai honte de ces faux intellectuels et de ces juristes robert dossou qui cautionnent la tricherie et le vol. Je suis scandalisée, je suis sans voix et j’espère de tout coeur que le vaillant peuple beninois va barrer la route à ces vautours...
    Enfants du Dahomey, debout !
    Merci à vous tous qui protestez.