Aucun financement politique n’est occulte au Bénin !!!

vendredi 23 septembre 2011 par Arimi Choubadé

L’argent des meetings, des marches de soutien, des séances de prière, des campagnes électorales au Bénin ! D’où provient-il ? De la drogue, des faux médicaments, de la contrebande, des faux placements d’argent, des détournements de deniers publics ? Ou même de pratiques beaucoup plus ignobles ? Sujet singulièrement absent de toutes les préoccupations au prétendu berceau de la démocratie en Afrique. Il ne viendrait jamais à l’idée d’un juge de s’interroger sur les conditions de financement des campagnes de Kérékou, Soglo ou Yayi. Aucun texte ne lui en donne le droit ou l’opportunité d’une inquisition sur l’origine de l’argent dépensé en politique, l’une des rares démocraties où l’activité politique demeure essentiellement informelle, laissée à la discrétion des acteurs eux-mêmes. Le défaut de norme légale constitue une légalisation de fait de toute sorte de pratique.

Robert Bougi serait béninois que ces radotages à propos des valises « présidentielles » n’offusqueraient aucune conscience. On lui rappellerait tout simplement que la loi n’ayant rien prévu à cet effet, il faut bien trouver les moyens quelque part pour racoler les électeurs. On se fout de savoir si cela passe par des mallettes de la corruption, des trafics en tout genre ou des parrains mafieux. Tous les coups sont permis au pays où l’expression du suffrage universel est érigée en prestation de service rémunéré – on vote pour celui qui a misé gros. Pire, on ne vote pour personne lorsqu’on n’a pu recevoir des cadeaux d’aucun des camps en compétition. La popularité et la crédibilité de l’acteur public s’y mesure à sa capacité de rependre sur son passage plus de jetons de présence, de tee-shirt, de casquettes, de cadeaux aux notables que ces concurrents. Un refus de légiférer sur les rapports entre les partis politiques et l’argent aux allures d’une apologie pour la corruption.

Pire que l’impunité, c’est l’impossibilité de distinguer le bon grain de l’ivraie. L’existence du code pénal n’a certainement pas permis de faire disparaitre les velléités criminels des individus mais chacun est conscient des conséquences de ses actes. Tous les coups étaient également permis en France jusqu’à la prise de loi sur le financement public des partis. Depuis lors, de très gros morceau ont été pris à défaut. Chirac, Sarkozy, Pasqua, Emmanuelli etc… Même le très doué actuel ministre des affaires étrangères français, Alain Jupé a dû se mettre à l’écart de la politique durant plusieurs années du fait de pratiques jugées délictueuses à propos de prise d’intérêt pour des raisons politiques. A Cotonou, un homme politique qui exhibe des mallettes bourrées de fric sur un plateau de télévision ne risque rien, même s’il est prouvé que l’argent provenait d’obscurs trafiquants sud-américains ; à peine s’il ne se fait porter en triomphe, presque en héros. La prime aux plus corrompus.

Pour bénéficier d’une parcelle du pouvoir politique au Bénin, il faut, au préalable, aller chercher de l’argent où qu’il se trouve. Puisqu’on est assuré à l’avance que personne ne viendrait demander si une campagne électorale a été financée depuis un compte bancaire ou à partir d’argent liquide en provenance de Bogota, de Medellin ou de Tripoli. En cette période de lutte contre la corruption, on comprend, de moins en moins, le refus de clarification de cet aspect de la vie publique qu’est le financement des partis politiques. Ce qui s’admet encore moins c’est l’indifférence des dirigeants béninois face à la réputation de « tous des bandits » qu’ils projettent aux yeux de leurs compatriotes. Un sursaut d’orgueil aurait dû permettre aux plus sensibles à l’éthique et à la morale de militer pour une aseptisation du milieu. Mais la réalité est toujours là qu’il n’y a pas d’argent sale en politique au Bénin.

Frauder si vous en avez les moyens financiers !!!

Par Arimi Choubadé
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