Vivement une investiture par jour…durant 5 ans !!!

jeudi 7 avril 2011 par Arimi Choubadé

Que la fête est belle !!! Le commentateur en chef de la chaîne des grands événements à manquer d’avaler son micro ; l’arène de l’investiture du 06 avril 2011 à Porto-Novo venait de voir apparaitre un trophée de guerre de légende, Mathieu Kérékou, himself, flanqué d’un de ses valets de luxe. De quoi maximiser les décibels auprès d’un auditoire déjà très maigrichon, dans un stade Charles de Gaule transformé en un bunker à ciel ouvert. Les convives étaient conscients que dehors, à quelques encablures de là, des milliers de Porto-noviens ruminaient leur colère dans l’espoir que Lucifer emporte tous les convives de cette célébration de la fraude électorale, du déclin démocratique et de la faillite des valeurs-refuges. N’eut été cet exotérisme aux couleurs du Caméléon, la kermesse aurait perdu tout éclat. Il ne resterait que ce vague sentiment d’insouciance, de jouissance, de célébration. Une sorte de halte passagère dans un Bénin promis à des lendemains annoncés fatidiques.

Au moins, en ce jour, à cette tribune précisément, l’ordre du jour ne mentionne aucun des écueils du yayisme précédent. Les organisateurs ont mis un point d’honneur à faire en sorte que les objectifs des caméras ne captent que des images d’un pays en fête, honoré par la présence de quelques chefs d’Etat voisins. Le décor s’est efforcé de sauver les apparences : costumes, cravates, uniformes militaires impeccables, femmes endimanchées aux frais de courtisans du régime, applaudisseurs conditionnés, alignement de quelques ravaleurs de vomissures. L’illusion d’un nouveau mandat de 5 ans pour le président proclamé élu par la Cour constitutionnelle avec un Bénin uni, mobilisé et promis à un avenir radieux. Si seulement, les émergents pouvaient se gaver de cette soupe d’angélisme sur fond de populisme, quotidiennement, durant tout le mandat. Retourner à Porto-Novo, tous les jours, prêter serment dans le faste et le tintamarre. De cette façon, personne ne parlerait plus de grisaille économique, de crise sociale, de tension politique. Plus de conjectures autour de Icc-services, de Cen-Sad, de surfacturation dans l’achat des machines agricoles, de politisation des micro-crédits. Et surtout une sourdine autour du hold-up électoral du 13 mars 2011 ainsi que la répression policière qui a suivi. Comment donc faire que cette mémorable fête d’investiture puisse occuper tous les esprits durant 5 ans ? Tout aurait été plus simple pour la Marina.

Du vœu à la réalité. Une célébration c’est d’abord une ardoise, à plus forte raison pour une économie sur les talons. Dans le feu de la surenchère électoraliste, le docteur-président avait opportunément glissé sur la posture du prince d’Arabie promettant à ses sujets une valise de prospérité bien pleine. Congés payés, orgies, logements, bombance gratuits en tout temps et à tout le monde. Seul problème, le Bénin n’est pas un commensal du golf Persique et ne saurait profiter de la plus abondante nappe pétrolière au monde. Allez-y voir ce qu’à déjà couté au contribuable une journée chômée et payée consacrée à une cérémonie en totale déphasage avec la psychologie du moment. Privés de vote pour certains, votes détournés pour d’autres, ils doivent encore payer pour les extras de celui dont-ils éprouvent du mal à digérer la victoire proclamée par la Cour constitutionnelle. Il se pourrait que la hantise d’un retour brutal à la vie réelle n’existe que dans l’imaginaire tordu d’un obscur chroniqueur jaloux des réussites du régime. Et que, comme promis, tous les spoliés des faux placeurs recevraient quelques jours après le début du rempilage tout l’argent qui leur a été soutiré. Et que les revendications sociales trouveraient solution sous peu. Et qu’enfin le prestige écorné du modèle démocratique africain serait rapidement rétabli. Les émergents, capables de transformer une minorité politique en une majorité électorale selon la Cour de Robert Dossou pourraient éventuellement faire refleurir la maison Bénin juste par une investiture festive. Qui sait ?

La magie et la ruse ne marchent pas à tous les coups…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/920-vivement-une-investiture-par-jour.html

Messages

  • Journaliste ou militant ? Depuis quelques années, des organes de presse de notre pays se sont mis a la solde d’hommes politiques en s’eloignant du coup de leur mission principale qui n’est autre que celle d’informer objectivement l’opinion. publique. Ceiie collusion avec les politiques a but essentiellement alimentaire, fait de certains de nos journalistes de veritables griots, prompts a n’exprimer que des etats d’ame plutot qu’a faire des analyses pertinentes. Pauvre Arimi, que diantre vas tu foutre dans cette galere ??? De memoire de beninois, depuis que la RB a retire son soutien au President BONI YAYI,“Le NOKOUE”, dans ses colonnes peint en noir tout ce que fait ce dernier. Dans ses lignes, que de diatribes, de recriminations, de premonitions apocalyptiques, de bile noire et que sais je encore ! L’anti yayisme est le seul combat d’Arimi. Ce n’est plus du journalisme ; c’est du militantisme !

