Que reste-t-il à bouffer ???

jeudi 5 mai 2011 par Arimi Choubadé

Les gens du pouvoir sont idéalement placés pour connaitre la taille réelle de la mangeoire au moment de la proclamation du K.O. Malgré sa corbeille à promesse, le docteur-président n’a pu convaincre ses courtisans de se rallier à sa liste Fcbe aux législatives. Un plateau de 800 nominations à venir, déposé sur la table afin de calmer les passions. Mais personne n’en voulait. Le passé de la Marina, fait de ruse et de rouerie n’était pas forcément en cause. Les émergents avaient plutôt d’autres soucis. Ceux qui avaient côtoyés les officines administratifs durant le premier mandat n’avaient plus à se faire compter la hargne avec laquelle les ressources de l’Etat avaient été siphonnées. Pour les besoins de la propagande. Une cour de prédateurs prêts à aller toujours plus loin dans les détournements, les dols autour des marchés publics, les violations des textes fondamentaux de la République et la répression de toutes les adversités. Tant et si bien qu’on se demande encore si la République pourrait survivre à l’œuvre malfaisante de cette nuée de chasseurs de rente.

En clair, beaucoup d’apparatchiks du régime ne semblent plus tellement intéressés par les promesses de nomination. La recherche d’un mandat immunisé contre d’éventuelles poursuites judiciaires a suscité plus d’engouement que la course aux strapontins administratifs anciennement très prisés des courtisans. Pour la bonne raison que les signaux envoyés depuis le trésor national n’inspirent plus la sérénité. Les guichets sont de plus en plus bondés d’usagers nantis de bons de caisse, de chèques ou de mandats. Les chantiers sont au ralenti ou en veilleuse faute de décaissement. Paiements gelés, missions ajournées, arriérés de prime et d’émoluments divers, amoncellement des créances dans les recettes-perceptions ; cela fait beaucoup pour une argenterie sensée impulsée la croissance à deux chiffres et la prospérité partagée pour tous les Béninois. Au cœur même du pouvoir, le débat fait rage quant à la prospérité à partager entre soi avant celle promise aux autres citoyens.

C’était prévisible que les finances publiques ne pouvaient survivre aux surfacturations sur l’achat des machines agricoles, sur l’organisation du sommet de la Cen-Sad, sur la gestion de la Sonapra, sur les subventions à la filière coton et l’énergie électrique. Le gouvernement ne pouvait se permettre d’extraire impunément du budget national, la gestion des frais d’escorte de véhicule d’occasion sur plusieurs années. Face à l’escalade des dépenses de prestige et de propagande, des gourous du système ont réussi à mettre en place l’escroquerie des ménages et des peuples ; le diabolique plan de faux placement est passé par là arrachant plus d’une centaine de milliards à leurs pauvres propriétaires. Un pays où l’Etat et les populations sont ruinés. Servir cet Etat-là et son chef ne semble plus être très motivant. Le refuge douillet du palais des gouverneurs offre plus de sécurité et éloigne davantage de l’engrenage de la mal gouvernance ambiante au sommet de l’Etat.

Il faut dire que la présidentielle 2011 a sonné comme une alerte pour beaucoup de ceux qui rodent autour du pouvoir. Certains sont persuadés d’avoir échappé bel à une impitoyable inquisition sur leur gestion passée au cas où la Marina changeait de locataire. Ce ne serait pas du tout intelligent de repasser 5 autres années à en rajouter aux forfaits déjà commis. Mieux vaut arrêter le compteur et se forger peut-être une nouvelle virginité. La légitimité ainsi acquise par les urnes offre également l’opportunité de peser sur les tractations politiques futures. Chaque vote est l’occasion de chantage et de surenchère sur chacune des tendances en présence. Puisque de toutes les façons, il ne reste plus grand-chose à bouffer.

« Savoir quitter les choses avant qu’elles ne vous quittent »…

Par Arimi Choubadé
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