Arimi, yayiste ???

mardi 7 juin 2011 par Arimi Choubadé

C’était plus facile de répondre par oui ou par non. Une posture politicienne que beaucoup de lecteurs voudraient me voir adopter au nom d’une certaine clarification de la ligne éditoriale. Être ou ne pas être avec Yayi ! On ne m’a pas encore dit en quoi cette « clarification » pourrait faire évoluer les débats du moment surtout de la part de quelqu’un qui n’a aucun mandat, aucune légitimité politique ou même administrative. Transformer une chronique-médias en un concurrent des états-majors de parti. Alors qu’il s’agit au départ de proposer au public des grilles de lecture et d’analyse de l’actualité publique d’ici et d’ailleurs. Nokoué en a rajouté la spécificité d’être critique vis-à-vis de ceux qui exercent le pouvoir d’Etat sans la prétention de les suppléer ou de les faire remplacer. Le job ne va pas au-delà. Surtout qu’on se trouve ici en matière de presse écrite avec quelques ouvertures sur le net dans un pays en grande majorité analphabète et où l’internet continue d’être un luxe réservé aux privilégiés.

D’un autre côté, c’est absurde de se déterminer par rapport au règne d’un homme. Mon parcours professionnel remonte à bien avant l’arrivée au pouvoir de Yayi et j’espère y rester après la fin de ces deux mandats constitutionnels. Les spectacles quotidiens d’apparatchiks prêts à sacrifier toute leur carrière pour défendre une posture du moment, et de courtisans capables de renier jusqu’à leurs convictions religieuses au nom de leur dévotion pour le chef justifient certainement cette vision manichéenne de la vie publique béninoise entre les pour et les contre. Ce catalogue exclu dare-dare les ni pour et ni contre et voue aux gémonies tous les libres penseurs accusés de charlatanisme anti-yayi à chaque spasme d’une gouvernance à polémiques. Le fameux refrain au sujet de ceux qui ne porteraient pas le docteur-président dans leur cœur et qui, de ce fait, attirerait sur son régime la malédiction. Au sortir du premier mandat donc, deux bilans s’affichent clairement : le bon attribué d’office à Yayi et le mauvais qui ne serait que l’œuvre d’adversaires, aigris malfaisants.

En fait, on m’exigerait « clarification » après la politique dite d’ouverture. Or, à y voir de près, cette question divise plus l’opposition que les partisans du pouvoir qui, sur ce dossier-là, précisément, ont étalé une extraordinaire cohésion jamais vue auparavant. Une position tranchée en faveur d’un camp ou de l’autre sur l’opportunité ou non d’accepter la politique du « doigt tendu » ne ferait que fragiliser davantage la critique. Et puis, il ne fallait pas perdre de vue que les orientations politiques sont l’apanage des écuries politiques à qui la constitution a accordé l’exclusivité du concours aux suffrages. Ce n’est pas à un chroniqueur médias d’indiquer aux acteurs politiques le moment où il faut s’étriper et le moment où il faut se réconcilier. J’ai constaté comme tout le monde l’entrée de la Renaissance du Bénin, un des piliers de l’Union fait la nation au gouvernement Yayi. Ce débat, on ne saurait le voler aux acteurs eux-mêmes. A nous les commentaires ensuite mais sans parti-pris, sans prétention, sans posture et sans imposture !

Tout citoyen électeur (heureusement que la Lépi ne m’a pas exclu) est porteur d’une opinion avant tout personnelle jusqu’au jour où il choisit de franchir le rubicond en se lançant dans la vie publique partisane. Ce qui n’est pas le cas du chroniqueur que je m’efforce d’être. Et puis être yayiste veut dire quoi après que l’intéressé ait déjà obtenu son deuxième et dernier mandat ? Au lendemain des K.O électoraux, sa personne ne devrait plus constituer une attraction politique que pour ceux qui attendent de lui qu’il leur donne une poussette dans le dos pour la suite de leurs carrières. En clair, on ne peut-être « yayiste » que pour soi-même, ses propres ambitions et non pour Yayi lui-même puisqu’il est désormais hors course. Or, d’ambitions politiques, je ne m’en connais pas.

Etre yayiste ou pas nous avancerait donc à quoi ???

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Sacré Arimi, je te signale que juste que là je n’ai pas encore ma carte d’électeur, par conséquent je suis un exclu de la fameuse LEPI. En tout cas moi je n’ai jamais partagé la politique du gouvernement en place depuis 5 ans. Trop de malversations , trop de navigation à vue dans les choix stratégique du développement, trop de régionalisme dans la conduite des affaires, Trop de copinage, et j’en oublie . Ne pas partager ces visions catastrophiques du développement d’une nation, n’est pas un crime de lèse majesté. Si c’est cela être contre yayi alors je suis anti-yayi pur et dur. Et tant que cela ne va pas changer alors je resterai moi anti-yayi jusqu’en 2016 et peut-être au delà, la fameuse refondation m’obligerais. Basta.