Qu’en est-il de la corruption originelle ???

lundi 5 septembre 2011 par Arimi Choubadé

Celle des écuries politiques, génératrices des présidents de la République, ministres, députés, membres de la Cour constitutionnelle et autres institutions, maires, préfets, directeurs généraux de société d’Etat… Que les défenseurs d’éthique et de morale sous la refondation nous expliquent comment ils en sont arrivés à oublier qu’au commencement de la corruption étaient les partis politiques ! Rien sur les pseudos regroupements politiques (Fcbe en tête) passés maître dans l’art de la manipulation à travers l’enrôlement de prétendus mouvements, associations ou autres réseaux occultes, tous inconnus à la charte des partis. Une grotesque fraude à la prescription constitutionnelle à propos de l’exclusivité de l’animation de la vie publique réservée aux seuls partis légalement constitués. On ne compte plus le nombre de députés n’appartenant à aucun parti politique à la base mais présents sur des listes de candidature au titre de propriétaire de mouvement (non enregistré nulle part) voir d’association. Il leur suffit de déclamer leur flamme à un prétendu regroupement, de préférence celui du pouvoir du moment pour que le tour soit joué.

C’est connu que l’assainissement des mœurs de la vie publique passe obligatoirement par une meilleure règlementation des officines qui fournissent l’essentiel du personnel de commandement qui, à leur tour, s’attaque plus tard au budget national, à ceux des communes, des entreprises et des établissements publics. Les refondateurs auraient finalement enclenché la traque à l’encontre de la corruption sans chercher à définir un mécanisme légal de financement des partis. On n’apprend rien aux Béninois en affirmant que la course aux postes dans les administrations et institutions publiques n’est motivée que par la promotion de cadres servant de piquets de vol de denier public au profit de leurs chapelles politiques respectives. La règlementation du financement des partis devraient constituer près de 90% de l’effort de lutte contre la corruption. Mais les refondateurs en ont décidé autrement en privilégiant la création d’un machin inopérant et inadéquat.

A la fin des courses, les refondateurs ont préféré le dilatoire d’une structure au fonctionnement abracadabrant à l’inquisition implacable d’un juge aux pouvoirs renforcés. La corruption, infraction pénale voire criminelle, échoit donc en priorité, selon la nouvelle loi anti-corruption, à un « truc » désigné sous coupe réglée du pouvoir exécutif au détriment des cours et tribunaux de la République. Cette déviance de la lutte contre la corruption n’étonne personne lorsqu’on consulte le pédigrée des gens conviés à modeler les contours de la loi en question, à la voter et à la mettre en exécution. La plupart d’entre eux sont conscients qu’une aseptisation des officines politiques les met automatiquement hors circuit. Imaginez un parlement expurgé des trafiquants de toute sorte, des tenanciers de parcs de véhicules d’occasion, des pasteurs experts en faux placement d’argent, des anciens ministres corrompus, des fonctionnaires malhonnêtes. Beaucoup n’ont pas oublié qu’il faut savoir ménager ses arrières en veillant aux lois votées afin de ne pas être rattrapés par les événements à l’expiration de l’immunité parlementaire.

Demander à des gens issus de partis ou de réseaux vivant grâce à la corruption de lutter contre la corruption relève pratiquement de l’incitation au suicide. Les incongruités de l’’arsenal législatif (non judiciaire) proposé à cet effet illustre parfaitement l’ampleur de l’hérésie. Pourquoi dans ce cas ne pas commencer par assainir la source principale du dévoiement de tout le système politico-institutionnel ? Le pays aurait accompli un grand bond en avant dans la détection des voleurs de la République s’il pouvait parvenir à maîtriser l’origine de l’argent qui sert à organiser les meetings, les marches de soutien, les mouvements illégaux et les consignes de vote.

Le corrupteur qui crie à la corruption ???

Par Arimi Choubadé
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