    • A croire que quand les journalistes disent ce qui est juste, et surtout quand ils ne mangent pas à la sauce piquante et amère du dieu-vivant, Yayi Boni, ils font dans l’anti-yayisme. Quand vous aurez fini de lécher le cul de yyayi, ne manquez surtout pas de venir ensuite à l’école d’Arimi, pour apprendre les moyens d’éviter la lèche des politiques. Pour leçon, attendez de voir que yayi fasse quelque chose de salutaire, pour lire qu’Arimi en parle négativement Bon courage Arimi.

    • Il s’agit d’argumenter et non de livrer douillettement des informations périmées et sans intérêt. C’est justement ce que Arimi CHOUBADE s’échine à faire avec élégance. Vous êtes libre d’aller voir ailleurs et lire la presse de la pensée unique, si cela ne vous convenait pas ; OK. Tout Béninois serieux connaît qui est prêt à acheter tout y compris tous les journalistes pour le magnifier et le déifier. Est-ce qu’au temps de Soglo ou de Kérékou, vous avez jamais entendu des chants à leur gloire depuis le Renouveau démocratique. Aujourd’hui, c’est courant alors même que la Loi fondamentale le proscrit.
      Le seul fait de réagir comme vous l’avez fait montre que vous faites partie de ceux pour qui le futur du Bénin importe peu, tant que vous autres jouisseurs tranquilles.
      Sommes-nous toujours en démocratie au Bénin ? Avec cette élection qui est pire que celles organisées aux vieux temps de la révolution. Les hommes sérieux et valables ont honte de nous et de tout ce qui s’y passe. Un observateur étranger que je connais depuis une quinzaine d’années et un journaliste étranger lui aussi m’ont révélé qu’ils ont reçu des cadeaux et que leurs diners ont souvent été payés par les hommes du régime Yayi.
      C’est totalement infantile ça. Peut-être que ça vous plaît. Moi, je vis une déchirure avec cette élection sans liste électorale connue, sans la localisation des bureaux de vote qui souvent sont très éloignés des électeurs, de ce fait découragés et un résultat connu d’avance.
      Je crois que vous n’oserez pas nous faire gober, car vous devez être un non béninois, que Jérôme CARLOS, l’Abbé Alphonse QUENUM et l’écrivain émérite Olympe Bhêly QUENUM aussi, je m’arrête là, ne sont que des écrivaillons alimentaires. Vous êtes un minable coursier de la déconfiture. Avez-vous une idée du montant des photos officielles de Boni Yayi placardées dans tous les bureaux au Bénin et à l’extérieur ? Kérékou n’a jamais eu cette idée indigne d’un soi-disant banquier, grand corrupteur et manitou des gargantuesques montages financiers pour détourner comme jamais au Bénin. Yayi n’est pas différent de Mobutu, de Bongo Père, de Sassou nguesso, de Obiang Nguema mbasogo et autre Abacha. Il est impossible de me faire croire que les crapules n’existent qu’ailleurs. Yayi est un chef mafieux qui a peur de perdre le pouvoir, car le pot aux roses, ou plutôt le trou béant sera connu et pourrait le conduire loin des lieux de jouissances actuelles où il mène sa vie d’autocrate et se moque de tout.
      Je me demande si c’est un Béninois véritable et un aventurier venu s’amuser, grâce à la ruse et aux financiers de la lépi dont les représentations au Bénin ont été toutes mouillées avec l’argent public ou celui découlant de la corruption.

    • je comprends assez mon cher Patterson, car touteopinion à l’encontre du yayisme vous irrite vous les yayistes. Vous savez bien ce qu’est une balance ; quand un deux côtés est plus lourd alors la balance penche de ce côté. Accepter simplement que comme Arimi il y a des millions de Béninois qui voient le régime actuel en noir, car concrètement sur quel plan a-t-on vraiment évolué. le Bénin a reculé sur bcp de terrain et vous voulez qu’on crie youpii ! liberté fondamentale bafouée, l’économie est un désastre, une catastrophe pour un "économiste" comme lui. il a fait plus de mal que de bien à pays. il était l’espoir du peuple en 2006. en principe vous devez remercier arimi en bon intellectuel si vous êtes vraiement un et que vos intérêts particuliers avec le régime ne vous bandent pas les yeux car il vous permet de vous remettre en cause mais je comprends aussi que là, vous n’aimez pas trop les contradictions comme dans une monarchie. Et cela explique les erreurs que vous commettez tous les jours ! vous savez, les choses ont trois aspects dans la vie, votre façon de les voir, la façon de voir de l’autre et la réalité même de la chose.
      Façon de voir......merci

    • A VOTRE ATTENTION SVP !

