La Marina ou la maison de Fcbe …

jeudi 28 avril 2011 par Arimi Choubadé

Ce n’était pas assez pour les Béninois de ne plus avoir de parlement, de constitution, de « fierté » démocratique, en l’espace d’une présidentielle. Ils doivent désormais se faire une raison sur la perte du palais de la présidence de la République (affectueusement La Marina). L’Etat-Fcbe a décidé d’y installer ses quartiers. Le docteur-président y multiplie les conseils de guerre, les tentatives de fusion de ses différents alliés concurrents, le tout en l’honneur du combat des émergents pour les législatives 2011. En clair, le siège national du regroupement politique de Yayi n’est rien d’autre que la présidence de la République avec pour démembrements naturels sur le terrain, les préfectures de département. Ne parlons pas des ministères, des directions d’entreprises publiques. Tout espace appartenant à la République devrait être dédié à la cause des candidats Fcbe, les vrais, ceux choisis par le docteur-président pour être ses soldats pour la refondation de la nation.

Côté finance, pas de souci à se faire puisque chaque sou du contribuable dépensé est forcément estampillé Yayi. Même une table en bois dans une école sur financement du budget national débouche fatalement sur la célébration du régime ; près d’un millier de milliards l’an, exclusivement consacré à la propagande. En plus des moyens de l’Etat (hélicoptères, avion, véhicules et cadres administratifs), les émergents ne se sont pas gênés pour aller en chercher dans les tirelires en ville, en campagne, au sein des hameaux les plus reculés. Des centaines de milliards volés, en 4 ans, auprès des fonctionnaires, des étudiants, des petits commerçants, des paysans, des militaires, des journalistes ; tout le monde a participé à l’effort de propagande sous le premier mandat grâce aux relais des faux pasteurs placeurs. Tout pour Yayi et son Fcbe, y compris les institutions constitutionnelles truffées d’ex-rentiers et de zélateurs attitrés. Cet attelage pouvait manier les textes de la République à sa guise. Il fallait plus que le légalisme de Houngbédji, la politesse de Bio Tchané et la retenue des citoyens privés du droit de vote pour enrayer le diabolique dessein de vider la constitution et les lois électorales de leur substance.

Une Opa sur tous les biens publics avec la manière. L’Etat n’a plus un chef mais un propriétaire ou peut-être plus, un maître à pensée. Il pense et exige que tous ses partisans devraient s’aligner derrière la liste sur laquelle figure sa tendre épouse, et cela devrait pouvoir se faire. Plus qu’une exigence, c’est un ordre Fcbe, doté de plus de légitimité et de force qu’un ordre républicain. Un jeu de pouvoir qui se joue sans aucune considération pour l’électorat. Le prêtre suprême s’emploie à déplacer les pions sur sa liste. Comme si le nombre de députés refondés que les mages de la Cour allaient sortir de leur laboratoire de miracle était connu d’avance. A la manière de ce qui s’est passé après le 13 mars 2011. Par ailleurs, le refondateur dispose de l’arsenal qu’il faut pour parfaire une stature de despote grâce à ses chars d’assauts dressés pour faire le coup de feu en pleine cité, si nécessaire, à l’encontre de tout contestataire. Plus rien ne manque au tableau sur la route de la régression démocratique : le parti-Etat, la pensée unique, la répression, l’Etat sans constitution, sans loi, sans parlement. En plus d’un épilogue connu d’avance : telle présidentielle, telles législatives. Un drame qui se déroule à guichet fermé puisque personne, à l’étranger, sur les médias internationaux, ne souhaite évoquer ce spleen du modèle continental. Les nouveaux propriétaires de l’Etat n’en demandent pas plus ; jouir de leur forfait en toute inquiétude. Et après le Bénin refondé en Etat-Fcbe ?

L’Etat-Yayi très certainement !!!

Par Arimi Choubadé
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