Ces cadres totalement dégénérés …

lundi 26 septembre 2011 par Arimi Choubadé

A la découverte de ces damnés qui défont plus qu’ils ne font le pays. Commis de l’administration publique, donc au service de la communauté. Les diplômes, ils en recèlent, de très prestigieux généralement, de très pointus parfois. A côté d’autres moins compétents fraudeurs, paresseux, tricheurs ou truqueurs. Tous ceux-là mis ensemble concourent à entretenir la ferme conviction de nombreux citoyens sur le fait tout va de travers dans le pays. Les tares du service public ne sont plus des mystères : retard, routine, démotivation, favoritisme, corruption, politisation. Une administration résolument tournée vers le sous développement ; la fatalité insurmontable. Pays pauvre, le Bénin était ; pays pauvre endetté il est ; pays très très pauvre il risque de demeurer pour longtemps encore. Terrifiant, l’héritage de ces fonctionnaires, de génération en génération, de promotion en promotion après 51 ans d’indépendance dont 20 de renouveau démocratique. On cherche en vain les points de satisfaction inscrits au tableau.

Mais, on pourrait se demander comment cette administration publique aurait pu mieux faire. Ou plutôt comment ces fonctionnaires en soient venus à ce qu’ils sont devenus à l’heure où il a fallu penser à les refonder. Il y a peu encore, même si le service public ne portait pas forcément l’espoir d’une prospérité assurée, ses agents ne donnaient pas autant l’impression d’avoir atteint des profondeurs aussi impressionnantes dans la déchéance. A chacun son époque ! Les fonctionnaires en cours de refondation vous diront que leurs prédécesseurs n’avaient pas à s’acheter des télévisions à écran plat, des décodeurs de chaines cryptées, des voitures de luxes, des buildings hyper équipés, des gadgets sophistiqués... Il n’y a pratiquement que les fonctionnaires pour consommer en grande majorité le rush de nouveaux produits de plus en plus visibles sur les rayons de toutes les boutiques. L’escalade des primes et des frais de mission ne serait pas trop loin de ce besoin de vivre son temps. Le piège sans fin de la maximisation du revenu pousse tout le monde à se faire coopter dans plusieurs commissions ou comités dans les ministères, les institutions de la république, les municipalités, partout où on peut tricher avec les comptes publics à travers des textes taillés sur mesure. Sans compter les parents, les suppôts politiques, les courtisans à qui il faut octroyer des strapontins sur le dos du contribuable. D’où l’impitoyable compétition où tout le monde court après plus de mission, plus de présence dans les structures de pompages de deniers publics, plus de combines avec les fournisseurs et autres exécuteurs de marchés publics.

La déloyauté incarnée par l’implication des fonctionnaires dans la politique s’exerce désormais à visage découvert. Le fonctionnaire est devenu piquet de racket au profit de sa chapelle politique, tout ceci au détriment du budget national. Mais il y a pire. En effet, en consultant l’emballement ambiant dans les ministères, on s’aperçoit très rapidement que les acteurs en présence sont obligés d’être sur plusieurs fronts à la fois : en mission, en réunion de comité ou de commission, en manifestations de parti, au poste, en quête de promotion. Ce qui se ressent directement sur leur rôle social surtout en ce qui concerne l’équilibre des foyers. Le fonctionnaire en course contre l’argent ne dispose plus suffisamment de temps à consacrer à sa famille. Presque jamais présents auprès de sa femme, de son mari, de ses maitresses (ou amants), de ses enfants et de ses autres parents. Ce n’est qu’après avoir perdu un strapontin qu’il se rend à l’évidence que la progéniture est en pleine dérive (drogue, délinquance, échec scolaire) ou que le conjoint (ou la conjointe) a pris des libertés indécentes.

Nuisible pour l’Etat, dangereux pour le foyer !!!

Par Arimi Choubadé
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