Encore un autre K.O…

lundi 6 juin 2011 par Arimi Choubadé

Un match déjà perdu dès la première mi-temps, au stade de Kouhounou à Cotonou, devant un public médusé. Cela n’est plus arrivé aux Ecureuils foot depuis très longtemps, depuis qu’ils ont fait leur entrée historique dans la cour des grands, à l’occasion de la Can 2004 en Tunisie. Des matches perdus à domicile, il y en eu quelques uns, très rares, mais pas de l’ampleur de la noyade du 05 juin 2011, même si c’était face aux galactiques Drogba, Eboué, Touré, Gervinho et consorts. Permettez-moi de ne pas rappeler le score dans cette chronique pour ne pas en rajouter au spleen général. Un K.O. de toute une équipe qui a pourtant procuré aux Béninois beaucoup de bonheur ces dernières années quoi qu’en dise des agitateurs d’opinion de mauvaise foi ou carrément médisants. Plusieurs héros étaient présents sur l’aire de jeu, à commencer par certains acteurs de la qualification du Bénin pour la première fois à une phase finale continentale en 2004 : Mouri, Chrisostome, Omotoyossi, Boco, Séydath, en plus de la présence sur le banc d’encadrement de célèbres « anciens » : l’emblématique ex-capitaine, Omar Tchomogo et même Jocelyn Ahouéya. Ajoutés aux nouveaux dont le talent ne souffre d’aucune contestation à l’image de l’homme du match, Stéphane Sessegnon, beaucoup plus flamboyant sur le terrain que Drogba et Gervinho réunis.

C’est finalement cette grande équipe béninoise qui a pris la raclée du 05 juin 2011. Il ne manquait presque aucun cadre confirmé. L’équipe était plus forte que celle qui a terrassé, à Cotonou, les colosses Ghanéens, héroïques quart de finalistes de la dernière coupe du monde en Afrique du sud 2010. Malgré un effectif moins fourni que celui du 05 juin, elle a su opposer une belle résistance à cette même équipe ivoirienne lors du match-aller joué sur terrain neutre au Ghana. Autre réalité au retour à Cotonou ; Drogba et les siens étaient les premiers surpris de l’effondrement de leurs clients du jour, littéralement absents des duels, ayant visiblement abandonné au vestiaire ce qui fonde leur qualité première : la solidarité. Face à des pros de l’acabit des Eléphants, ces genres de flottement ne pardonnent pas. Si nos stars du moment étaient toutes présentes sur la pelouse de Kouhounou et que la débâcle a eu cette ampleur, cela voudrait certainement dire que la clé de compréhension du phénomène se situe en dehors du rectangle vert.

On a bien vu dans les tribunes, lors de l’historique lourde défaite qu’il existait différentes catégories de supporteurs des Ecureuils ; les supporteurs tout court, les plus nombreux, venus au stade pour voir leur équipe nationale gagner la Côte d’Ivoire sans tenir rigueur du classement opéré par l’entraineur, de la personne du président de la Fédération ou du carnet d’adresse de l’adversaire. Ils souhaitaient rentrer chez eux, heureux d’avoir vu leurs idoles faire un bon résultat avec l’espoir que la suite les conduirait à coup sûr vers les stades du Gabon ou de la Guinée Equatoriale, au moins pour le premier tour de la phase finale 2012. Mais, il y avait également dans les gradins une autre catégorie de supporteurs, les plus bruyants, appelant ouvertement les Ivoiriens à en mettre davantage. Parce que, disaient-ils, une humiliation des Ecureuils équivaudrait à une humiliation du président de la fédération, Anjorin Moucharaf dont la légitimité serait contestée par une partie des acteurs du foot. Rien qu’à cause de ça toute une génération peut être privée de rêve, de sensations fortes, d’épanouissement et d’engagement. Ce ne serait donc pas à l’ensemble du gratin footballistique béninois (joueurs, supporteurs, dirigeants, nouveau ministre des sports) de boire la tasse du K.O. jusqu’à la lie. Tant pis si en 2012, l’hymne national béninois ne retentit pas sur les stades du Gabon et de la Guinée Bissau du fait de la raclée du 05 juin. Pourvu que l’un dégage de la tête de la fédé pour que l’autre s’installe. Sinon…

Préparez-vous à d’autres scores-fleuves…

Par Arimi Choubadé
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