Le temps est compté…

mardi 28 juin 2011 par Arimi Choubadé

Il va falloir un ministre du chrono. Un mois, deux mois, trois mois, bientôt un an, deux ans puis 5 ans ; et la refondation aura été. Le même sort peut-être que le Changement et l’Emergence. Ce que les Béninois ont vu jusque là c’est l’« ouverture » et ses effets collatéraux sur le parcours de l’Union fait la nation. Mais, la refondation dont le docteur-président évoque les vertus à chaque tic de discours vaut certainement plus qu’une main tendue à une partie de l’opposition. Surtout que lui-même parle avec aise de réformes, de projets de loi voire de révision constitutionnelle. Le bureau politique de la Rb renchérit en excipant l’imminence d’un dialogue national en vue du sursaut sensé apporter des réponses adéquates « aux conditions de vie des populations ».

C’est d’ailleurs pour ceux qui ont accepté la main tendue que le temps est précieux. Face aux conjectures, il leur faut, au plus tôt, exhiber les résultats de l’« ouverture ». Partenaires, militants et sympathisants veulent comprendre en quoi l’opération a été profitable pour le plus grand nombre de Béninois. Le fait de siéger au gouvernement (un ministre sur 26) est bien trop maigre pour Léhady comme justification à l’entrée de son parti dans la « majorité présidentielle plurielle ». Aux houézèhouès d’apporter la preuve de leur apport qualitatif à la gouvernance publique. En priorité de ces attentes figure l’imbroglio autour de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Imaginez la satisfaction du million et plus de citoyens en rade du processus électoral d’apprendre que, grâce à l’« ouverture », ils recouvraient le droit de voter et de participer à l’instar de tous les autres détenteurs de leurs droits civiques, à l’expression du suffrage universel. Ou encore si au bout de la main tendue, la loi sur le financement public des partis politiques devenait une réalité et que l’Un parvenait elle aussi à bénéficier de subsides conséquents de la part de l’Etat pour mener son combat.

La saga autour du repositionnement de la Rb a pratiquement fait oublier que d’autres courants politiques ont mordu à la « main tendue ». En effet, Me Marie Elise Gbèdo ne saurait légitimer sa présence au sein du premier gouvernement de l’après K.O sans avoir obtenu le vote de la loi sur la lutte contre la corruption. Surtout qu’elle hérite du portefeuille de la justice et des droits de l’homme. Il lui faut exhiber, en guise de précieux trophée, non seulement, ce texte de loi mais également brandir la liste du nombre de délinquants économiques qu’elle aurait fait poursuivre durant son séjour à la garderie des sceaux, au nom du gouvernement. Une pression qu’elle s’était mise toute seule depuis des années à force de réclamer une législation plus sévère à l’endroit de tous ceux qui jonglent avec les deniers publics et la bonne gouvernance. Le temps presse donc pour les recrues de l’« ouverture » surtout pour ceux qui doivent se construire des argumentaires en vue des prochaines consultations intermédiaires (municipales de 2013 et législatives de 2015).

Les refondateurs feraient également mieux de ne pas laisser les choses trainer en longueur. Le parlement n’a toujours rien perdu de sa géométrie extrêmement volatile. En début de premier mandat aussi, le docteur-président-émergent disposait de quoi voter toutes les réformes qu’il souhaitait y compris la modification de la constitution. Un confortable matelas parlementaire qui a littéralement fondu au bout d’un an. Il se trouve que plusieurs éléments de ce funeste feuilleton sont encore en place. Or tout le monde sait que le palais des gouverneurs est capable de générer au moins un « hémicyclone » par an. Les refondateurs pourraient regretter de ne pas avoir fait aussi vite que possible et d’avoir laissé filer la meilleure opportunité du mandat.

5 années, c’est vite parti !!!

Par Arimi Choubadé
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