Le second tour qu’ils n’ont pas eu…

jeudi 16 juin 2011 par Arimi Choubadé

Pas de répit chez les unionistes. La proclamation du K.O. dès le premier tour du 13 mars, l’investiture du 06 avril, le discours de la « main tendue » du 13 mai et la publication du gouvernement d’ouverture ; rien pour émousser leur envie d’en découdre, d’aller à ce second tour dont ils ont rêvé et qu’ils ont préparé avec minutie et détermination mais dont ils ont été rageusement privés. La Liste électorale permanente informatisée et un processus électoral désastreux sont passés par là. Qu’à cela ne tienne ! Le docteur-président désormais hors d’atteinte après la proclamation de son sacre, les unionistes ont décidé de faire ce second tour quand même, mais, à l’interne. Avec le même punch qu’ils avaient affronté le régime du Changement. Une étonnante reconversion lorsqu’on se réfère à toutes les opérations d’exorcisme ayant précédé la consécration du candidat unique le 10 décembre 2010 au stade de l’amitié devant plus de 50.000 militants aux anges.

Selon toute vraisemblance, le passé prétendument révolu n’était pas bien loin. Le potentiel de la lutte fratricide, des passes d’arme feutrées, des invectives resurgit après une pause de plusieurs années. C’est l’UN, qui, curieusement, phagocyte toute la scène publique au lendemain de la formation du gouvernement dit d’ouverture alors qu’on l’imaginait, le dos rond, le profile bas, à l’affut des premiers faux pas de la refondation. Sur les télévisions, les radios, dans les journaux, il n’y a de place que pour les frasques des anciens alliés, prompts à se rendre coups sur coups. On se délecte par anticipation de la guerre de légitimité que l’on voit venir avec en filigrane, une question surréaliste quelques mois auparavant, à propos de l’avenir de la Rb au sein de l’UN. Communiqués de presses concurrents, émissions télé croisées, demandes d’arbitrage de la Cour constitutionnelle ; leurs partisans retiennent leur souffle. Aucun d’entre eux n’ose risquer des pronostics sur les limites que chaque camp est prêt à franchir pour faire aboutir ses prétentions.

Pendant ce temps, le docteur-président déroule sans souci. On se demande si ce tumulte entre unionistes et la débauche d’énergie que cela leur impose permet à la Rb d’être assez attentive sur le respect des termes de l’ouverture. Déjà, que les houézèhouès jurent sur des réformes sensées améliorer le quotidien des citoyens sans qu’on ne sache si cela s’inscrit au registre de la refondation qui n’exclu pas la révision de la constitution. Lors de son mémorable coup de gueule contre la motion de grève des fonctionnaires, le 13 juin 2011 (encore une date 13 sur la route de la refondation), le chef de l’Etat annonce que certains textes sur les réformes seraient en cours de transmission à l’Assemblée nationale. Est-ce à dire que le dialogue a déjà eu lieu autour des dits textes ? En effet, à voir la configuration du parlement d’après K.O, on voit mal comment on peut y organiser un exercice de recherche de consensus sur des orientations du gouvernement.

Cette lutte interne à l’UN révèle que le potentiel est là prêt à être utilisé en cas de second tour de la présidentielle de 2011. Les unionistes ne semblent plus en mesure de contenir trop longtemps ces ressources conservées en vue d’un éventuel sprint final vers la Marina avant que la Cour de Robert Dossou n’en décide autrement. Des ressources désormais converties en arme de désintégration interne. L’ampleur des empoignades à littéralement éclipser les récriminations des émergents recalés après le remaniement ministériel et le ménage à la présidence de la République. Yayi plane donc sur un nuage, hors d’atteinte aussi bien de ses propres partisans éconduits que de ces adversaires divisés. Reste à connaitre le nom du vainqueur de ce second tour restreint ou plutôt le goût d’une probable victoire.

Une UN écartelée, divisée, en lambeaux, réunifiée, dissoute ou refondée ?

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Une union qui n’existe que de nom. Oublions ses messieurs et pensons aux choses sérieuses. Très bonne analyse.

    • La mouvance travaillait, travaille et travaillera pour faire voler en éclat l’UN. Je penses pour ma part que la RB ne fait plus partie de l’UN ...en tous cas dans les faits. C’est une épreuve mais que le résidu de l’UN sache que "les épreuves de la vie qui ne réussissent pas a vous briser vous fortifie !"...l’avenir leur donnera raison mais ils doivent tenir pour cela...ce n’est pas et ce ne sera jamais facile !

  • Si l’UN veut survivre il faut prendre les decisions maintenant. Les grandes decisions. Exclure la RB du regroupement qui a ce qu’ils perdent encore les elections presidentielles de 2016, ils gagneront les municipales de2013 et les legislatives de 2015 s’ils travaillent tres bien sur le terrain. C’est a eux de voir. Moi si j’etais a leur place c’est que je ferai car la RB n’est rien sans un regroupement donc sans UN. chers membres de UN prenez votre destin en main : Exclure la RB de UN. Ils n’ont pas beaucoup de punsh sans regroupement. Basta.