Il y a refondation… il y a ouverture…

samedi 4 juin 2011 par Arimi Choubadé

Deux notions qui se côtoient sans vraiment se s’imbriquer. La première, la refondation, a pris une posture de fourre-tout, un de ces attrape-nigauds qui pêchent des choses et les contraire ou permettent d’agir sans se dévoiler. La seconde, l’ouverture, dont le véritable point de départ demeure le discours présidentiel du 13 mai 2011, parait moins abstraite ; il s’agirait d’ouvrir le gouvernement à l’opposition. Mais la première notion a fait des pas depuis lors, de grands pas visiblement par la voix de l’emblématique Rachidi Gbadamassi fraichement promu président de groupe parlementaire, parlant au nom des siens à l’hémicycle le lundi 23 mai 2011. A lui l’honneur d’expliciter les desseins à peine voilés du concept à travers l’évocation, à la limite du passionnel, de la révision de constitution, carrément. Lui, connu pour sa célèbre thèse très « régionaliste » de l’exercice du pouvoir. On se souvient de ces diatribes anti-Abt exclusivement motivées par une hantise morbide de voir le « nord » perdre le pouvoir, et aussi de la fameuse tournée de mobilisation de l’électorat des quatre départements de la région septentrionale du pays dont il faisait partie. Tous ces éléments mis bout en bout esquisse mieux les contours du Bénin refondé si ce personnage devrait y prendre une part déterminante.

Pour ce qui est de l’ouverture, il convient de se référencer à la définition que le bureau politique de la Renaissance du Bénin en a donné dans son communiqué de presse en date du 25 mai 2011. Ce parti de l’Union fait la nation, devenue le symbole de la matérialisation de la main tendue (ou plutôt du doigt tendu) parle de « réformes à mener dans le dialogue et la compréhension mutuelle ». Il y est question de climat socio-politique apaisé, d’amélioration des conditions de vie des populations, de développement du pays, de préservation de la paix. En priorité donc, des remèdes à la « précarité dans laquelle vivent nos populations ». Totalement aux antipodes des combinaisons politico-constitutionnelles dont Gbadamassi se fait le chantre. En définitive, l’ouverture se veut une solution concrète et immédiate aux problèmes des citoyens indépendamment de toutes prétentions personnelles ou partisanes. Aux antipodes des considérations liées aux carrières personnelles ou à l’hégémonie d’une région sur une autre.

On se demande vraiment ce que gagneraient les refondateurs en cherchant à heurter leurs nouveaux alliés de la Rb. C’est fort justement de leur autonomie organisationnelle et structurelle que les houézèhouès ont choisi de se démarquer de leurs amis de l’UN. Leur ralliement s’est d’ailleurs fait non sur la refondation mais sur le besoin d’ouverture. On les voit mal s’engager vis-à-vis de chantiers constitutionnels qui pourraient s’apparenter à un renoncement à la conquête du pouvoir d’Etat. La conjoncture socio-politique caractéristique du début du gouvernement d’ouverture reste la tension sociale, la crise politique et économique. En effet, presque tous les nouveaux ministres ont pris service pendant qu’une grève générale paralysait tout le pays. L’urgence était donc à sortir l’alchimie capable de mettre les grogneurs sociaux au travail en suscitant auprès d’eux l’espérance. Les acteurs politiques engagés dans le processus de rapprochement auraient failli s’ils ne parvenaient pas à étendre le besoin de conciliation et d’unité jusqu’aux travailleurs et à toutes les autres forces vives de la nation. A quoi serviraient réforme, refondation, ouverture si les travailleurs, créateurs de richesse ne s’y reconnaissaient pas, si des milliers de diplômés ne trouvaient toujours pas à faire, si les femmes de marché ne parvenaient pas à faire écouler leurs produits, si les ménages devraient continuer à sauter des repas faute de moyen ?

Ça promet !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/949-il-y-a-refondation-il-y-a.html

Messages

  • En tout cas moi je n’ai jamais fait confiance à la rb et par conséquent aux soglo. Ils ont toujours eu une vision clan ique du pouvoir. Ils aiment trahir et se font automatiquement victime de trahison. Les loups dans la peau de l’agneau. En tout cas nous sommes aux bénin avec sa délinquance politique propre en faite aux pays africains. Si je le dis, et alors ?

    • C’ est vraiment dommage qu’ on en soit encore à cette bassesse de l’ esprit et surtout la ’’béninoiserie’’. La politique de la chaise vide a toujours rattrapé ceux qui ont toujours choisi cette option. Demai n’ est pas loin. tellement il est si près que je vous donne rendez-vous au grand redez-vous de l’ HISTOIRE.
      Traître ou pas traître l’ HISTOIRE nous donnera raison.
      Merci pour votre commentaire. Je me dois respecter votre opinion. A très bientôt.

    • Les causes de l’échec du candidat unique de l’Union fait la Nation se précisent au fil des événements politiques de ces derniers jours. La position de la RB n’y est pas étrangère. On a vu le couple Soglo s’investir dans la campagne pour les législatives, moins qu’il ne l’avait fait lors des présidentielles. Vous pouvez défendre l’indéfendable. Mais la réalité est là, têtue !