      A l’intar du modèle TOGOLAIS, nous descendons subitement vers une dictature programmée

      Faut-il parler ? Faut-il se taire ? Ma conscience me l’ordonne : il faut oser parler pour ne pas être complice de ce qui m’apparaît comme une trahison de l’histoire brillante quoi que par moments incertaine de la terre de nos pères, le Dahomey devenu le Bénin. Il faut parler parce que les dernières élections laissent perplexe, honteux. Elles maculent la figure enviée de notre démocratie et nous ramènent à 30 ans en arrière. C’est peu dire. Les actes sont grotesques et maladroitement inachevés en leur déploiement. Cela ne fait pas honneur à l’intelligence pratique du peuple béninois et à son patriotisme modéré.

      1. Tout semble avoir été ficelé de loin par le tiers intéressé actionnant des acteurs qui se sont faits proches par représentation diplomatique ou par générosité calculée. Il faut regarder du côté de l’ambassadeur de France resté sur place pour achever sa mission pour des élections utiles ; il faut aussi regarder du côté de l’Union Européenne et du système des Nations Unies où l’on a sablé le champagne même pour une LEPI bâclée.

      écris par le Père Alphonse Benoît Codjo QUENUM

      Recteur émérite de l’UCAO

      Il faut enfin regarder du côté de ceux qui prennent d’assaut les installations portuaires de la côte ouest-africaine aux prix les meilleurs en contribuant à fabriquer les chefs d’Etat : tout convient, hélas, à cette fin. Même le grand Nigéria de Goodluck qui sollicite une place permanente au Conseil de Sécurité, s’est illustré dans un petit rôle en venant acquiescer le malfaire. La pseudo-démocratie préparée pour cette stratégie explique le caractère cavalier et arrogant des acteurs du-dedans. Ils sont nos frères. Cependant leurs attitudes n’honorent guère ce pays qui a fait tancer gouverneurs et administrateurs durant la période coloniale en gardant la tête haute sans d’autres fortunes que celles de son intelligence et de son souci de quête de respect. Les choses ont été trop faciles pour le diplomate français. Nos pères étaient plus coriaces. On comprend que ces acteurs du-dehors aient été les premiers à envoyer des félicitations aux mépris du mal-être général qui engourdit le pays.

      2. j’ai évoqué les acteurs du-dedans. Certains, à l’orée de leur vie publique, avaient fait croire qu’ils rêvaient d’une « Afrique debout ». On constate qu’ils intriguent pour la mettre à genoux au crépuscule de leur vie. Leur attitude ne surprend plus, d’autres étonnent parce qu’on les connaît mal. Dans tous les cas, les ressentiments inavoués, la boulimie du pouvoir et les appétits insatiables d’avoir ont sacrifié l’avenir de notre pays. Car celui-ci ne peut pas être, pour les jeunes d’aujourd’hui et de demain, du côté où on a précipité les choses.

      3. Les résultats étant acquis à 53% avant même les élections pour celui qui ne devait pas connaître un second tour, les élections ne pouvaient être qu’un prétexte. On comprend pourquoi les grands acteurs ne s’embarrassaient pas de scrupule. On a dit que beaucoup d’argent a circulé. Il est évident que notre peuple ne retrouvera jamais cet argent pour son développement. Ceux qui le donnent savent comment ils le récupèrent.

      4. Vous comprenez alors pourquoi, en amont et en aval, il n’y avait aucune considération pour le peuple béninois et que le droit a été piétiné tantôt avec morgue et arrogance, tantôt avec cynisme et violence. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est ni beau, ni grand pour personne. On ne peut entrer dans l’histoire à reculons. Je comprends le mépris de ceux qui ont plaisir à se jouer de nous. Mais je comprends bien moins la traîtrise de ceux qui se sont prêtés à ce jeu en cassant ce qui s’essayait tant bien que mal, sur cette terre béninoise, pour assurer des raisons de vivre chez soi pour nos enfants, nos petits enfants et arrière-petits enfants.

      Il ne faut pas sous-estimer ce qui advient sous nos yeux : c’est une régression dangereuse, un appauvrissement préjudiciable et une descente subtile vers une dictature programmée. Le modèle qui l’inspire n’est pas loin, c’est le modèle togolais. Il faut en être conscient. Je voudrais ne pas être un prophète de malheur. En décembre 1974, face à un marxisme-léninisme incongru adopté par le PRPB pour le Bénin comme guide philosophique, j’avais dit que « l’Afrique avait mieux à faire que de mimer un monde fini ou finissant ». On a vu la suite. En Côte d’Ivoire, un an et demi avant la crise, en septembre 2001, j’avais écrit que "ce pays était « une poudrière en sursis » et que, si l’expression était trop forte, il fallait convenir que le feu couve sous la cendre ». Voyez les effets. Il vaut mieux prévenir que d’avoir du mal à guérir. Cela est un devoir pour tous. Ceux qui ont leurs intérêts rivés à leur ventre, y perdront autant que nous tous.

      Père Alphonse Benoît Codjo QUENUM

      Recteur émérite de l’UCAO